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mercredi 15 novembre 2017
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VIENT DE PARAITRE
mercredi 1er novembre

Bernard LANÇON

LA CHUTE DE L’EMPIRE ROMAIN)

La « chute » de l’Empire romain ne cesse de faire couler beaucoup d’encre. Plus encore, elle a suscité un nombre de publications sans précédent ces dernières années. On la traite à tort comme une énigme historique qu’il s’agirait de résoudre en identifiant les causes, alors que c’est bien la longévité de l’Empire romain qui relève de l’énigmatique. Si ce livre raconte et interroge naturellement le dernier siècle de l’empire d’Occident, il entend montrer que sa « chute » est largement un fantasme. Non seulement il est impossible d’en épuiser la réalité, mais encore la culture occidentale semble n’avoir aucun désir d’y renoncer. La raison en est peut-être que cet abandon mettrait en cause le pessimisme foncier qui la sous-tend. Cette « chute » est devenue une histoire sans fin, car on s’efforce en vain d’accumuler les facteurs incertains d’un événement sans contours définissables, tandis qu’elle sert en réalité de miroir et d’exutoire à nos angoisses.

Editeur : Perrin

ISBN : 9782262048266

 
L’Aquitaine et les nouvelles donnes de la fin du IVe siècle.
lundi 15 décembre 2014
par Pascal G. DELAGE
popularité : 21%

L’ESSAIMAGE CHRETIEN EN AQUITAINE PREMIERE

Nous pouvons suivre la progression de la christianisation de l’Aquitaine à travers des indices archéologiques dont nous verrons qu’ils sont très ténus, des informations de type littéraire glanées dans des textes de la fin de l’Antiquité ou encore par la mention des souscriptions des évêques aux différents conciles tenus à partir de l’époque de Constantin (306-337), le premier empereur chrétien. A l’aide de ces différents indices, nous pouvons dresser la carte des premiers évêchés de l’Aquitaine. S’il est évident qu’il y a eu des chrétiens dans une cité avant que ne nous soit connu un évêque, la nomination d’un évêque manifeste que nous avons à faire à une communauté stable, organisée et surtout pérenne. Les interruptions de successions épiscopales sont très rares dans l’Antiquité même si nous n’avons pas forcément conservé les listes complètes. Il en ira autrement pour notre région à l’époque des carolingiens qui fut une des époques les plus tragiques de l’histoire de l’Aquitaine.

Le plus ancien évêque attesté pour notre province est Orientalis de Bordeaux qui participe au concile d’Arles en 314. Cette information est assez logique, le christianisme étant une religion urbaine dont on peut suivre la diffusion le long des grandes voies de communication de l’Antiquité. Or Bordeaux est à la croisée de deux grandes axes qui unissent d’une part le monde méditerranéen à la Bretagne, et d’autre part, le monde ibérique à la frontière germanique où réside alors l’empereur. Un seul autre évêque de Bordeaux est connu par la suite, à la fin du IVe siècle, mais c’est un très grand personnage, Delphinus. C’est un évêque bâtisseur, missionnaire, qui participe aux grands conciles de son époque, en relation épistolaire tant avec le grand Ambroise de Milan qu’avec un Paulin de Nole. Ce dernier est un très haut personnage de l’aristocratie sénatoriale, une des fortunes les plus importantes de l’empire. Il est aussi d’origine bordelaise. A la suite de son baptême en 389 à Bordeaux des mains de Delphinus, Paulin décida avec son épouse Théresia de renoncer au monde et tous deux se retirèrent en Italie, à Nole près de Naples, pour y mener la vie des servii Dei (« serviteurs de Dieu »). C’était la première fois qu’un sénateur rompait de façon aussi ostentatoire avec son rang. L’affaire eut une répercussion extraordinaire dans tout l’empire.

Après Bordeaux, c’est le siège de Poitiers qui sort des brumes de l’histoire vers 350 avec Hilaire, un Père de l’Eglise, qui, pour s’être opposé à l’hérésie arienne, a été exilé par l’empereur en Phrygie. Il en reviendra vers 362 et installe alors un de ses disciples, Martin, dans une villa près de Poitiers à Ligugé. C’est là que Martin fondera la première communauté monastique d’Occident. Je note juste que le troisième successeur d’Hilaire, aux alentours de 400, se nomme Anthemius. La crise arienne nous fait connaître deux autres évêques de la région, Phoebadius d’Agen qui s’illustra contre l’hérésie arienne au concile de Rimini en 359, et Paternus de Périgueux qui fut destitué au concile de Paris en 362 pour avoir soutenu cette même hérésie, mais nous dit Hilaire « il était un peu fou »… Le premier évêque d’Angoulême connu par les sources littéraires, est Dynamius vers 405 (mentionné par Paulin de Nole) et il est également question à la même époque d’un évêque à Bazas qui demeure anonyme pour nous. Ajoutons pour être complet que seules les très grandes villes, les métropoles, avaient reçu leur premier évêque seulement au milieu du IVe siècle : Nantes (Similius), Angers (Defensor), Tours (Litorius), parfois même plus tard, vers 470 pour Clermont (Urbicus) ou Le Puy (Evodius). Probablement que seule l’Eglise de Toulouse eut un évêque au milieu du IIIe siècle (Saturninus), ce qui est encore logique, le christianisme progressant comme nous l’avons vu par capillarité le long des grands axes de communication à partir des ports méditerranéens. Mais aucune information ne nous est donnée pour la cité de Saintes.

 
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