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Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESLes Mères d’Arménie
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Zarmandukht, la sage régente
vendredi 5 octobre 2012
par Pascal G. DELAGE
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Après la capture et l’exécution par les Perses du roi Aršak II (368/69), son épouse Pʻaranjem avait eut le temps de faire conduire le prince héritier Pap alors à peine âgé d’une quinzaine d’années en lieu sûr, c’est–à-dire en territoire romain, à Néocésarée dans la province du Pont (Turquie du nord).

Il n’y resta pas longtemps car malgré le peu d’estime que lui portaient les Romains, ils le remirent sur le trône de ses ancêtres pour contrer l’offensive perse en s’appuyant sur la famille des Mamikonean.

Si les sources anciennes, tant arméniennes comme le Buzandaran ou Moïse de Khorène que romaines (Ammien Marcellin) insistent sur la vie dissolue du jeune prince et de son immoralité (homosexualité), il donna pourtant deux enfants, Arsace et Valarchak, à Zarmandukht qu’il épousa à son retour en Arménie.

S’opposant tant aux nakhahars qu’au grand catholicos Nersès qui lui reproche ses écarts de conduite et qu’il finira par faire empoisonner en 373, la conduite de Pap inquiétait de plus en plus les généraux romains chargés de la « protection » byzantine.

En 374, le jeune roi (il n’a pas 25 ans) est capturé traîtreusement par le comes Terentios, et Zarmandukht est emmenée avec ses enfants en direction du territoire romain.

Un autre prince arsacide est mis à la tête de l’Arménie, Varazdat. Après la défaite de ce dernier prince par Manvêl Mamikonean (378) qui mena contre lui une guerre personnelle pour venger l‘assassinat du sparapet (connétable) Musel Mamikonean, son parent, le général vainqueur réclama aux Romains le retour de l’ancienne reine pour gouverner l’Arménie en assurant la régence avec elle au nom des deux petits princes.

L’année suivante, l’empereur Théodose Ier confirma ce coup d’état des Mamikonean (Buzandaran, 5, 37) et la reine put alors se faire reconnaître du Shah des Shahs, Artashir II qui venait juste de succéder au vieux Shappur II.

Le roi de Perse donna aussi son accord à cet état de fait et il envoya comme présent à Zarmandukht un « diadème, des vêtements et un voile ». La reine était toujours auprès de ses enfants lors de la révolte d’un prince arménien Méhroujan Artsrouni vers 383 et qui se conclut avec l’exécution du nakhahar félon. Toutefois elle est absente de la cour royale en 385 quand y meurt de maladie - et pour sa plus grande honte car un sparapet ne peut mourir qu’au combat ! - Manvêl Mamikonean.

Le prince cadet Valarchak mourut en 386. Arsace III qui lui avait épousé Varmandukht, une fille de Manvêl Mamikonean, régna jusqu’en 389/90, dernier prince arsacide de la lignée de Tiridate IV, le premier roi chrétien d’Arménie.

L’un et l’autre des fils de Zarmandukht ne devaient pas avoir 20 ans. Théodose Ier et le roi sassanide décidèrent alors de la partition du royaume d’Arménie, la partie occidentale étant purement et simplement annexé à l’Empire romain.

Ensemble palatial de Dvin
Sous Xosrov II (330-338), la capitale arménienne fut transférée de Vagharchapat à Dvin, cette cité étant réputée pour son climat. Haut-lieu de l’histoire ancienne de l’Arménie, la basilique de Dvin (au premier plan) fut le siège d’un concile au début du VIe siècle qui affirma l’indépendance de son Eglise.
Chapiteau paléochrétien (musée de Dvin)

Plusieurs fois prise, détruite, reconstruite et définitivement rasée par les Mongols au XIIIe siècle, Dvin n’est pourtant aujourd’hui qu’un vaste champs de ruines. Pourtant quelques chapiteaux, des reliquats de mosaïques et autres maigres vestiges ayant échappé aux ravages du temps et des hommes attestent de l’ancienne splendeur de Dvin.