Caritaspatrum
Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les pauvres
Dernière mise à jour :
mardi 20 juin 2017
Statistiques éditoriales :
776 Articles
1 Brève
73 Sites Web
25 Auteurs

Statistiques des visites :
215 aujourd'hui
314 hier
456598 depuis le début
   
Des échos dans la presse.
lundi 12 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
popularité : 1%

LA FORTE VOIX DES PAUVRES.

Article de Bérangère Rive (Courrier français n° 3182 du 09.09.2005).

Un amphi empli à craquer par 200 têtes souvent blanches, qui ont noirci des dizaines de feuilles, trois jours durant. Un programme chargé avec pas moins de vingt conférences. Le colloque a été ouvert par Madame le doyen de la faculté de Droit, ravie d’accueillir tant de monde en guise de prérentrée universitaire. Dans son court discours, Hélène Gaudin a évoqué le lien évident entre le droit et notre civilisation judéo-chrétienne, un droit empreint de christianisme dans ses fondements mêmes.

Présent, le député-maire de La Rochelle aurait aimé rester plus longtemps : « c’est une vraie respiration sur des sujets qui nous tiennent à cœur », nous a-t-il confié, « on a eu le temps de réfléchir ou d’approfondir ces questions ; il y aura là des pistes de réflexion qui seront intéressantes pour l’homme politique que je suis. Il y a certes des réponses institutionnelles et politiques qui posent tout de même des problèmes moraux ; c’est un retour aux sources. À la question plus personnelle de son implication religieuse, Maxime Bono dit s’inscrire dans un mouvement laïc et une absolue liberté de conscience, mais bien sûr, poursuit-il, « je m’interroge, je cherche des voies ».

« L’homme d’aujourd’hui a la tête farcie, il n’est plus capable de comprendre quoi que ce soit, les pauvres, alors nous provoquent », dit en substance une intervenante, Marie-Hélène Dupré-La Tour (xavière). Dans l’assemblée, Catherine, retraitée, se pose la question : « Quelle a été l’efficacité de l’Église ? Les Pères de l’Eglise étaient peut-être plus audacieux que nous, nous devons retrouver cette parole audacieuse qu’a un abbé Pierre, par exemple. »

Anne-Marie est sage-femme à La Rochelle, et a été « frappée par le regard posé sur les pauvres, les valeurs chrétiennes présentes au long des siècles face à la pauvreté, si ce n’est pas les chrétiens, qui va porter cette voix, dit-elle ? Et comment entendre la voix fondamentale sans aucune idée pré-conçue. ». « La solution viendra des Africains », lance Annick, ancienne infirmière à Bordeaux et qui revient d’une mission au Burundi. « Il faut mettre les pauvres au cœur du monde, ils doivent avoir une place centrale et nous indiquer le chemin, c’est eux qui feront avancer les hommes ».

Trois jours d’intenses réflexions sur un sujet récurrent ; c’est aussi le sens même du mot pauvre qui a été abordé, « celui qui n’est inscrit dans aucune histoire, celui qui ne fait partie d’aucune société structurée, ceux et celles qui sont en dehors, à l’extérieur du groupe. ». Sommes-nous tous pauvres, appauvris ?