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jeudi 20 juillet 2017
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IVe PJP : Paulin de Nole et l’amitié chrétienne
lundi 20 février 2012
par Pascal G. DELAGE
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PAULIN DE NOLE ET L’AMITIE CHRETIENNE

Présentation de la journée :

Evêque d’une petite ville de Campanie (Italie), Paulin de Nole vit et propose l’amitié comme un chemin spirituel. Ainsi le rappelle Benoît XVI : « Les écrits de Paulin insistent sur le sens de l’Eglise comme mystère d’unité et de communion qu’il vivait principalement dans une pratique aigüe de l’amitié spirituelle. On est impressionné de voir avec quelle chaleur ce saint évêque chantait l’amitié comme manifestation du corps du Christ animé par l’Esprit ».

Ce fut pour lui une réelle mission que de tisser inlassablement un vaste réseau d’amitiés qui réunira tout autour de la Méditerranée des hommes et des femmes, chrétiens engagés comme lui, alors même qu’ils défendaient des visages différents du christianisme. De son Aquitaine natale, où il fut en lien avec les idées de Priscillien d’Avila, à Bethléem où il sollicite Jérôme l’exégète, de Pélage l’hérétique au grand Augustin d’Hippone, Paulin consacra beaucoup de son temps et de ses forces à faire croître la communion au nom de l’amitié. Même si pour cela, il dut au début de sa propre aventure spirituelle rompre avec son vieux maître et ami, le rhéteur Ausone de Bordeaux, et avec un monde peut-être déjà trop ancien pour accueillir la nouveauté chrétienne.

Cette IVe PETITE JOURNEE DE PATRISTIQUE organisée par l’Association CaritasPatrum, se déroulera au Séminaire de Saintes, 80 cours Genet, 17100 Saintes le samedi 17 mars 2012, de 9 h 00 à 16 h 00.

Pour avoir de plus amples renseignements et connaître les conditions pratiques d’inscription à cette P.J.P., n’hésitez pas à cliquer sur la pièce jointe à cette page.

Intervenants

Mme Jeanine DESMULLIEZ (université de Lille III)

AUTOUR DE LA BIOGRAPHIE DE PAULIN DE NOLE

Paulin, un des membres les plus illustres de l’aristocratie, ancien gouverneur de province, poète de talent « acquiert la plus riche des saintetés, en se faisant pauvre volontairement ». En effet, ce grand propriétaire décide, en accord avec son épouse Therasia, de renoncer à ses biens et d’abandonner carrière, patrie et amis (mutata sors) afin de mener une vie d’ascète à Nole en Campanie (non loin de Naples) auprès du tombeau de Félix son patron et son protecteur.

Après avoir présenté les origines, les débuts de la carrière politique de cet aristocrate bordelais et les raisons de sa conversion à l’ascétisme qui le mène d’abord en Espagne, nous le suivrons dans sa retraite à Nole où il fonde une communauté monastique avant de devenir évêque de cette cité et nous présenterons ses principales activités en insistant sur les liens qui l’unissent à ses correspondants, mais aussi aux évêques et au monde politique de son époque.

Pour mener cette étude, nous utiliserons d’une part l’œuvre de Paulin, ses poèmes surtout les Natalicia qu’il compose chaque année en l’honneur de saint Félix, en particulier le poème 21 (vers 365-487) qui est une autobiographie certes incomplète car il évoque la protection du saint de Nole dans certaines situations, et ses 51 lettres. De multiples indications proviennent également des lettres d’Ausone, de Jérôme, d’Augustin, de l’empereur Honorius [1], etc… Mais il convient d’utiliser ces sources avec une extrême prudence car ce que recherche Paulin avant tout, c’est l’unanimitas, c’est à dire l’identification avec son correspondant, comme le prouvent ses échanges avec Sulpice-Sévère et avec Augustin.

P. Pascal-Grégoire DELAGE (séminaire de Bordeaux)

LES NOTABLES D’AQUITAINE, STRATÉGIES MATRIMONIALES ET RELIGIONS.

S’intéresser à la vocation de Merotius Pontius Paulinus, clarissime (sénateur) bordelais devenu évêque de Nole vers 410, c’est aussi prendre en compte le monde qui l’a vu naître et grandir. La quête d’un individu étant inséparable des attentes et des présupposés de son temps, notre enquête portera sur le monde des notables aquitains et les mutations qui l’affectèrent tout au long du IVe siècle, tant sur le plan social que religieux.

Mme Dominique BOCAGE-LEFEBVRE (Université de Caen)

LES RAPPORTS ENTRE PAULIN DE NOLE ET FELIX.

