Caritaspatrum
Accueil du siteLES PETITES JOURNEES DE PATRISTIQUEHilaire de Poitiers et la passion de la communion
Dernière mise à jour :
mercredi 20 septembre 2017
Statistiques éditoriales :
781 Articles
1 Brève
73 Sites Web
25 Auteurs

Statistiques des visites :
222 aujourd'hui
166 hier
480185 depuis le début
   
Le 26 mars 2011 : Hilaire de Poitiers et la passion de la communion
mardi 15 mars 2011
par Pascal G. DELAGE
popularité : 13%

Cet important Père de l’Eglise d’expression latine, un des tout-premiers après Tertullien et Cyprien de Carthage est aussi un fils de l’Aquitaine. Originaire de Poitiers, devenu évêque de la cité, Hilaire encouragea la première expérience ascétique de Martin, futur évêque de Tours en l’installant dans une vieille villa familiale à Ligugé. Mais une partie de ses acines étaient ausi du côté de la Saintonge, et deux de ses parents étaient inhumés dans la nécropole de Saint-Vivien à Saintes selon Grégoire de Tours. Un Aquitain, sorti des meilleurs écoles d’alors, celles de Bordeaux, et qui, par-delà les âges et les mutations cultuelles, continue à enseigner, à nous enseigner, à travers ses textes et ses combats.

Homme passionné par le mystère de Dieu et sa communication, il vivait, disait-il, l’épreuve du langage confronté à la nécessité de formuler la foi tout en gardant conscience vive des limites de nos simples mots face au mystère de Dieu.

Cet horizon va éclairer sa recherche de la vérité au long cours. Baptisé à l’âge adulte, puis choisi comme évêque par les clercs et les laïcs de sa ville, il plonge dans la lutte contre l’arianisme, mettant tout en œuvre, non sans virulence parfois, pour garder le lien entre vérité et communion. Artisan du rétablissement de l’orthodoxie en Gaule (on l’appellera « l’Athanase de l’Occident »), reconnu déjà comme « docteur de l’Église » par Augustin, sa théologie trinitaire, nourrie par l’Ecriture, s’enrichira, pendant ses années d’exil, de sa découverte des sources grecques. Pour notre plus grand profit.

COMMUNICATIONS

Pascal-Grégoire DELAGE (Séminaire de Bordeaux)

Hilaire de Poitiers, l’homme des communions

Porté à la tête de la petite communauté chrétienne vers 345, Hilaire appartient à cette génération d’aristocrates provinciaux qui « passe » au Christ. Sa haute stature intellectuelle en fera le porte-parole de l’épiscopat gaulois quand un nouvel empereur, Constance II, voudra imposer aux provinces occidentales son propre credo. Mais que sait-on de cet épiscopat gaulois du IVe siècle qui se met en place avec la bénédiction du premier empereur chrétien, Constantin (+ en 337), de ses relations avec les autres Eglises et le reste de la société, encore très largement attachée aux cultes traditionnels ? Que sait-on encore de ces élites provinciales d’Aquitaine auxquelles appartenait Hilaire et probablement nombre de ses frères et collègues dans l’épiscopat ? Nul doute que la qualité de la formation reçue et l’exigence intellectuelle qui y était attachée contribuèrent également à faire d’Hilaire le premier Père de l’Eglise d’expression latine.

Denis DUPONT-FAUVILLE (Ecole Cathédrale de Paris)

Le théologien de la communion

Saint Hilaire de Poitiers, premier docteur de l’Église latine, est surtout connu pour sa doctrine trinitaire et ses traités exégétiques. L’étude attentive de son œuvre permet d’y repérer toute une réflexion théologique sur la notion de communion. Il l’applique en particulier à l’eucharistie, en détaillant la compréhension avec une richesse étonnante. Par l’eucharistie, le Christ unit à lui ses disciples et les prépare à la vie éternelle. Le « sacrement de la chair et du sang » donne à la communion, fondée en Dieu, de déployer ses effets tant dans l’inhabitation sacramentelle du Christ en nous que dans la consommation de l’unité ecclésiale.

