Saint Maxime le Confesseur (580-662)
mardi 20 mars 2012

Les études consacrées aux Pères de l’Église en vue de présenter chaque fois l’homme et l’œuvre ont tendance à se multiplier et il faut s’en féliciter. Elles peuvent prendre des formes assez variées. Ainsi, pour certains Pères, ce sont les données biographiques qui prédominent, parce que ces Pères ont joué un rôle éminent dans les cités où ils ont exercé leurs activités pastorales et ont connu une vie scandée par des événements marquants. Pour d’autres, l’accent est mis sur l’étude des œuvres et de la doctrine qui y est exposée. C’est dans cette seconde catégorie que se range le présent ouvrage de Jean-Claude Larchet. Après avoir publié La divinisation de l’homme selon Maxime le Confesseur (1996) et Maxime le Confesseur, médiateur entre l’Orient et l’Occident (1998), il nous donne maintenant Saint Maxime le Confesseur dont le but est de faire connaître, grâce à un exposé de synthèse, l’un des plus grands théologiens orientaux. C’est un fait qu’on a consacré beaucoup de travaux spécialisés et ponctuels à cet auteur qui a été si fécond et qui a abordé tous les aspects de la doctrine et de la vie chrétiennes : théologie trinitaire, christologie, ecclésiologie, liturgie, spiritualité. En revanche, il existe très peu d’études d’ensemble sur la pensée si riche et si profonde de Maxime. C’est pour combler cette lacune que J.-Cl. Larchet a voulu mettre à la disposition d’un large public une introduction aussi complète que possible à la vie et à l’œuvre de ce grand théologien.

L’ouvrage comporte cinq parties : Vie de saint Maxime - Œuvres de ce théologien et sources relatives à sa vie - Doctrine propre à ce penseur - Textes - Bibliographie. Dans la première partie, on trouvera des renseignements sur les années de formation et sur le début de la vie monastique de Maxime, sur la part qu’il prend dans les controverses monoénergistes et monothélites, le séjour à Rome, l’exil et le martyre.

Dans la deuxième partie, l’auteur donne une présentation des œuvres de Maxime considérées comme authentiques dans l’état actuel de la recherche ; il y ajoute des sources relatives à la vie de Maxime.

Dans la partie suivante figure une présentation de la doctrine de Maxime. L’originalité est que l’auteur mentionne chaque fois ce qui est caractéristique de la théologie de Maxime soucieuse de penser ensemble la triadologie et la christologie, la christologie et la sotériologie, la théologie de la liturgie et l’ecclésiologie. Par ailleurs, on comprendra plus facilement comment Maxime a essayé de jouer un rôle de médiateur entre l’Orient et l’Occident. Des notes abondantes et une bibliographie qui se veut exhaustive devraient fournir aux spécialistes comme aux non-spécialistes les moyens d’approfondir tel aspect ou tel point qui les intéresse particulièrement. On peut tout au plus regretter l’absence d’un index des noms.

L’ouvrage de J.-Cl. Larchet contribuera à redonner les lettres de noblesse à ce qui s’appelait naguère « manuel d’introduction ». Une appellation de ce genre ne rabaisse pas du tout la valeur de cet ouvrage dans lequel la clarté de l’exposé s’allie heureusement à la richesse de l’information fournie par une vaste érudition.

R. Winling, professeur émérite de patrologie à l’Université de Strasbourg

Sources : www.orthodoxie.com