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Entetien avec... Brigitte STEGER
mercredi 5 juillet 2017
par Cécilia BELIS-MARTIN
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Pouvez-vous nous rappeler les conditions de la découverte de cette extraordinaire villa sicilienne ?

Certains textes du XVIIIe siècle indiquent que les ruines étaient connues car certaines structures affleuraient à la surface du sol et les premières fouilles à la villa ont été enregistrées à cette époque. Par la suite, au XIXe siècle, la municipalité de Piazza Armerina a été obligée de prendre certaines mesures pour tenter d’empêcher les fouilles sauvages et le pillage du site. Certaines parties de la villa furent dégagées entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Le reste du monument a été mis au jour par G. V. Gentili, entre 1949 et 1956, en une succession de six campagnes de fouilles rapides. Ces fouilles ne permirent, en fait, que le dégagement de la partie noble correspondant à la demeure des propriétaires. Les mosaïques furent, d’emblée, l’objet de toutes les attentions. Pour la municipalité de Piazza Armerina et pour la région, la découverte de la villa fut une aubaine. Le site avait le potentiel de devenir une attraction touristique majeure et l’exploitation commerciale a très rapidement été mise en place…sans doute, un peu trop vite, résultant en la perte d’indices archéologiques précieux. En ce qui concerne l’étude de la villa, la datation tétrarchique avancée par le fouilleur G. V. Gentili a été loin de rencontrer l’unanimité. Certains chercheurs supposaient plutôt à une datation constantinienne, dans la première moitié du IVe siècle, tandis que d’autres proposaient une datation beaucoup plus tardive autour de 400. On se rendit compte que l’architecture de la villa était largement constituée de remplois, ce qui rendait l’ensemble difficile à dater avec certitude.

La splendeur de la demeure et sa situation en apparence isolée laissait penser qu’elle avait probablement servie de retraite (otium) ou de pavillon de chasse à l’un des personnages les plus puissants de son époque. Des noms commencèrent à circuler parmi lesquels celui de l’empereur Maximien, hypothèse qui ne tarda pas à être adoptée avec enthousiasme par G. V. Gentili et, à se trouver largement relayée dans les media de l’époque. Certains chercheurs la récusèrent, préférant attribuer cette villa à l’empereur Maxence. Les noms d’autres grands personnages furent, tour à tour, avancés, sans qu’aucune hypothèse de parvienne à être suffisamment étayée pour convaincre. Jusqu’en 1982, l’hypothèse impériale empoisonna le débat, impactant négativement les recherches sur la villa du Casale.

Comment vous-même en êtes-vous venue à vous intéresser à la villa du Casale ?

J’ai découvert la période de l’Antiquité tardive alors que je débutais des études d’Histoire. J’avais la chance d’avoir pour professeur, Aline Rousselle qui se passionnait, elle-même, pour cette période. Ma licence d’Histoire en poche, je suis partie vivre et travailler en Angleterre où, après quelques années, j’ai eu la chance de pouvoir entreprendre des études d’Histoire de l’Art, à l’Institut Courtauld, à l’Université de Londres. L’un de mes professeurs, à l’époque, m’avait suggéré de travailler sur la villa du Casale, sujet qui satisfaisait à la fois mon goût pour l’iconographie et mon intérêt pour l’Antiquité tardive. Lorsque je me suis rendue sur place, ce site m’a fasciné. D’une part, son niveau de préservation était exceptionnel. D’autre part, les décors incluaient de nombreux portraits ainsi que des scènes de la vie quotidienne, ce qui contribuait à très fortement personnaliser le lieu. J’ai eu envie de savoir chez qui je me trouvais et de comprendre ce que signifiaient ces images. Or, répondre à ces questions impliquait, au préalable, de parvenir à préciser la fourchette de datation. J’ai soutenu ma thèse de doctorat sur l’iconographie des mosaïques de la villa du Casale, sous la direction d’Aline Rousselle.

Quels ont été les éléments qui ont amené à une révision de la datation de la villa ?

