Caritaspatrum
Accueil du siteENTRETIEN AVEC...
Dernière mise à jour :
mercredi 5 décembre 2018
Statistiques éditoriales :
826 Articles
1 Brève
74 Sites Web
47 Auteurs

Statistiques des visites :
271 aujourd'hui
437 hier
619654 depuis le début
   
Entretien avec… Attila JAKAB
dimanche 10 juin 2012
par Cécilia BELIS-MARTIN
popularité : 20%

Attila Jakab, vous êtes un chercheur possédant la double nationalité, hongroise et roumaine. Vous avez fait une partie de vos études à Strasbourg et à Genève. Vous vivez actuellement à Budapest. Des pays, des villes qui sont à la charnière, à la frontière d’espaces culturels et/ou religieux. Aussi ne s’étonne-t-on pas de vous retrouver comme cheville ouvrière du grand colloque international de 2001 consacré à Jean Cassien et intitulé « Jean Cassien entre l’Orient et l’Occident » [1], lui-aussi un homme à la « charnière ». N’y aurait-il pas quelques affinités entre ce « passeur d’Eglises » et votre propre démarche ?

Sans doute. Parce que mon Europe à moi c’est l’Occident et l’Orient ensemble, avec leurs christianismes spécifiques et complémentaires. Cette Europe dite « chrétienne » s’est construite grâce aux influences réciproques et en raison des conflits d’intérêts. Fascination et haine s’y côtoient. Et au cœur de cette évolution se trouve incontestablement Byzance, héritier légitime de l’Empire romain, qui servit de modèle pour Charlemagne. Les francs et les byzantins se rencontrèrent justement dans le bassin des Carpates, dans la partie sud de la Pannonie occidentale.

Il va donc de soi que les hommes et les idées circulèrent dans toutes les époques. Rien ni personne ne purent réellement entraver ces « passages ». Ni même le bolchevisme, qui transforma les pays en véritables prisons à cie’l ouvert. Car il y a toujours eu des gens qui avaient une soif insatiable de connaître et de comprendre. Ma démarche s’inscrit dans cette quête incessante. Je déploie une activité assez intense pour transmettre les résultats de la recherche scientifique « occidentale » vers l’« Orient », et signaler des productions « orientales » difficilement accessibles en « Occident », notamment par le biais des comptes rendus (plus de 250 à ce jour, en hongrois et en français). En même temps je m’intéresse aussi à la géopolitique (essentiellement des religions). Cette méthode d’analyse pluridisciplinaire m’oblige à faire des incursions dans d’autres disciplines (par ex. politologie, géographie) que l’histoire à proprement parler ; de survoler des espaces définis à des époques différentes afin de saisir les continuités et les ruptures. J’estime que sur un plan intellectuel cela est extrêmement enrichissant.

Pourtant votre thèse vous avait conduit vers un autre espace, celui de l’Egypte et plus précisément l’Eglise d’Alexandrie au Ier-IIIe siècle » [2]. Comment est né votre intérêt pour les origines de cette Eglise appelée à un si bel avenir mais dont on ne connaît finalement que bien peu de choses avant l’époque d’Origène ?

Cet intérêt pour Alexandrie est né d’une rencontre heureuse (disons providentielle) avec mon directeur de thèse, Alexandre Faivre, à Strasbourg. En arrivant de Roumanie, en automne 1990, il m’a initié à la recherche de pistes prometteuses dans le domaine de l’histoire du christianisme ancien, que je venais de découvrir. Alexandrie est devenue mon « premier amour scientifique » pendant la préparation de mon mémoire de maîtrise. Elle l’est toujours, car – à l’invitation du professeur Lorenzo Perrone – je publie tous les deux ans une « Chronique alexandrine » dans la revue italienne Adamantius.

D’une certaine manière ce fut le sujet qui m’a trouvé. Alexandrie, cité cosmopolite et centre culturel et intellectuel incontesté du monde hellénistique, dans l’Antiquité se situait au carrefour des divers « mondes ». Dès le départ m’intriguait le fait que les origines du christianisme y étaient non seulement quasiment inconnues, mais aussi largement inexplorées. A la place de l’habituelle question « que sait-on ? » j’en ai donc posé une autre : « que peut-on savoir ? ». Dans cette perspective j’ai refait l’inventaire des sources et des interrogations. Par l’exemple du christianisme alexandrin j’espère avoir pu montrer à la fois la diversité théologique, ainsi que les étapes des changements sociodémographiques qui ont déterminé l’évolution inévitable de la communauté à une église institutionnelle bien organisée et hiérarchisée. Depuis, c’est essentiellement ce questionnement « socio-institutionnel » qui me guide dans mes recherches, toujours en quête de sujets à peine étudiés. Sinon j’essaye de mettre en œuvre de nouvelles approches et investigations.

