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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEAu Ve et VIe siècle en Aquitaine.
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mardi 15 septembre 2020
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VIENT DE PARAITRE
mardi 15 septembre

Bernadette CABOURET

LA SOCIETE DE L’EMPIRE ROMAIN D’ORIENT : IVe-VIe SIECLE

On peut choisir d’étudier l’Empire romain par le biais des événements généraux et des vicissitudes militaires ou politiques, on peut faire l’histoire des grands hommes en suivant des sources antiques qui les ont privilégiés. Mais on peut aussi s’intéresser aux composantes anonymes de la société qui a incarné cette histoire. Les femmes et les hommes qui ont peuplé villes et campagnes de l’Orient romain sont ici présentés en une période particulière, celle de l’Antiquité tardive. Pourquoi l’Antiquité tardive ? C’est une époque de bouleversements et de profonds remaniements : le gouvernement impérial devient un dominat, l’Etat impose des contraintes qui sont vivement ressenties et l’économie se transforme, la séparation est consommée entre l’Orient et l’Occident et le christianisme modifie les comportements, les pensées, bref paraît irriguer et informer la société.

Éditeur : Presses Universitaires Rennes

ISBN : 978-2753579835

 
Un monde qui ploie.
dimanche 25 septembre 2016
par Pascal G. DELAGE
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Les Eglises d’Aquitaine sous la férule des rois de Toulouse

Après un énième changement d’alliance, l’empereur Honorius accorde en 418 aux Wisigoths le droit de résider en Aquitaine le long de l’axe Toulouse-Bordeaux et dans les cités d’Aquitaine Seconde (le traité – foedus - qui fera des Wisigoths des alliés officiels des Romains, ne sera signé que bien plus tard, en 439). En échange de ce cantonnement, les troupes du roi Wallia acceptent de devenir les « chiens de garde » de la romanité en Occident, un œil sur les Suèves et les Vandales qu’ils n’avaient pas complètement exterminés en Espagne, un autre sur le territoire romain gaulois fertile en usurpateurs et où couve la Bagaude, la face tournée vers l’Océan pour y arrêter Saxons et autres envahisseurs nordiques. En fait, les Wisigoths ne vont pas tarder à en profiter pour agrandir leur royaume en direction du nord et de l’est, portant rapidement leurs frontières sur la Loire et le Rhône entre 440 et 475.

Comme il a été rappelé, bien qu’ariens, les princes wisigoths ne mènent pas de persécutions violentes à l’égard des catholiques. Ce qui leur importe, c’est qu’il n’y ait pas d’unions matrimoniales entre leurs clans et les catholiques, c’est-à-dire avant tout les populations soumises et ce n’est que dans des circonstances extraordinaires qu’ils déportèrent des évêques qu’ils soupçonnaient d’entente ou de bienveillance avec leurs propres ennemis, qu’ils soient Burgondes ou Francs. C’est ce qui se produira pour Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont en 476, pour Volusianus et Vérus de Tours en 496 et 498 ou encore dans le cas de Césaire d’Arles en 506.

Pour le reste, les communautés catholiques peuvent s’organiser comme elles le veulent, mais dans des conditions très précaires. L’espace de l’évêque est réduit à sa cité. Il a un certain droit de regard sur les quelques églises rurales qui continuent à fonctionner avec parfois le risque de se voir enlever l’usage des bâtiments ecclésiaux s’il y a une colonie germanique pas trop loin comme l’illustre une anecdote rapportée par Grégoire de Tours. A Rions (Gironde), les prêtres ariens se sont emparés de l’église catholique pour y baptiser des enfants à l’occasion de la fête de Pâque (les enfants des familles catholiques ?). Le prêtre catholique décide alors de se transporter dans la villa qui jouxte l’église occupée par les Wisigoths et là, il y célèbre le baptême pour les familles qui sont restées fidèles à la tradition de Rome. Le jugement de Dieu est sans appel : les enfants baptisés par les ariens, une vingtaine en tout, meurent tous dans la semaine in albi contre un seul du côté catholique note, impartial, Grégoire de Tours [10].

 

[10] De la gloire des Confesseurs, 47