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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEAu Ve et VIe siècle en Aquitaine.
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mercredi 20 septembre 2017
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VIENT DE PARAITRE
vendredi 1er septembre

Charbel MAALOUF

UNE MYSTIQUE EROTIQUE CHEZ GREGOIRE DE NYSSE

Une mystique érotique ? C’est pour le moins une expression qui semble ambigüe : d’une part, le terme « mystique » ne jouit pas d’une définition claire dans les différentes traditions et expériences chrétiennes ; d’autre part, le terme « érotique » possède, pour l’homme moderne, des connotations principalement péjoratives. A partir de la connaissance (gnôsis) chez l’évêque de Nysse dans la démarche de l’ascension de l’homme vers Dieu à travers la connaissance sensible, conceptuelle et mystique, l’auteur met en relief comment le Nysséen fonde sa mystique sur l’amour désigné par plusieurs termes, notamment celui de l’érôs. Ainsi, l’expérience mystique se vit à travers deux mystères qui caractérisent particulièrement la foi chrétienne : le mystère de l’incarnation du Verbe de Dieu (la descente de l’érôs de Dieu pour l’homme) et le mystère de la divinisation de l’homme (l’élévation de l’érôs de l’homme vers Dieu).

Editeur : Le Cerf

ISBN : 978-2204109864

 
L’Aquitaine à l’heure des peuples germaniques.
dimanche 20 novembre 2016
par Pascal G. DELAGE
popularité : 18%

Les laïcs en première ligne.

Certes les Wisigoths sont ariens, certes ils sont encombrants, mais aux yeux des grandes familles aristocratiques qui n’ont pas fui, ils sont officiellement les alliés de Rome depuis 439 et ils manifesteront leur loyauté au pouvoir romain en se battant contre les Huns au côté du patrice Aetius lors de la grande bataille des Camps catalauniques en 451. Et tout au long du Ve siècle, nous voyons se multiplier les ralliements des nobles gallo-romains au pouvoir de Toulouse. Nous connaissons ainsi un dux Namatius qui, vers 469, surveille pour eux le littoral à partir de l’île d’Oléron [1], le iudex Potentinus ou encore le comes Victorius qui est l’un des principaux lieutenants d’Euric II. Or ce dernier construisit en Auvergne non seulement une grande basilique sur la tombe du martyr Julien à Brioude en 475/480 [2] mais aussi plusieurs cripta à Clermont ainsi qu’une église dédiée à saint Laurent et à saint Germain [3]. Victorius était très probablement possessionné également en Saintonge où une matrona, Victorina (sa fille ?), fonde une église dédiée au même saint dans sa villa de … Saint-Julien de l’Escap [4]. Or au témoignage même de Sidoine Apollinaire, ce grand seigneur est un bon catholique.

Ces aristocrates d’Aquitaine continuent d’ailleurs à mener grand train dans leur villa semblable à celle de Leontius à Bourg-sur-Gironde et dont Sidoine Apollinaire nous a laissé une plaisante description [5]. La lecture de la lettre que Sidoine adresse en 463 à un noble de Bazas nommé Trygetius pour l’inciter à le rejoindre dans la villa de Bourg, nous laisse entrevoir les mêmes pratiques d’urbanité qu’au temps d’Ausone un siècle plus tôt, un rien précieuses, un rien artificielles : Viens pour te régaler ou pour régaler les autres, ou ce qui serait le plus plaisant, pour faire les deux ; viens avec des provisions de ta province de l’intérieur soumettre et subjuguer ces fins gourmets habitués aux produits du Médoc. Qu’ici le poisson de l’Adour défie les mulets de la Garonne ; qu’ici une foule de crabes à bon marché s’efface devant les langoustes de Bayonne [6]. La correspondance de Sidoine Apollinaire ou encore celle de Ruricius, dominus de Gourdon (Lot), nous laisse entrevoir tout un monde de lettrés qui continuent à exercer des fonctions de rhéteurs comme Lupus d’Agen, Lampridius de Bordeaux ou encore Hesperius de Clermont [7]. Il est d’ailleurs à noter chez ces nobles lettrés ce souci récurrent, pour ne pas dire l’obsession, d’avoir à transmettre la culture d’un monde qui est en train de passer, ce qui se traduit en particulier par le soin jaloux avec lequel ils veillent sur l’état de leur bibliothèque et à l’établissement de manuscrits fiables.

 

[1] cf. Sidoine Apollinaire, Ep. 8, 6

[2] cf. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, 2, 20

[3] Saint-Germain-Lambron, ibid, 2, 20

[4] cf. Grégoire de Tours, Des miracles de saint Julien, 47

[5] Carmen 22

[6] Ep. 8, 12

[7] cf. Sidoine, Ep. 8, 11 ; Ruricius, Ep 1, 3-5 ; 1, 10