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VIENT DE PARAITRE
vendredi 1er septembre

Charbel MAALOUF

UNE MYSTIQUE EROTIQUE CHEZ GREGOIRE DE NYSSE

Une mystique érotique ? C’est pour le moins une expression qui semble ambigüe : d’une part, le terme « mystique » ne jouit pas d’une définition claire dans les différentes traditions et expériences chrétiennes ; d’autre part, le terme « érotique » possède, pour l’homme moderne, des connotations principalement péjoratives. A partir de la connaissance (gnôsis) chez l’évêque de Nysse dans la démarche de l’ascension de l’homme vers Dieu à travers la connaissance sensible, conceptuelle et mystique, l’auteur met en relief comment le Nysséen fonde sa mystique sur l’amour désigné par plusieurs termes, notamment celui de l’érôs. Ainsi, l’expérience mystique se vit à travers deux mystères qui caractérisent particulièrement la foi chrétienne : le mystère de l’incarnation du Verbe de Dieu (la descente de l’érôs de Dieu pour l’homme) et le mystère de la divinisation de l’homme (l’élévation de l’érôs de l’homme vers Dieu).

Editeur : Le Cerf

ISBN : 978-2204109864

 
Une église du VIe/VIIIe siècle à Jonzac (suite)
mardi 20 octobre 2009
par Nicole BERTIN
popularité : 11%

Elle était grande, cette nécropole de Jonzac, s’étendant bien au-delà du périmètre où des fouilles sont menées actuellement. En conservant une prudence nécessaire, on peut écrire que les secteurs de l’Église, du Champ de Foire et du Marché ont accueilli des sépultures durant des siècles. L’histoire n’en est que plus touchante  : les ancêtres de la ville de Jonzac sommeillent sous nos pieds  !

Les corps qui reposent devant l’édifice religieux semblent de plus en plus familiers. Devenus “poussière“, selon le terme biblique, les ossements, observés en laboratoire, délivrent des informations intéressantes. Ces hommes et ces femmes étaient Mérovingiens. Successeurs de la grande époque gallo romaine, ils ont vécu entre les Ve et VIIIe siècles après J.-C.

Léopold Morel sur le site de la nécropole

Dans une récente édition, Léopold Maurel, qui encadre le chantier que supervisent le Conseil Général et la municipalité, livrait le fruit des premières découvertes faites en ce lieu. Durant des semaines, les équipes se sont succédé, réunissant une soixantaine de personnes au total (étudiants, enseignants, retraités).

Selon le calendrier établi, elles lèveront le camp début septembre, avec la rentrée. Tous les chercheurs ont la même motivation  : participer à une œuvre collective éclairant une période méconnue du passé de la cité. Une aventure passionnante  ! En effet, entre la villa gallo-romaine qui réserve encore de belles surprises (confidences de Karine Robin) et l’époque médiévale, il y avait un arrêt sur image qui vient d’être en partie gommé.

sous le parvis de l’église

Trois bâtiments énigmatiques

Le site dévoile peu à peu ses secrets et les nombreux sarcophages qu’il abrite rappellent les coutumes et usages de nos lointains aïeux. En attendant une conférence détaillée (organisée pour les Journées du Patrimoine, qui sait  ?), les fondations de trois bâtiments retiennent l’attention. Le premier, dont on pensait initialement qu’il appartenait à l’époque mérovingienne, est postérieur. Il pourrait s’agir d’un enclos funéraire. « Pour l’instant, la datation n’a pas été faite » remarque Léopold Maurel. Par contre, l’édifice qui nous intéresse se situe vers le centre de la place. En ce début de christianisation, serions-nous en présence d’inhumations “ad sanctos“, acte qui consistait à se faire enterrer auprès de saints afin de bénéficier de leurs bienfaits  ? Un autre, plus récent, le jouxte, voire le chevauche (il daterait des XIIe, XIIIe siècles).

L’intérêt que présente cet espace est d’abriter des époques distinctes. Près des Mérovingiens, d’autres tombes, avec emplacement creusé pour la tête, ont été retrouvées. Pouvant remonter au Bas Moyen Âge, elles sont différentes et disposées selon un agencement réfléchi. Les tombes sont donc présentes partout, les anciennes côtoyant les modernes, si l’on peut dire  ! Du mobilier a été mis à jour dont épées, bijoux et boucles de ceintures. Ces objets pourraient être exposés dans un futur musée régional ? On y croit…

les alignements de sarcophages

Curieusement, les différentes municipalités de Jonzac n’ont pas été très curieuses face à cette vaste nécropole. « Et c’est une chance car l’état de conservation, en raison de la nature du terrain, est excellent » répondent les archéologues. Ils admettent qu’un tel chantier est peu courant. Les tombes, inviolées, ont révélé de nombreux objets dont des bijoux (en cours d’expertise), de l’orfèvrerie, des armes, des morceaux de tissu, des céramiques funéraires, des flacons en verre et, présence émouvante, une croix façonnée.

Clovis s’étant converti au christianisme à la fin du Ve siècle, les Mérovingiens de Jonzac, qui sommeillent devant l’Église depuis les VIe et VIIe siècles, avaient donc embrassé cette religion. Ce témoignage est intéressant. Sortant du polythéisme romain et des anciennes pratiques gauloises, les populations auraient pu continuer à vénérer les divinités de la Terre mère. Il n’en est rien puisqu’elles semblaient croire en un Dieu unique.

Sur les traces de Saint Anthème ?

Le périmètre fouillé devant l’église réunit à la fois des sarcophages mérovingiens et médiévaux. « On remarque que les générations qui se sont succédé, ont respecté l’ensemble des sépultures » souligne Léopold Maurel qui suit le chantier. Plusieurs maçonneries ont été découvertes dont celles d’un enclos funéraire (mérovingien) et d’un édifice beaucoup plus vaste qui pourrait dater du Haut Moyen Âge. Était-il dédié aux reliques de Saint Anthème ? L’évêque de Poitiers, missionnaire en Saintonge, occupe en effet une place importante dans l’histoire jonzacaise. Il est possible qu’au Moyen Âge, sa légende ait été exploitée afin de créer un lieu de pèlerinage fréquenté autour de ses reliques (au VIIIe siècle, Saint Anthème aurait été mis à mort par les Sarrasins aux rochers de Cordie, près de Pons).

Bref, il reste de nombreuses interrogations, mais une chose est sûre : les tombes mérovingiennes abritent des gens de la « haute société » (les successeurs des occupants de la villa gallo-romaine ?).

Les archéologues au travail

Les Saintongeais attendent avec impatience les résultats des fouilles qui seront publiés l’an prochain. Quant aux « trouvailles », nous adressons une supplique au conseil municipal pour qu’elles soient exposées à Jonzac !

 
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