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VIENT DE PARAITRE
mercredi 1er février

Sylvain DESTEPHEN

LE VOYAGE IMPÉRIAL DANS ANTIQUITÉ TARDIVE : DES BALKANS AU PROCHE-ORIENT)

En 324, la fondation de Constantinople sur les rives du Bosphore modifie les voyages impériaux qui s’organisent désormais autour de la nouvelle capitale. D’abord considérée comme un point de départ ou de passage, Constantinople se transforme en lieu de pouvoir. La reconstitution des itinéraires permet de saisir l’évolution de l’Empire romain dans sa moitié orientale du IVe au Ve siècle, l’État et la cour avançant d’un même pas. Suivi de sa famille et de ses familiers, escorté par les hauts fonctionnaires et les officiers supérieurs, l’empereur se déplace sans cesse. La présence de parents et de courtisans, d’officiels et de soldats, montre que les voyages impériaux possèdent une dimension privée et publique autant que civile et militaire. L’ampleur de la suite et de l’escorte exige de vastes réquisitions pour fournir gîte et couvert, véhicules et attelages. Le système de cour, porté à sa perfection sous la dynastie théodosienne (379-450), circonscrit ensuite les voyages aux environs de Constantinople, devenue le cadre unique du faste impérial

Éditeur : Boccard

ISBN : 978-2-7018-0493-4

 
L’Aquitaine et les nouvelles donnes de la fin du IVe siècle.
lundi 15 décembre 2014
par Pascal G. DELAGE
popularité : 27%

L’ESSAIMAGE CHRETIEN EN AQUITAINE PREMIERE

Nous pouvons suivre la progression de la christianisation de l’Aquitaine à travers des indices archéologiques dont nous verrons qu’ils sont très ténus, des informations de type littéraire glanées dans des textes de la fin de l’Antiquité ou encore par la mention des souscriptions des évêques aux différents conciles tenus à partir de l’époque de Constantin (306-337), le premier empereur chrétien. A l’aide de ces différents indices, nous pouvons dresser la carte des premiers évêchés de l’Aquitaine. S’il est évident qu’il y a eu des chrétiens dans une cité avant que ne nous soit connu un évêque, la nomination d’un évêque manifeste que nous avons à faire à une communauté stable, organisée et surtout pérenne. Les interruptions de successions épiscopales sont très rares dans l’Antiquité même si nous n’avons pas forcément conservé les listes complètes. Il en ira autrement pour notre région à l’époque des carolingiens qui fut une des époques les plus tragiques de l’histoire de l’Aquitaine.

Le plus ancien évêque attesté pour notre province est Orientalis de Bordeaux qui participe au concile d’Arles en 314. Cette information est assez logique, le christianisme étant une religion urbaine dont on peut suivre la diffusion le long des grandes voies de communication de l’Antiquité. Or Bordeaux est à la croisée de deux grandes axes qui unissent d’une part le monde méditerranéen à la Bretagne, et d’autre part, le monde ibérique à la frontière germanique où réside alors l’empereur. Un seul autre évêque de Bordeaux est connu par la suite, à la fin du IVe siècle, mais c’est un très grand personnage, Delphinus. C’est un évêque bâtisseur, missionnaire, qui participe aux grands conciles de son époque, en relation épistolaire tant avec le grand Ambroise de Milan qu’avec un Paulin de Nole. Ce dernier est un très haut personnage de l’aristocratie sénatoriale, une des fortunes les plus importantes de l’empire. Il est aussi d’origine bordelaise. A la suite de son baptême en 389 à Bordeaux des mains de Delphinus, Paulin décida avec son épouse Théresia de renoncer au monde et tous deux se retirèrent en Italie, à Nole près de Naples, pour y mener la vie des servii Dei (« serviteurs de Dieu »). C’était la première fois qu’un sénateur rompait de façon aussi ostentatoire avec son rang. L’affaire eut une répercussion extraordinaire dans tout l’empire.

Après Bordeaux, c’est le siège de Poitiers qui sort des brumes de l’histoire vers 350 avec Hilaire, un Père de l’Eglise, qui, pour s’être opposé à l’hérésie arienne, a été exilé par l’empereur en Phrygie. Il en reviendra vers 362 et installe alors un de ses disciples, Martin, dans une villa près de Poitiers à Ligugé. C’est là que Martin fondera la première communauté monastique d’Occident. Je note juste que le troisième successeur d’Hilaire, aux alentours de 400, se nomme Anthemius. La crise arienne nous fait connaître deux autres évêques de la région, Phoebadius d’Agen qui s’illustra contre l’hérésie arienne au concile de Rimini en 359, et Paternus de Périgueux qui fut destitué au concile de Paris en 362 pour avoir soutenu cette même hérésie, mais nous dit Hilaire « il était un peu fou »… Le premier évêque d’Angoulême connu par les sources littéraires, est Dynamius vers 405 (mentionné par Paulin de Nole) et il est également question à la même époque d’un évêque à Bazas qui demeure anonyme pour nous. Ajoutons pour être complet que seules les très grandes villes, les métropoles, avaient reçu leur premier évêque seulement au milieu du IVe siècle : Nantes (Similius), Angers (Defensor), Tours (Litorius), parfois même plus tard, vers 470 pour Clermont (Urbicus) ou Le Puy (Evodius). Probablement que seule l’Eglise de Toulouse eut un évêque au milieu du IIIe siècle (Saturninus), ce qui est encore logique, le christianisme progressant comme nous l’avons vu par capillarité le long des grands axes de communication à partir des ports méditerranéens. Mais aucune information ne nous est donnée pour la cité de Saintes.

 
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