Votre fréquentation du christianisme égyptien vous a mis rapidement en contact avec ces christianismes pluriels que sont les judéo-christianismes ou encore les écoles gnostiques. Est-ce dans ce cadre que vous vous êtes intéressé à l’ « Apocalypse de Paul » [3], un texte peu connu mais qui n’eut pas l’heur de plaire au grand Augustin ?

D’une certaine manière oui. Mes recherches au sujet de l’Alexandrie antique m’ont convaincu de la richesse et de la diversité du christianisme ancien. Cette conviction fut renforcée par les rencontres effectuées au sein de l’Association pour l’Etude de la Littérature Apocryphe Chrétienne. C’est dans ce cadre-là que j’ai pu connaître un certain nombre de savants de très grande qualité, dont le professeur Enrico Norelli auprès de qui j’ai eu la chance de travailler à Genève sur le phénomène de réception des écrits chrétiens anciens. Mon intérêt pour l’Apocalypse de Paul est donc largement redevable à ce milieu scientifique de portée internationale. Il représente la suite logique de l’investigation effectuée au sujet de la réception de l’Apocalypse de Pierre. Ces textes, à l’origine, furent des sujets de communications présentées à l’occasion des rencontres hungaro-néerlandaises, nées à l’initiative de Jan N. Bremmer, et consacrées aux écrits apocryphes. J’estime que ces textes constituent des sources très importantes pour l’historien, de tout point de vue. Les explorer, chercher à comprendre le comment et le pourquoi de leur production, ainsi que leur « vie » ultérieure, permet de mieux saisir la richesse, la diversité et surtout l’évolution du christianisme.

Dans cette perspective le succès de l’Apocalypse de Paul, durant le Moyen Âge en Occident, s’explique essentiellement par sa critique sociale et ecclésiale sous-jacente, par la formulation intelligible d’une certaine idée de la justice divine, et l’insinuation que l’individu est l’artisan de son salut personnel. L’après-mort se transformait ainsi en une suite de la vie terrestre et se présentait en fonction de celle-ci – au Ciel (récompense) ou en Enfer (punition) –, répondant aussi au rêve d’éternité de l’homme. Renoncer à ce monde pour Dieu, ou y subir les choses sans se révolter, devenait désormais une sorte de préparation à la vie éternelle. De même, l’écrit donnait de l’espoir à tous ces déshérités qui n’avaient pas trop à espérer de leur vie terrestre. Du coup, l’Eglise était en mesure de spiritualiser et de canaliser les mécontentements et les angoisses existentielles en transférant la solution des problèmes d’ici-bas dans l’au-delà. Elle se montrait donc le meilleur garant de la stabilité et de l’ordre social établi, dans une époque de profondes mutations politiques : création de nouveaux royaumes ‘barbares’ sur les ruines de l’Empire romain d’Occident. En même temps, elle donnait un but et un sens à la vie ; à la fois pour les riches et les pauvres, les ecclésiastiques et les laïcs. C’est d’ailleurs ce que montre le foisonnement des saint(e)s de toute origine.

Vos centres d’intérêt et votre engagement citoyen manifestent que le spécialiste du Christianisme ancien n’est pas un homme coupé de son siècle. Au contraire. N’est-ce pas aussi en cohérence avec vos premiers travaux où vous vous interrogiez sur richesses et pauvretés à Alexandrie au début de l’ère chrétienne ?

Il y a sans doute, il doit y avoir dirais-je, une cohérence entre l’homme et sa pensée. Dans la partie Est de l’Europe – beaucoup plus qu’en Occident – l’intellectuel (le chercheur) ne peut se permettre le luxe de se retirer dans sa tour d’ivoire. Dès qu’il s’interroge et interroge, la réalité sociopolitique le rattrape. Dans mon cas cela se traduit concrètement à la fois par la liquidation en 2011, pour des considérations politiques, de l’Institut où je travaillais (la Fondation publique de recherche comparative sur les minorités en Europe [4]) ; et par la perte, dès le 1er juillet, de mon emploi à l’Université Eötvös de Budapest, en raison des coupes budgétaires régulières qui font partie de la stratégie de démantèlement et de la domestication idéologique par le financement de ce qui en restera de l’enseignement supérieur hongrois. Tout cela au nom de la Nation et du Christianisme. Dans ces conditions il y a un devoir social et citoyen d’être la voix des sans voix ; de ceux qui craignent et souffrent en silence, parce qu’ils ne peuvent ni formuler ni exprimer leurs souffrances et peines publiquement.