La révision de la datation des mosaïques d’Afrique du Nord, à la lumière de nouvelles découvertes et l’établissement de corpus pour les mosaïques d’Afrique du Nord ont fourni un matériel de comparaison mieux daté auquel confronter les mosaïques de la villa du Casale. La céramologie a récemment été l’objet d’avancées scientifiques importantes, entraînant une révision de la fourchette de datations proposées pour certaines formes de céramiques africaines tardives semblables à celles qui ont été découvertes par les fouilleurs à la villa du Casale. La découverte et l’étude de nouvelles villae tardives, en Sicile, a permis d’établir certains rapprochements et, parfois, des similitudes quant à l’histoire et la durée de et de certains de ces monuments. Je pense, par exemple, à l’impact de la catastrophe naturelle qui a frappé la Sicile vers 365, particulièrement visible, par exemple à la villa de Gerace, non loin de Piazza Armerina, récemment fouillée, sous la direction de R.J.A. Wilson. De nouvelles recherches ont également été entreprises à Contrada Sofiana, un site très proche de la villa. Ces recherches ont permis de clarifier les liens entre ces deux sites antiques voisins qui eurent une histoire liée à certaines périodes de l’Antiquité. L’inscription de la villa sur la liste des monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco a fourni des fonds nécessaires aux travaux de restauration ainsi qu’à la reprise de l’étude du monument, in situ. La révision de la datation n’a été possible qu’à partir du moment où les campagnes de fouilles ont repris sur place, sous la direction de P. Pensabene. Ces campagnes de fouilles ont permis de réaliser des avancées considérables. Elles se déroulent dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire particulièrement fructueuse. Pensabene et son équipe ont récemment mis au jour de petits thermes secondaires, créés au IVe siècle. Ces bains se situent dans une zone qui n’avait pas été fouillée jusqu’alors, une zone dont les couches n’ont pas été perturbées par l’exploitation touristique du site. Les archéologues y ont découvert des pavements très fragmentaires pour la plupart mais qui possèdent des parallèles directs à l’intérieur de la grande villa.

Et vous formulez l’hypothèse du nom ?

Je n’ai fait que reprendre et étayer une hypothèse qui avait été formulée, dès les années 1950, par l’historien de l’Art, Biaggio Pace. Ce dernier supposait, en effet, que la villa devait être datée à la fin du IVe siècle. Il pensait avoir repéré dans l’architecture du monument un ou deux chapiteaux qui lui paraissaient très tardifs (autour de 400). Pace fondait son hypothèse des Nicomachi, propriétaires de la villa, sur le fait que le décor de la demeure, entièrement païen, semblait mettre Hercule à l’honneur. Or il était documenté que, lors de l’usurpation d’Eugène, l’image d’Hercule figurait sur les bannières des troupes commandées par Nicomaque Flavien et Arbogast, à la bataille du Frigidus, en 394. B. Pace se fonda, en outre, sur l’existence d’un postscriptum (subscriptio) à une édition du livre VII de Tite Live. La subscriptio indiquait que Nicomaque le Jeune avait révisé ce texte aux environs d’Enna (apud Hennam). Par conséquent, on pouvait supposer que les Nicomaque avaient possédé une résidence dans la région.

Grâce à la reprise des fouilles, in situ, sous la direction de P. Pensabene, il est désormais possible de situer, assez précisément, l’apogée de la villa entre le dernier tiers du IVe siècle et la première moitié du Ve siècle. Donc, l’apogée de la villa recouvre les périodes correspondant aux carrières de Nicomaque Flavien et de son fils Nicomaque le Jeune. Car ce dernier fût, lui-même, un personnage qui réalisa une brillante carrière dans l’administration romaine dans la première moitié du Ve siècle.