Le vocabulaire utilisé dans les Natalicia pour décrire la relation entre le poète et le saint, ainsi que la manière dont celle-ci a évolué, témoigne des sentiments de Paulin pour Félix, de la ferveur du poète pour le saint de Nole et de son attachement pour lui. L’étude des différentes manières de nommer Félix, noms et titres, adjectifs, métaphores, permettent d’apprécier la profondeur et la qualité de cette relation amicale.

Que faut-il entendre cependant par « amitié » ? En confrontant la thèse qu’a développée Pierre Fabre dans Saint Paulin de Nole et l’amitié chrétienne et celle de Catherine Conybeare dans Paulinus noster, Self and Symbols in the letters of Paulinus of Nola, nous montrerons qu’il ne s’agit pas d’enfermer cette relation dans les limites de l’amitié antique et que les Natalicia illustrent l’affection sincère et véritable de Paulin pour Félix. Si le poète se nomme souvent comme son enfant et son serviteur, ce n’est pas simplement avec un sentiment de hiérarchie, c’est qu’il trouve auprès de Félix protection, soutien et affection, quand il mesure les innombrables bienfaits du saint pour lui et pour ses contemporains venus implorer son aide.

M. Jean-Pierre BOST (Ausonius. Maison de l’Archéologie - Université de Bordeaux 3)

LES VILLAS D’AQUITAINE, CADRES DE LA VIE ARISTOCRATIQUE

La villa est un cadre de vie qui transporte à la campagne les agréments de la ville libérés des contraintes professionnelles et sociales, libérés aussi des inconvénients et désagréments quotidiens de la vie urbaine. C’est là que, au temps d’Ausone et de Paulin, aristocrates et notables peuvent vivre « noblement », au large et au grand air, dans une architecture qui associe confort, luxe et loisirs. Ils n’y mènent pourtant pas une vie oisive, car la terre est l’assise de leur fortune, et tous ou presque tous sont des chefs d’exploitation avisés qui ont en tête des objectifs de production, de rendement et de profit. Grâce aux progrès de la recherche archéologique, on en devine aujourd’hui toute l’ampleur et l’on comprend mieux le lien étroit qui unit les bénéfices tirés du sol et leur transcription monumentale.

Une transcription qui, au Bas-Empire, a peut-être été plus marquée en Aquitaine que dans d’autres régions de la Gaule. En tout cas, c’est là que se trouvent les exemples les plus nombreux, les plus impressionnants et les plus significatifs. Si la villa de Plassac n’en est pas la meilleure illustration, d’autres témoignages, du Centre-Ouest aux palais de Novempopulanie, aident à décrire au mieux le cadre de la (fausse) simplicité dont se réclame Paulin de Pella. Ils permettent aussi de mesurer ce qu’ont été, pour ceux qui ont décidé de rompre avec le siècle, l’étendue, la quantité, l’ « épaisseur » des abandons, qu’il s’agisse des abandons matériels (confort, carrière, fortune et position sociale) ou des abandons culturels (ce que révèle le dialogue impossible entre Paulin de Nole et Ausone).

M. Denis MONTEBELLO (professeur de lettres classiques)

PERENNE VIVAX ET MEMOR

« et de même qu’il ne peut mourir, il ne peut oublier : éternellement il vit et se souvient. » Cela, qui clôt la dernière lettre de Paulin à Ausone (Carmen 11) et leur correspondance, pour dire que l’esprit survit à la disparition du corps, l’amitié à la mort, et que le « fils » n’a pas oublié, en suivant sa Tanaquil en Espagne, l’enseignement de son « père ». Nous verrons comment, en dépit de la rupture que représente sa conversion en 389, la tradition païenne se met au service de la foi et que Paulin, comme il l’écrit à Ausone, « se souvient ».

M. Michel COZIC (Université de Poitiers)

PAULIN DE NOLE ET LE MARIAGE CHRETIEN

Un épithalame est un chant nuptial d’origine païenne en l’honneur de nouveaux mariés. Dans ce genre de poème en l’honneur de Julien (d’Eclane) et de Titia - ici long de 240 vers - Paulin de Nole innove en présentant la doctrine du mariage chrétien et révèle des aspects intéressants de la cérémonie elle-même, car le rituel du sacrement n’était pas encore fixé, tel que nous pouvons le connaître dans l’Eglise actuelle. Si le ton et les idées reflètent la spiritualité plutôt rigoureuse de l’ascète Paulin - qui fut marié à sa chère Thérasia - l’auteur sait aussi se montrer humain et pédagogue dans une société en pleine mutation et en période d’invasions.

 

[1] On se reportera à la notice Meropius Pontius Paulinus rédigée par Janine DESMULLIEZ dans le second tome de la Prosopographie chrétienne du Bas-Empire consacré à l’Italie sous la direction de Ch. et L. Pietri t. 2, v. 2, p. 1630-1654.

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