Mais, si nous regardons, d’une manière approfondie, les écrits des Pères, nous constatons que derrière les problèmes théologiques, apparemment abstraits, qu’ils traitent généralement, toute leur époque se révèle à nous. La raison est simple. Ils vivaient en symbiose avec leurs temps ; ils sont les hommes de leurs âges. Pour bien les comprendre, eux et leurs œuvres, il faut incontestablement les contextualiser. De même, l’historien (et plus généralement l’intellectuel) de nos jours est aussi un homme de son temps. Il ne peut pas faire abstraction de son vécu et de ses expériences. Cela se reflète incontestablement dans ses intérêts et ses interrogations. Il faut être conscient de cela, même si d’un point de vue méthodologique, dans l’analyse de ses sources, il doit toujours essayer d’être aussi objectif que possible.

A mon avis, l’histoire est un processus dynamique qui nous parle essentiellement de l’homme et de sa vie dans un cadre social, culturel, économique, politique, etc. donné. Il s’agit toujours des espérances, des intérêts (souvent antagonistes), de la volonté, des idées, des ambitions, etc. L’objectif de la connaissance et de la compréhension du passé doit être, doit nous permettre donc de mieux comprendre notre présent. Sinon, à quoi ça sert de savoir ce qui s’est passé d’un point de vue événementiel dans des époques reculées ?

Un article ou un ouvrage en cours ?

A présent je prépare à la fois ma « Chronique alexandrine VII » pour l’Adamantius de 2013 ; et une communication – « Les chrétiens d’Asie Mineure et l’évangélisation du Barbaricum danubien (IIIe-IVe siècles). État de la recherche et inventaire des sources » – pour la Ve édition annuelle du Symposium International Le Livre. La Roumanie. L’Europe, organisé par la Bibliothèque Métropolitaine de Bucarest à Mamaia, du 23 au 27 Septembre 2012.

J’ai également deux grands projets en chantier. Le premier c’est « Le nationalisme hongrois et le rôle social des églises roumaines (orthodoxe et gréco catholique) dans l’Empire Austro-hongrois (1867-1918) ». Il s’agit de mieux comprendre le pourquoi d’une histoire moderne très conflictuelle en Europe centrale. Le second est extrêmement ambitieux. Je désire tenter d’écrire un jour l’histoire sociale et institutionnelle du christianisme ancien depuis les origines jusqu’à Dioclétien. Leur réalisation dépendra naturellement de mon avenir professionnel.

Une dernière question : qu’en est-il aujourd’hui de la recherche en patristique et dans le domaine de l’Antiquité tardive en Hongrie ?

On peut dire, d’une manière générale, que la vie scientifique hongroise est extrêmement politisée, idéologisée et, de ce fait, très morcelée. Des réseaux et des cercles restreints, plus ou moins fermés, vivent parallèlement, car on y raisonne par des catégories d’« amis » – « ennemis », si chères à l’idéologue national-socialiste Carl Schmitt, qui exerce une influence considérable sur l’intelligentsia (surtout de droite) et les juristes hongrois. La suspicion, la méfiance, l’absence de solidarité et la « peur de la concurrence » sont de mise. Tout cela est aussi un héritage du bolchevisme qui, avec la crise des dernières années, s’est encore accru et renforcé. Il n’est donc nullement surprenant que l’approche scientifique de la religion se soit muée en un enjeu politico-ecclésiastique. La patristique et l’histoire du christianisme ancien n’échappent pas à la règle. Ainsi la personne qui fut la cheville ouvrière d’un projet d’enseignement et de recherche ambitieux, concernant les trois religions monothéistes, Monika Pesthy (auteur de La théologie de la tentation dans le christianisme ancien, publiée dans la coll. Traditio Christiana 15, chez Peter Lang, Bern – Berlin, etc., 2011), est au chômage depuis presque deux ans. Il va de soi que le projet, réussissant à faire l’unanimité ecclésiastico-politico-scientifique contre lui, fut massacré à l’état embryonnaire. Cela dit tout de la réalité hongroise, où on considère que saint Augustin c’est pour les savants ; il n’a pas sa place dans la formation des prêtres. Les protestants, à leur tour, ne s’intéressent pratiquement pas à la patristique.