En 1983, lors de la conférence de Piazza Armerina qui avait suivi la publication de la villa par Carandini, Ricci et De Vos, même s’ils n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un nom, les spécialistes étaient parvenus à un consensus : le propriétaire de la villa aurait été un membre éminent de l’aristocratie sénatoriale romaine. Et, l’on pouvait supposer que ce personnage aurait appartenu à une grande famille possessionnée en Sicile. Or, le fait que les Nicomaque aient possédé des terres sur l’île est documenté. Les décors et notamment les décors de la période théodosienne, réalisés peu avant 400, ne laissaient aucun doute sur le fait que ce grand personnage ait été polythéiste. Cela restreint un peu plus les possibilités. On constate que la villa a été modifiée par l’addition des grands espaces d’apparat, dotés de décors beaucoup plus coûteux, à la période théodosienne. Ce qui pourrait signaler une évolution de la carrière du propriétaire à cette période. Et, cela est encore le cas de Nicomaque Flavien. Enfin, j’ai souhaité vérifier si une analyse plus fine des décors, notamment ceux des zones d’apparat, confirmait ou non cette piste. Je pense être en mesure d’avancer que cela est bien le cas : Nicomaque, en tant que gouverneur de Sicile doté du pouvoir consulaire, a été en charge du cursus publicus sicilien, à la période valentinienne. En outre, sa participation aux guerres gothiques, au début des années 380, est également documentée, notamment dans la correspondance de Symmaque. Or, cela correspondrait également à ce qui a été évoqué, en image, par certains décors de la villa du Casale, à propos du maître de maison. Il est par ailleurs documenté que les Nicomaque ont participé à la remise à l’honneur des grands Jeux de Printemps, organisée, à Rome, dans le dernier tiers du IVe siècle, sous la houlette de Prétextat. Or, à la villa, la grande mosaïque des courses de chars au Circus maximus évoque bien des courses de chars offertes au peuple de Rome. Les cultes familiaux évoqués sur le feuillet de diptyque des Nicomaque, conservé au musée de Cluny correspondent également à ceux qui ont été mis à l’honneur à travers certains décors de la villa.

La carrière et la pensée religieuse seraient ainsi une clé essentielle pour pouvoir apprécier le programme iconographique de la villa ?

Je le crois, en effet, et j’ai tenté de mettre cette idée en avant dans mon livre. Toutefois, cela n’aurait pas été possible si, je n’avais pas été en mesure, au préalable, de m’assurer que les paramètres archéologiques de datation pouvaient correspondre. Cela était crucial, ne serait-ce que pour pouvoir réduire le champ des possibilités. Car, il existait, en effet, au départ, plusieurs hypothèses. La datation a permis de réduire les possibilités et à n’en valider qu’une seule. Une partie de l’étude a été conduite un peu à la façon d’une enquête, pour tenter d’apporter des réponses claires à deux questions : quand et qui. Après, l’analyse des images dans les zones les plus significatives de la villa n’a fait que renforcer l’hypothèse Nicomaque. Certains décors correspondent, effectivement, à ce qui est connu et documenté de la carrière et de la pensée religieuse de ce grand personnage. Mais, et cela pourrait être particulièrement intéressant pour les historiens : ces images, après analyse soigneuse et prudente, peuvent contribuer à éclairer certaines zones d’ombre sur un personnage qui est une figure majeure de la seconde moitié du IVe siècle. Par exemple, il n’est pas anodin, pour mieux comprendre la pensée politique du personnage et certains de ses choix, de savoir que le modèle de référence que Nicomaque a fait placer en exergue dans un espace d’apparat majeur est, sans doute, Scipion Emilien. De même, pour mieux saisir la pensée religieuse de ce grand personnage, il est particulièrement intéressant de savoir que Nicomaque fut non seulement un philosophe néoplatonicien mais aussi un philosophe néo-pythagoricien. Cela permet, notamment, de comprendre l’intérêt spécifique que certains de ses descendants ont continué à porter au Songe de Scipion, un célèbre passage de La république de Cicéron. Cela explique aussi l’intérêt spécifique porté par ses descendants à la musique et à sa structure et par quels cheminements, la théorie de la musique des sphères a pu se transmettre, de l’Antiquité au monde médiéval. Cela éclaire, en partie, le fait que Nicomaque ait réalisé une traduction du livre de Philostrate sur la vie d’Apollonius de Tyane : ce philosophe et faiseur de miracles était, lui aussi, une grande figure néo-pythagoricienne. La lecture que nous proposons, pour certaines images de la salle trilobée met aussi en lumière d’autres raisons. Après analyse du décor de la salle trilobée, nous pensons, d’une part, que Nicomaque, concepteur de ce programme iconographique aurait eu parfaitement connaissance des polémiques religieuses antérieures concernant l’ouvrage de Philostrate. D’autre part, le choix spécifique de certaines thématiques laisse penser que Nicomaque aurait, lui-même, été animé par l’intention de lutter contre le christianisme. Si nous ne nous trompons pas, dans les absides de cette salle, Apollonius aurait été glorifié, en nouvel Hercule et véritable sauveur de l’humanité. Parmi les fléaux combattus par cet Hercule ‘chasseur du mal’, dans l’abside axiale, aurait été évoqué, en image, ce que le maître de maison considère comme le mal absolu. Nous pensons que le Christ et les barbares christianisés occupent, dans le programme iconographique de cette salle, le rôle du mal absolu. Enfin, l’ensemble du programme iconographique de cette salle d’apparat est lourd de menaces à l’égard des rois cruels et impies et des ennemis des dieux olympiens. Tels Lycurgue, Penthée, Busiris, Diomède et les pirates Tyrrhéniens, ils seront châtiés par Hercule et Dionysos et ils connaîtront une mort sans gloire, dans d’horribles souffrances.

