Caritaspatrum
Accueil du siteCHRONICAE WELLENSISCorrespondance campagnarde
Dernière mise à jour :
dimanche 10 novembre 2019
Statistiques éditoriales :
830 Articles
1 Brève
76 Sites Web
59 Auteurs

Statistiques des visites :
85 aujourd'hui
194 hier
756802 depuis le début
   
Une première liturgique à Mediolanum Santonum : le 15 août
mercredi 1er septembre 2010
par Annie WELLENS
popularité : 7%

Loin de moi l’outrecuidance d’attribuer à nos écrits épistolaires la grâce débordante des saintes Ecritures, mais je ne peux m’empêcher, Bacchus ami, de reconnaître encore une fois à l’œuvre la multiplication des biens spirituels jaillissant de cette double source qui nous désaltère jour après jour : celle de notre amitié et de nos lectures. Sommes-nous devenus amis parce que d’abord lecteurs ? Lisons-nous davantage et mieux depuis que nous sommes amis ? « De la poule et de l’œuf, qui est premier ? » chantonne gaiement Vera qui vient de m’entendre relire le début de ma lettre à voix haute.

Sans attendre de réponse elle a déjà bondi dans le jardin afin d’aérer le linge et les vêtements que nous emporterons pour notre séjour en votre compagnie chez ton ami Josselinus. Nous comprenons parfaitement qu’il ait différé l’invitation de quelques semaines en raison des vendanges sur son domaine. Ce minuscule contre-temps n’affaiblit en rien mon immense soulagement d’être délivré de la menace vésuvienne qu’avaient sournoisement orchestrée nos épouses.

Pour la première fois, ce quinze août, s’est déroulée dans l’église de Mediolanum Santonum la fête de la Dormition de Marie, non sans discussions préalables entre l’épiscope et quelques presbytres du lieu qui ne tenaient pas à une célébration officielle, arguant du fait que la toute récente décision prise par le pape Théodore d’introduire cette fête en Occident n’avait aucun caractère d’obligation. « Nous ne voulons pas rompre la communion avec vous, et nous célèbrerons, mais sachez que nous nous considérons comme des célébrants malgré nous » affirma haut et fort le plus âgé des presbytres. Et il ajouta : « Vous verrez que cette fête tournera au dogme, comme le vin tourne au vinaigre. Et ne venez pas me dire que le Transitus Mariae fait foi, même si Grégoire de Tours l’affectionne. L’histoire est belle, mais voici bientôt deux siècles que le pontife Gélase a demandé de ne pas en tenir compte. ». J’écoutais attentivement, et de belles images se réveillaient en ma mémoire, car j’avais lu quelques passages de ce qu’il convenait donc d’appeler un apocryphe : sur le Mont des Oliviers, Marie rencontrant un ange qui lui donne une palme de l’Arbre de Vie ; Jésus confiant l’âme de sa mère à l’archange Michel ; le corps de Marie enterré par les apôtres au pied du Mont des Oliviers, et, quelques jours après, Jésus emportant le corps au Paradis. En réfléchissant à la réunion du corps et de l’âme de la Vierge je me disais que j’aurais peut-être de nouvelles hymnes à introduire dans mon hymnaire si cette fête prenait une place importante dans le cycle liturgique. Les Églises d’Orient qui nous précèdent depuis un siècle dans cette célébration doivent en avoir enrichi le répertoire de leurs chants, déjà prodigieux si j’en juge par ma découverte récente de leur « hymne acathiste à la Mère de Dieu », et dont le refrain « Réjouis-toi, Epouse inépousée » a ébloui mon fils, pourtant exigeant en matière littéraire, et fort critique dans le domaine théologique. Ce texte date du début de notre siècle, et son histoire m’a été racontée par un moine de Constantinople, en visite au monastère de Lucoteiacum où je me trouvais moi-même. Depuis, j’ai mis par écrit ce récit, et ne résiste pas à la joie de t’en livrer quelques extraits :L’hymne acathiste doit son origine au siège de Constantinople en 626, lorsque le patriarche Serge, en l’absence de l’empereur Héraclius, organisa la défense de la cité, en faisant porter en procession l’icône de la Mère de Dieu en haut des remparts. Et l’on put voir un prodige étonnant de la Mère de Dieu : elle repoussa tous les assaillants. Alors le peuple se hâta d’ouvrir les portes et en fit un carnage, les femmes et les enfants s’enhardissant contre eux. Leurs chefs rétrogradèrent, pleurant et gémissant. Et le peuple reconnaissant de Constantinople, rendant grâces à la Mère de Dieu, lui chanta une hymne de toute la nuit, sans s’asseoir (Acathiste), puisqu’elle n’avait pas cessé elle-même de veiller sur eux et qu’avec une surnaturelle puissance elle avait remporté la victoire sur les ennemis.

Dis-moi si, dans ta Grande Séquanaise, quelque conflit liturgique a pris feu, quels en sont les protagonistes et les causes défendues ou attaquées. Je me demande avec une délicieuse inquiétude si je n’y prends pas un certain plaisir. Prie donc avec moi l’Esprit multiforme de me délivrer de cette tentation.