Ce qui caractérise le mieux la production du savoir hongrois dans le domaine du christianisme ancien c’est son caractère aléatoire. Il s’agit surtout de personnes plus ou moins isolées, car à ce jour il n’existe pratiquement aucun atelier intellectuel, avec un projet cohérent inscrit dans la durée ; tout comme il n’existe pas non plus une vie publique savante digne de ce nom. Les études patristiques hongroises sont très largement dominées par les approches théologico-philosophiques, historiquement dé-contextualisées. Elles sont surtout déterminées par des intérêts personnels, qui s’enracinent, au moins en partie, dans la quête personnelle (de sens et de spiritualité) de philosophes saturés de marxisme-léninisme des années 1980. C’est pourquoi le texte a la priorité absolue, tandis que la connaissance de l’époque et du contexte de sa production est jugée presque inutile. Les traductions récentes (des œuvres anciennes ou des monographies modernes) – avec des annotations minimes – sont en réalité largement redevables à ces intérêts. Qui plus est, la méfiance des hauts responsables catholiques envers la recherche théologique savante, moderne et occidentale, n’arrange guère les choses. Ainsi, la collection des auteurs chrétiens anciens, initiée dans la dernière décennie du régime communiste – avec toutes les difficultés qu’on imagine – par le professeur László Vanyó, est à présent dans un état moribond. Ces traductions sont sans doute légitimement contestées – elles devraient être refaites – mais il n’empêche : c’est à travers ces volumes que le grand public hongrois peut connaître, encore aujourd’hui, les apologistes, Tertullien, Cyprien, Eusèbe, etc.

Pour résumer : il y a, il y aurait énormément à faire. D’autant plus que la droite radicale hongroise (bénéficiant du soutien des prêtres et des pasteurs) ne cesse de parler d’un Jésus, prince parthe, et de présenter un christianisme semi-païen, quasi hongrois, dépouillé de toute référence « sémitique ». Il va de soi que sans appui et arrière-fond institutionnel la partie est perdue d’avance. Il est quasiment impossible de combler le fossé creusé pendant les décennies du bolchevisme par la rupture dans la transmission du savoir et par l’isolement intellectuel imposé dans le domaine des sciences religieuses, donc de la théologie et de l’histoire du christianisme. Mais le fait que les grands potentats des milieux économico-financiers hongrois ont déclaré l’inutilité des sciences humaines présage un très sombre avenir.

Merci Attila Jakab.

 

[1] Jean Cassien entre l’orient et l’occident, actes du colloque international organisé par le New Europe College en collaboration avec la Ludwig Boltzman Gesellschaft, Bucarest, 27-28 septembre 2001, Beauchêne, 2003

[2] Chrétiens d’Alexandrie : richesse et pauvreté aux premiers temps du christiannisme (1er - 3e siècles), Presse Universitaire du Septentrion, 1998

[3] communication accessible sur le net : http://digital.fides.org.pl/Content/461/Jakab.pdf

[4] www.eokik.hu

Articles de cette rubrique
  1. Entretien avec... Benoît JEANJEAN
    10 septembre 2008