L’analyse des décors de cette salle contribuerait également à éclairer la participation de Nicomaque aux guerres gothiques. Plus particulièrement, à préciser le rôle que ce personnage a tenu, vers 380, auprès du nouvel empereur Théodose. Je n’ai, pour ma part, aucun doute, sur l’immense valeur de certaines de ces images, sur le plan historique. Il s’agit, à mon sens, de documents exceptionnels.

Vous nous proposez une lecture aussi inédite que convaincante des mosaïques de la salle de banquet. Un témoignage des plus importants quant aux relations entre païens et chrétiens à la fin du IVe siècle ?

Lorsqu’on analyse les décors de la salle de banquet, on perçoit un fort sentiment de colère et un désir de vengeance très inhabituel. En outre, il est très particulier que, dans la salle de banquet les sols des absides n’aient pas été recouverts de mosaïques constituées de motifs de remplissages. Les pavements des absides, masqués par le mobilier des salles de banquet, n’auraient été rendus visibles que sur ordre du maître de maison, en fonction de la sensibilité religieuse des invités. Le maître des lieux aurait ainsi ménagé l’effet de surprise, et une sorte de coup de théâtre, durant le banquet. Nous pensons que les décors des absides constituent, en image, des attaques particulièrement virulentes à l’égard du Christ, des barbares christianisés, et des dirigeants dont les politiques visent à détruire le polythéisme et à nuire aux dieux et à leurs adeptes.

