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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les pauvres
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Interview de Mgr Descubes : « Les Pères ont donné une voix aux pauvres »
lundi 23 juin 2008
par Michel COZIC
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Thierry Boussier : Mgr Descubes, ce colloque vous a donné l’occasion de revenir officiellement quelques jours à La Rochelle …

Mgr Descubes : Je suis très honoré, très heureux d’avoir été invité. J’ai retrouvé à cette occasion bien des chrétiens rochelais avec qui j’avais travaillé quand j’étais vicaire général, et en particulier sur la création de l’université. C’est une grande joie quand on m’a annoncé sa création. Et je me réjouis de voir que les liens se sont créés, intensifiés.

Th. B. : Que retenez-vous de ces journées, qu’y avez-vous appris ?

Mgr Descubes : Ayant à donner un cours sur l’option préférentielle pour les pauvres, elles m’ont permis de voir dans quelles conditions concrètes les Pères de l’Eglise se sont soucié des pauvres. Ils leur ont donné une voix. J’apprécie la doctrine commune aux Pères, la façon dont ils parlent des pauvres, que ce soit chez un saint Jean Chrysostome ou d’autres Pères moins connus, comme on l’a vu ces jours-ci par exemple avec St Séverin. Suivant le contexte, la région, la situation économique ils s’expriment de façon différente. Mais le point commun, leur doctrine commune, c’est que le pauvre est pour nous le chemin qui nous permet, par le partage, d’acquérir notre salut. Voilà ce que je retiens des deux premières journées. Un élément nouveau est survenu avec la journée de dimanche, qui montre comment dans un autre contexte culturel et social, l’Eglise continue à être attentive aux pauvres. Par rapport à l’époque des Pères on est aujourd’hui très attentif à ce que ce soient les pauvres qui agissent et qui parlent. On a fait des progrès.

Th. B. : Précisément, on a dit « donner la parole aux pauvres », mais pas un n’était prévu pour intervenir au micro…

Mgr Descubes : On est dans un colloque universitaire. Pour donner la parole aux pauvres, il faut inventer des lieux et des moyens leur permettant de s’exprimer dans leur propre culture, qui est différente de la nôtre. Ce que font très bien ATD Quart-Monde ou le Secours catholique qui sont exemplaires dans ce domaine.

Th. B. : Vous présidez la commission sociale de l’épiscopat. En cette rentrée, quel est son message aux chrétiens ?

Mgr Descubes : Etre attentif à la situation économique locale, nationale, internationale. Le rôle de la commission sociale est d’alerter sur les situations qui font que les hommes ne peuvent pas vivre humainement. Je recommande le débat auquel nous invitons’ les décideurs. les hommes politiques, tout le monde, afin de parvenir à se donner des repères dans une économie mondialisée. La commission refuse de dire que le monde va mal. Il va dans le sens du projet de Dieu. qui est l’unité du genre humain, à la condition que l’homme soit au centre de l’économie. Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle mais l’on refuse par exemple de dire que les délocalisations sont un mal, c’est plus complexe que ça…

Interview parue dans le Courrier Français du 17 septembre 2005.