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Epanadiplose, Buisson ardent et Troussepinette, ou le retour victorieux de Bessus au jardin
vendredi 15 juin 2018

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Et ronces elles ont vécu ce que vivent les ronces… hélas ! plus d’un matin, pour ne pas dire trois années. Que l’épanadiplose [1], Bacchus ami, qui ouvre cette missive te signifie ma victoire sur l’empêchement qui était le mien d’entretenir notre jardin depuis mon accès d’erysipelas.

« Jardin » n’était plus d’ailleurs la dénomination adéquate, il s’agissait plutôt d’un espace sauvage où les frênes vivaces de notre marais se disputaient la place avec des pieds de bardane, lesquels, exponentiels aussi bien en largeur qu’en hauteur, distribuaient avec une générosité perverse leurs capitules à crochets (Apulée appelle très justement cette plante dardana, le « dard », ce qui en dit long sur les risques encourus à l’approcher de trop près) [2], sans compter un laurier dont les multiples surgeons auraient pu assurer le couronnement des poètes pendant plusieurs générations. Brochant sur le tout, le lierre et la ronce commune aux épines agressives se déployaient vigoureusement. Ma Vera avait fait le deuil de son potager et considérait désormais ce lieu comme une terra incognita dont elle ne me parlait plus.

 

[1] L’épanadiplose est une figure de style reprenant, à la fin d’une proposition, le même mot que celui situé en début d’une proposition précédente. Figure de narration utilisée dans de nombreux genres littéraires, elle est alors nommée « épanadiplose narrative ». Il s’agit de la reprise d’une scène initiale ou d’un motif initial (dans l’incipit) à la fin (ou clausule) de l’intrigue. L’épanadiplose de Bessus, maintenant qu’elle est livrée aux lecteurs, connaîtra-t-elle la même notoriété que celle de François de Malherbe : « Et rose elle a vécu ce que vivent les roses / L’espace d’un matin », dans sa Consolation à Monsieur du Périer (1598) ?

[2] Bessus est allé aux sources étymologiques. En effet, le nom vernaculaire bardane vient du latin médiéval bardana, altération du latin tardif dardana.