À cette période, les relations se tendent. Jusqu’alors les empereurs ont ménagé les représentants des grandes familles de l’aristocratie sénatoriale romaine et ont fait preuve d’un certain degré de tolérance. Ainsi, certaines lois visant le paganisme ont été peu ou pas appliquées. Les empereurs ont aussi veillé à distribuer les nominations aux charges importantes, en respectant un certain équilibre, n’excluant pas le choix de polythéistes à des postes de hauts fonctionnaires de l’État, même si les chrétiens se trouvent un peu plus représentés. L’époque où le conflit se durcit correspond à celle des règnes de Théodose, de Gratien et de Valentinien II. L’évêque, Ambroise de Milan joue un rôle important dans ce processus. À cette période, un bon nombre de grandes familles aristocratiques sont déjà chrétiennes, une conversion qui s’est souvent faite progressivement, au cours du IVe siècle, souvent par le biais des femmes. Certaines conversions sont sincères, d’autres traduisent, sans doute, un certain opportunisme politique, et la volonté de s’aligner sur la religion de tel ou tel empereur. Toutefois, certains irréductibles s’accrochent encore au polythéisme, mettant en avant le fait qu’il s’agit de la religion ancestrale et qu’elle rattache Rome à son passé glorieux. Il est, du reste, compréhensible que certaines familles aristocratiques de vieille souche aient été particulièrement attachées à des cultes familiaux traditionnels, perçus par eux comme une part intrinsèque de leur identité et de leur culture. En réalité, le polythéisme tardif est assez éloigné de la religion traditionnelle des anciens romains. Il s’agit d’un polythéisme fortement influencé par les cultes orientaux et les religions à mystères. Une nouvelle législation a d’abord été mise en place qui prive les cultes traditionnels des fonds publics qui leur étaient alloués jusqu’alors, pour permettre l’entretien des temples ou pour subventionner leur clergé. On a également abolit les privilèges dont bénéficiaient ces derniers. Le résultat visé est la lente asphyxie des cultes traditionnels. Au début des années 380, on assiste aux divers rebondissements du conflit au sujet du retrait de l’autel de la victoire de la curie romaine dont les sénateurs traditionnalistes, comme Symmaque, font un cheval de bataille. On note un rappel de la législation antipaïenne antérieure. Ces lois vont, désormais, être appliquées avec plus de rigueur. Et, de nouvelles lois antipaïennes sont, par ailleurs, éditées. Notamment, le retrait aux apostats du droit de tester, d’hériter et de transmettre leurs biens. Manière pour le pouvoir impérial d’essayer de trouver une parade à l’apostasie, particulièrement fréquente lorsque la conversion a été motivée par l’opportunisme. On sait que Nicomaque était soupçonné d’encourager certains aristocrates fraichement convertis à apostasier. La nouvelle loi lui est adressée alors qu’il occupe le poste de préfet du prétoire pour le compte de l’empereur Théodose. Avant cela, alors qu’il était vicaire, en Afrique du Nord, dans les années 370, Nicomaque a été soupçonné d’avoir attisé les conflits et la division entre les chrétiens, en favorisant les chrétiens donatistes.

L’analyse des images de la salle de banquet constitue, certes, un témoignage est important mais, il s’agit toutefois de le relativiser. Le propriétaire de la villa du Casale appartient à une minorité ultra conservatrice. Il se perçoit comme le descendant des grandes familles de la République romaine et se pose en garant de la tradition et de la religion ancestrale. Quelle est, à cette époque, parmi la population, la proportion de gens qui demeurent attachés au polythéisme ? Nous l’ignorons. Sans doute, sont-ils plus nombreux dans les campagnes, cette proportion variant, probablement, aussi, selon les différentes régions de l’Empire. L’archéologie commence à s’intéresser à ces questions et, notamment, à la fin des temples.

Selon vous, dans quelles directions s’orientent ou devraient s’orienter les études sur cette villa qui ne cesse de nous surprendre ?

Il faut, sans doute, réfléchir au rôle tenu par Nicomaque, auprès de l’empereur Théodose, en Orient, vers 380-383, en tenant compte des indices fournis par certains décors de la villa. Rappelons que le décor de la salle de banquet semble centré sur une victoire majeure que s’arroge le maître de maison. Il est question d’une victoire navale contre des pillards et de la mise à mort d’un roi barbare, une scène qui a été mise en exergue au centre de la salle. Suite à une victoire navale, peut-être, un roi barbare, maître de terrifiants cavaliers et considéré comme l’ennemi majeur de Rome, en Thrace, aurait été exécuté par les siens. Il faut peut-être revoir ce que l’on sait du personnage historique de Nicomaque Flavien, en tenant compte du fait que Scipion Emilien semble avoir été son modèle politique.

Il serait intéressant que des historiens spécialistes en musicologie se penchent sur les décors du cubiculum des appartements patronaux et qu’ils étudient le pavement, où il semble être question de structure musicale. Il faut que les archéologues continuent à mettre au jour la partie productive de la villa.

Vous-même, auriez-vous encore de nouvelles recherches à mener sur la villa de Nicomaque Flavien ou d’autres chantiers requièrent-ils déjà votre attention ?

Pendant bien des années, j’ai investi, en pensée, cette magnifique demeure. J’espère être parvenue à ne pas trop trahir l’esprit du lieu. Mon projet ayant abouti, il est temps pour moi, de rendre sa villa à Nicomaque. Il s’agissait d’un projet d’envergure. Avant de me lancer dans autre chose, je vais m’accorder le temps de la réflexion.

Merci Mme Brigitte Steger.

 
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