Marc MILHAU (Université de Poitiers)

Le peuple juif dans le « Commentaire de l’In Matthaeum » d’Hilaire de Poitiers

Arrogance, incroyance, infidélité, mort du Christ… Le Commentaire du premier Evangile par Hilaire de Poitiers ne serait-il, à propos du peuple juif, qu’un catalogue de griefs traditionnels ? Au-delà des mots qui heurtent et qui dérangent, l’exposé tentera de restituer la vision d’ensemble qu’Hilaire donne du Judaïsme dans son Commentaire d’un Evangile dont l’auteur est ainsi présenté par Cl. Tassin : « Matthieu apparaît à la fois comme le plus juif et le plus anti-juif des Evangélistes » (L’Evangile de Mathieu, 2001, p. 10).

Annie WELLENS (écrivain)

Hilaire de Poitiers à l’épreuve du langage

Accorde-nous donc le sens exact des mots, la lumière de l’intelligence, la noblesse du langage, l’orthodoxie de la foi ; ce que nous croyons, accorde-nous de l’affirmer aussi. C’est-à-dire, puisque nous connaissons par les prophètes et les Apôtres un seul Dieu, toi, le Père, et un seul Seigneur, Jésus Christ, qu’il nous soit donné aujourd’hui, contre les hérétiques négateurs, de te célébrer comme étant Dieu, mais non un Dieu solitaire, et de prêcher ce Dieu sans commettre d’erreur. (La Trinité 1, 37). Le goût pour l’étude, qui animait Hilaire avant son engagement chrétien, se trouva renforcé par sa rencontre avec l’Écriture, puis avec les sources chrétiennes grecques, « grâce » à son exil en Orient. De quoi entretenir, de manière renouvelée et renouvelable, les énergies langagières de ce pasteur-théologien aux prises avec l’arianisme.

Michel COZIC (Université de Poitiers)

Considération sur la prière selon Hilaire de Poitiers dans son « Commentaire de l’In Matthaeum » d’Hilaire de Poitiers

Paradoxalement, Hilaire de Poitiers n’a jamais commenté les paroles du Notre Père, prière substantielle de tout chrétien ! C’est pourtant en suivant la trame du « Notre Père » que notre exposé se propose de relever dans le « Commentaire de l’In Matthaeum » des traits importants de sa prière en général, une prière vitale et toujours inspiratrice.

Anne JEGOUZO (archéologue à l’Inrap -Institut National de Recherches Archéologiques Préventives)

Poitiers à l’époque d’Hilaire et le site de l’église Saint-Hilaire : dernières découvertes dans le cloître de la basilique

Cette communication présentera les résultats d’une fouille archéologique réalisée à proximité immédiate du tombeau de saint Hilaire, premier évêque attesté de Poitiers. C’est autour de ce monument que va se développer un important complexe basilical. L’opération menée par l’Inrap entre 2007 et 2008 a mis au jour une partie de cet ensemble funéraire et religieux exceptionnel. En effet, les origines de Saint-Hilaire se confondent en partie avec les débuts du christianisme, à la fin du IVe siècle en Poitou. Dès le VIIIe siècle, l’ensemble basilical devient une collégiale renommée. Au Moyen Age, la collégiale est un véritable lieu de pèlerinage sur le chemin menant à Saint-Jacques de Compostelle. A ce titre l’église est aujourd’hui classée patrimoine mondial de l’UNESCO.

- Pour toute demande de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter

- Pour vous inscrire à cette journée, merci de compléter le formulaire ci-dessous (cliquer sur l’icône) et de le retourner à l’adresse indiquée.

L’ordination de saint Hilaire de Poitiers
 
Documents joints à cet article :