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jeudi 20 juillet 2017
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Les Pères de l’Eglise et les ministères
Colloque de Patristique - La Rochelle, des 7 au 9 septembre 2007
mardi 6 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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LES MINISTERES CHRETIENS DANS L’ANTIQUITE TARDIVE

EVOLUTIONS, IDEAL ET REALITES 7, 8 ET 9 SEPTEMBRE 2007 - LA ROCHELLE

En abordant la question des ministères chrétiens dans l’Antiquité Tardive, leurs évolutions, leurs idéalisations et la manière dont ils furent effectivement vécus, nous avons conscience d’embrasser une période longue où sont à l’œuvre des processus de ruptures et d’institutionnalisation, et d’aborder une question à la fois réputée difficile et d’interprétation délicate. Déjà par rapport au Nouveau Testament, les écrits d’Ignace d’Antioche et Clément de Rome témoignent d’une orientation nouvelle dans la structuration et l’animation des premières communautés chrétiennes. Cette mutation intérieure se traduit par une distinction nette entre laïcs et clercs, une organisation ministérielle centralisée et une sacerdotalisation de plus en plus importante des clercs. Ainsi, les ministères chrétiens sont saisis d’emblée sous le mode de l’évolution, même si celui-ci est minimisé (ou occulté) par le recours aux discours sur les origines et par la référence normative à l’Ecriture.

Le colloque de La Rochelle a pour objet de mesurer et de préciser ce que devient cette trajectoire des ministères dans l’Antiquité Tardive, de Cyprien de Carthage à Léon le Grand, sur la longue durée et à travers des espaces géographiques et culturels fort différents. Mais l’Eglise chrétienne se veut catholique, c’est-à-dire « universelle » : l’une des manifestations parmi les plus visibles et des plus opérationnelles de cette prétention « catholique » sera précisément son organisation ministérielle, présentée comme une réalité quasi-divine et donc - en principe - immuable en son essence.

Et pourtant tant les décisions conciliaires, les correspondances ou les Vies de saints sont témoins d’inflexions, de mutations ou de préoccupations nouvelles quant à la place ou aux rôles des ministres dans la communauté, quant à l’importance de leur témoignage de vie ou de leurs conditions concrètes d’existence. Surgissent alors de nouvelles questions : de quels milieux proviennent les ministres ? Comment sont-ils intégrés dans le clergé ? qu’attendent d’eux les communautés et comment sont-ils situés par rapport à ces autres institutions que sont la cité et la famille, sans oublier la législation impériale ? Il appartiendra aux interventions du colloque de La Rochelle de préciser de quelle liberté évangélique et/ou de quels processus d’adaptation sociopolitiques ont pu procéder ces évolutions du ministère dans l’Antiquité Tardive.

L’existence des ministères est structurante de toute communauté chrétienne dans l’Antiquité Tardive et elle est présentée comme un facteur de cohésion de l’empire. Alors que l’institution paraît moins pérenne que ce que les Pères de l’Eglise proclament, la réalité des ministères, de leurs institutions et de leurs évolutions, demeure une question ouverte au cœur même d’une histoire par essence fluente.

Ce qu’entendent ainsi préciser les communications du colloque sont autant les facteurs de ces évolutions des ministères chrétiens que les différentes modalités d’exercice du ministère. Quelle part revient à la hiérarchie épiscopale dans ces transformations ? Les communautés – et tout particulièrement les laïcs - ont-elles leur mot à dire et sous quelles formes ? L’ascétisme est souvent invoqué pour expliquer le choix de la continence et de la pauvreté pour les clercs, voire la vie commune. Qu’en est-il réellement, et comment de tels modes de vie ont-ils pu s’imposer – même partiellement – à l’ordre des clercs ? Qu’en est-il de l’influence extérieure sur des modèles de sainteté cléricale qu’il s’agisse de l’« homme divin » des cénacles néo-platoniciens, de l’élu manichéen ou du maître rabbinique ? Pour patristiciens et historiens ne restent aujourd’hui que des discours chrétiens sur les ministères dont il faut sans cesse reprendre l’interprétation et la traduction. Or ce travail n’est pas sans éclairer ce que ces discours vont rendre possibles : l’émergence du monde occidental et des problématiques théologiques toujours actuelles dans les Eglises chrétiennes.

 
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