Bessus

 
Articles de cette rubrique
  1. De l’utilité de la navigation sur le Net.
    1er juin 2008

  2. Quand Bacchus s’intéresse aux Pères...
    15 juillet 2008

  3. Promesse de vendanges spirituelles.
    1er septembre 2008

  4. Pédagogie spirituelle
    15 octobre 2008

  5. Appétit de sciences
    1er décembre 2008

  6. Fièvre sternutatoire
    15 janvier 2009

  7. Agacements machistes...
    1er mars 2009

  8. Rencontre après Martin
    15 avril 2009

  9. Coup de tonnerre.
    1er juin 2009

  10. D’une correspondance à l’autre.
    15 juillet 2009

  11. Querelle hymnologique
    1er septembre 2009

  12. Entre vin nouveau et table tournante
    15 octobre 2009

  13. Vers la Lumière.
    1er décembre 2009

  14. De la réduction de texte à la réduction de tête
    15 janvier 2010

  15. D’un hymnographe à l’autre.
    1er mars 2010

  16. Où se résolvent heureusement deux affaires douloureuses pour Bacchus
    15 avril 2010

  17. Terreur volcanique
    1er juin 2010

  18. Douceur médocaine
    15 juillet 2010

  19. Une première liturgique à Mediolanum Santonum : le 15 août
    1er septembre 2010

  20. Turbulences intérieures et menaces incendiaires
    15 octobre 2010

  21. Trafic d’influences, d’Orphée à Grégoire de Nazianze
    1er décembre 2010

  22. De la colère aux larmes : rigueurs de l’exégèse et soucis de voisinage
    15 janvier 2011

  23. Commando colombanophile dans le Golfe des Pictons
    1er mars 2011

  24. La tentation de Saint Hilaire. Un parchemin retrouvé.
    15 avril 2011

  25. Dur printemps pour les Pictons.
    1er juin 2011

  26. Chrysostom’attitude en Narbonnaise.
    15 juillet 2011

  27. La monachomyomachie ou les moines contre les mulots
    1er septembre 2011

  28. Origène for ever !
    15 octobre 2011

  29. Lumière nouvelle sur le péché de saint Patrick.
    1er décembre 2011

  30. Discernement spirituel par correspondance
    15 janvier 2012

  31. Dégel intérieur mais frimas extérieurs. Bonus : un scoop sur les ragondins.
    1er mars 2012

  32. Le phénix de Lactance et le vin de Muscat, ou la thérapeutique spirituelle de Silvania
    15 avril 2012

  33. A mystagogie déplacée, liturgie dévoyée
    1er juin 2012

  34. De la pluie aux larmes, que d’eau ! que d’eau !
    15 juillet 2012

  35. Virgile, le Pseudo-Longin, Antoine et Athanase, même combat !
    1er septembre 2012

  36. De Johannes-Petrus à Doliprane de Céphalée.
    15 octobre 2012

  37. Picnolepsie et antiennes Ô
    1er décembre 2012

  38. Bacchus, vous avez dit : « dévarié » ?
    15 janvier 2013

  39. De Bethléem à Madiran : nouvelles lueurs sur le caractère de Jérôme
    1er mars 2013

  40. La joyeuse cinquantaine
    15 avril 2013

  41. D’Eugène de Tolède aux « énergumènes »
    1er juin 2013

  42. Sentiment océanique
    15 juillet 2013

  43. Des « astrologues chrétiens » : oxymore ou coquecigrue ?
    1er septembre 2013

  44. Les « reliques » ou le feu aux poudres
    15 octobre 2013

  45. Esclave, chasse les mouches !
    1er décembre 2013

  46. Mystère de l’esperluette
    15 janvier 2014

  47. Du Verbe abrégé à la bulle d’eau humaine
    1er mars 2014

  48. Benoit et Colomban : même combat spirituel ?
    1er mai 2014

  49. L’hémine et le charivari
    15 juin 2014

  50. Main basse sur les reliques de Benoît et Scholastique
    15 août 2014

  51. Venance Fortunat, auteur de « Frère Jacques » ?
    15 septembre 2014

  52. Marmite bouillante, amitié florissante
    1er décembre 2014

  53. L’érysipèle, l’hérésie et le Christ médecin
    15 janvier 2015

  54. Erasme et le vin de Nîmes
    15 avril 2015

  55. Confession ou rétractation ?
    1er juin 2015

  56. Le Purgatoire, ou l’Enfer climatisé
    15 juillet 2015

  57. Le Bréviaire d’Alaric ou le salut (pour Bessus) par les Wisigoths
    15 septembre 2015

  58. Haro gaulois sur les stylites !
    1er novembre 2015

  59. Polémique monastique en Armorique et menace de burn-out pour Bessus
    1er mars 2017

  60. Romanos le Mélode : plus fort que le son des cloches et des orgues !
    15 décembre 2015

  61. De l’allitération au kakemphaton et du kakemphaton à l’Hypapante
    15 février 2016

  62. Du bréviaire hispano-mozarabe au sang de Jupiter
    15 juin 2016

  63. L’ascension du Mont Ventoux, un « copié-collé » de celle du Crêt Pourri, ou : Pétrarque a-t-il plagié Bacchus ?
    15 août 2016

  64. Corrupticoles, phantasiastes et dyscoles, ou la mise en abyme de Bessus
    1er novembre 2016

  65. La « Divine Liturgie » de Jean Chrysostome au monastère de Saint Oyend ?
    1er janvier 2017

  66. L’appel au secours de Silvania : Bacchus tenté par l’enkratéia
    1er juin 2017

  67. Proskynèse, douleurs articulaires et crottes de bouquetins
    1er août 2017

  68. Résurrection de Bacchus selon Sédulius
    1er octobre 2017

  69. Ordination presbytérale au pays des Colliberts : une première !
    1er février 2018

  70. Archives en péril au monastère des Îles d’Hyères
    15 mars 2018

  71. Epanadiplose, Buisson ardent et Troussepinette, ou le retour victorieux de Bessus au jardin
    1er juillet 2018

  72. Sacramentaires gélasiens et souris théophages
    15 septembre 2018

  73. Des Odes de Salomon au jaune liturgique
    15 décembre 2018

  74. Il était une fois … La (fausse) question de l’âme des femmes
    1er avril 2019