  2. Entretien avec... Sylvain DESTEPHEN
    10 octobre 2008

  3. Entretien avec... Marie-Anne VANNIER
    10 novembre 2008

  4. Entretien avec... Renaud ALEXANDRE
    10 décembre 2008

  5. Rencontre avec... Patrick LAURENCE
    10 janvier 2009

  6. Entretien avec... Françoise THELAMON
    10 février 2009

  7. Entretien avec... Philippe BLAUDEAU
    10 mars 2009

  8. Entretien avec... Peter van NUFFELEN
    10 avril 2009

  9. Entretien avec... Christel FREU
    10 mai 2009

  10. Entretien avec... Pierre JAY
    10 juillet 2009

  11. Entretien avec François CASSINGENA-TREVEDY
    10 août 2009

  12. Entretien avec... Karine ROBIN
    15 septembre 2009

  13. Entretien avec... Simone DELEANI
    10 octobre 2009

  14. Rencontre avec... Martine DULAEY
    10 novembre 2009

  15. Rencontre avec... Mickaël RIBREAU
    10 décembre 2009

  16. Rencontre avec Pierre MARAVAL
    10 janvier 2010

  17. Rencontre avec Philippe HENNE
    15 mars 2010

  18. Rencontre avec Delphine VIELLARD
    10 septembre 2010

  19. Rencontre avec... Marcel METZGER
    10 octobre 2010

  20. Rencontre avec... Marie-José DELAGE
    10 novembre 2010

  21. Rencontre avec... Guillaume BADY
    10 décembre 2010

  22. Rencontre avec... Marie-Laure CHAIEB
    10 janvier 2011

  23. Rencontre avec... Cristian BADILITA
    10 février 2011

  24. Entretien avec... Marc MILHAU
    10 mars 2011

  25. Entretien avec... Léopold MAUREL
    10 avril 2011

  26. Entretien avec... Régis COURTRAY
    10 mai 2011

  27. Entretien avec... Dominique BOCAGE-LEFEBVRE
    10 juin 2011

  28. Entretien avec... Jean-Marc VERCRUYSSE
    10 juillet 2011

  29. Entretien avec... Aram MARDIROSSIAN
    10 août 2011

  30. Entretien avec... Benoît GAIN
    10 novembre 2011

  31. Entretien avec... Dominique LHUILLIER-MARTINETTI
    10 décembre 2011

  32. Entretien avec... Pierre DESCOTES
    10 janvier 2012

  33. Entretien avec… Stéphane RATTI
    10 février 2012

  34. Entretien avec... Sophie MALICK-PRUNIER
    10 mars 2012

  35. Entretien avec… Emmanuel SOLER
    10 avril 2012

  36. Entretien avec... Carine BASQUIN-MATTHEY
    10 mai 2012

  37. Entretien avec… Attila JAKAB
    10 juin 2012

  38. Entretien avec… Aline CANELLIS
    10 juillet 2012

  39. Entretien avec... Tiphaine MOREAU.
    10 août 2012

  40. Entretien avec... Luce PIETRI
    10 octobre 2012

  41. Entretien avec... Daniel VIGNE
    10 novembre 2012

  42. Entretien avec... Sylvain Gabriel SANCHEZ
    10 décembre 2012

  43. Entretien avec... Gérard NAUROY
    10 janvier 2013

  44. Entretien avec… Anne-Marie TAISNE
    10 février 2013

  45. Entretien avec... Dominic MOREAU
    10 mars 2013

  46. Entretien avec... François-Xavier BERNARD
    10 avril 2013

  47. Entetien avec... Ariane BODIN
    10 mai 2013

  48. Entretien avec... Maël GOARZIN
    10 juin 2013

  49. Entretien avec... Jean-Luc SCHENCK-DAVID
    10 juillet 2013

  50. Entretien avec... Vincent PUECH
    10 août 2013

  51. Entretien avec... fr. Xavier BATLLO
    10 octobre 2013

  52. Entretien avec... Annick MARTIN
    10 novembre 2013

  53. Entretien avec... Guy-Jean ABEL
    10 mars 2014

  54. Entretien avec... Hélène MOUNIER
    10 avril 2014

  55. Entretien avec... Michele CUTINO
    10 mai 2014

  56. Entretien avec... Annie WELLENS
    10 janvier 2015

  57. Entretien avec... Jean-Marie AUWERS
    10 février 2015

  58. Entretien avec... Nathalie RAMBAULT
    10 mars 2015

  59. Entretien avec... Jean GUYON
    10 avril 2015

  60. Entretien avec... Vincent DESPREZ
    20 juin 2015

  61. Entretien avec Thomas DESWARTE
    10 septembre 2015

  62. Entretien avec... Michel POIRIER
    10 novembre 2015

  63. Entretien avec Arevik PARSAMYAN
    15 janvier 2016

  64. Entretien avec... Pierre-Marie Picard
    25 octobre 2016

  65. Entretien avec... Lionel MARY
    25 novembre 2016

  66. Entretien avec... Bruno DUMEZIL
    25 décembre 2016

  67. Entretien avec… Marie-Françoise BASLEZ
    25 janvier 2017

  68. Entretien avec... Adrien BAYARD
    25 mars 2017

  69. Entretien avec... Marie-Joseph PIERRE
    15 mai 2017

  70. Entetien avec... Brigitte STEGER
    5 juillet 2017

  71. Entretien avec ... Mgr Charbel MAALOUF
    5 octobre 2017