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Sahakanik, l’alliance du glaive et du temple
lundi 5 novembre 2012
par Pascal G. DELAGE
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Sahakanik était la fille unique de Sahak le Grand (355-448) et de son épouse d’origine grecque.

Devenu catholicos en 387 à la demande des grands d’Arménie, le fils de Nersès intervint activement dans la vie politique de l’Arménie divisée depuis 387 en deux entités dépendantes respectivement des Romains et des Perses.

C’est ainsi que grâce à son intervention le roi Yazdgard II fit cesser la persécution contre les chrétiens. En 425, le catholicos fut pourtant déposé pour des raisons politiques, ce qui ne l’empêcha pas de conserver une très forte autorité morale dans l’Eglise arménienne.

Il joua un rôle très important dans la création de l’alphabet arménien entreprise à sa demande par le moine Mesrob. Lui-même se consacra à la traduction des textes de l’Ecriture et des commentaires des Pères (son œuvre littéraire est malheureusement perdue).

Il donna sa fille en mariage à Hamazaspian Mamikonéan (un autre fils de Manvêl), le général en chef du roi Veramchapouh. Ce roi était un cousin éloigné du roi Pap et avait été nommé roi d’Arménie par le Shah des shahs, Vahram IV (388-399) pour régner sur l’Arménie perse. Avec Sahakanik prenait fin la lignée des catholicos issus en ligne directe de Grégoire l’Illuminateur.

Un roi d’origine perse fut imposé aux Arméniens par Yazgard Ier (399-420) quand disparut vers 416 le roi Khosrov (frère de Veramchapouh).

Sahakanik avait donné trois garçons à son époux, Hemayack, Hamazaspian et Vardan, qui fut nommé stratélate par Théodose II lors d’une ambassade qu’il conduisait à Constantinople. Ses frères se virent interdire l’accession au catholicossat par Sahak lui-même avant sa mort (448).

D’une part, cela aurait représenté une entorse considérable aux règles normales de succession qui se transmettent uniquement par les hommes.

Par ailleurs, les fils de Sahakanik ne pouvaient cumuler les charges incompatibles de catholicos et de généralissime, de la prière et du glaive.

Après Sahak le Grand, le patriarcat devint électif.

Sahakanik était probablement décédée en 438 car c’est sa bru Destrick, l’épouse de Vardan, qui procéda à l’inhumation de Sahak le grand.

En 439, Yazgard II exigea des Arméniens qu’ils apostasient. Le peuple fit bloc dans sa révolte mené par les nakhahars. Commandés par l’un des fils de Sahakanik, Vardan Mamikonian dit Vardan le Rouge, ils se préparèrent à 60 000 à affronter les 300 000 hommes du roi de Perse.

Après une première victoire à Khaghkhagh, ils furent massacrés lors de la bataille historique de l’Avaraïr (2 juin 451). La noblesse fut entièrement décapitée, l’Arménie fut livrée aux Perses mais déjà un petit-fils de Sahanik travaillait au relèvement de son peuple.

Statue de Mesrop devant le Matèdanaran (Erevan)

Contemporain de Sahanik, Mesrop Machtots (mort en 441) était un officier de la cour des rois arsacides lorsqu’il décida d’entrer dans le clergé chrétien et entreprit d’évangéliser la région de Goght’en. Convaincu que la conversion des païens serait facilitée par la traduction arménienne des Évangiles, il s’en ouvrit au patriarche Sahak. L’alphabet inventé par un évêque syrien appelé Daniel ne lui semblant pas adéquat, Machtots se livra lui-même à des recherches en Syrie dans le but de concevoir un meilleur système. Les spécialistes placent la date de cette invention capitale entre 392 et 406.