Caritaspatrum
Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESLes Mères d’Arménie
Dernière mise à jour :
jeudi 25 mai 2017
Statistiques éditoriales :
775 Articles
1 Brève
73 Sites Web
25 Auteurs

Statistiques des visites :
12 aujourd'hui
326 hier
448053 depuis le début
   
Hamazapuhi ou le drame des Nakhahars
mercredi 5 septembre 2012
par Pascal G. DELAGE
popularité : 7%

Hamazapuhi appartenait à la caste des naxarars (les nobles) et plus spécialement à la grande famille des Mamikonian qui recevaient de façon héréditaire la charge de sparapet (connétable) du roi d’Arménie.

Fille d’Hamazasp Mamikonian (Vie de Saint Nersès, 2), ses quatre frères furent intimement mêlés à l’histoire de leur pays sous Arsace II (350-367). Alors que Vardan et Vasak jouèrent un rôle déterminant dans les querelles dynastiques qui aboutirent au meurtre du prince arsacide Genêl (l’époux de Parandzem), leurs frères Hamazaspan et Bagos trouvèrent la mort en repoussant l’invasion sassanide de 363 qui fit suite à la défaite et la mort de l’empereur Julien en Perse.

Il s’ensuivit une période de confusion où Shapur II envoya contre l’Arménie Vahan Mamikonian, le propre-demi frère d’Hamazaspuhi aux alentours des année 367/368. La princesse mamikonian avait épousé Garegin II prince de Rstunik (un canton au sud du lac de Van). Elle fut arrêtée par les Perses dans ses terres de Tops et conduite à Van :

Vahan avait une belle-sœur, issue de la race des Mamikonian, sœur de Vartan. Lors de l’invasion du roi Shapur en Arménie, Garegin, la laissant dans la citadelle de Van, canton de Tosp, s’enfuit. Mais l’impie Vahan et Méroujan envoyèrent l’ordre aux chefs de garnisons, de contraindre cette femme à accepter la loi du mazdéisme, et au cas où elle s’y refuserait, de la tuer, en l’attachant au sommet de la plus haute tour. Hamazaspuhi, ayant refusé de se soumettre à cet ordre, fut conduite sur la tour qui s’élève au plus haut sommet du rocher et regarde le lac du côté du fleuve.

Là elle fut mise à nu, comme au moment où elle est sortie du sein de sa mère, et, après qu’on lui eut lié les pieds, on la suspendit au sommet de la tour, la tête en bas. C’est ainsi qu’elle mourut sur le gibet. Hamazaspuhi avait le corps très blanc et excessivement beau ; par conséquent il y avait une foule de monde qui se réunissait chaque jour pour le contempler comme un objet digne d’admiration.

A la vue de la princesse Hamazaspuhi, une femme qui avait été jadis sa nourrice, ayant mis un manteau appelé anguiough, et s’étant ceinte d’une ceinture, se plaça au pied du rocher où était la tour, à laquelle était suspendu le corps de la princesse, jusqu’à ce que son corps se détachât par lambeaux.

A mesure que les os tombaient, elle les rassemblait tous dans son sein ; cette femme retourna ensuite parmi les siens (Buzandaran 4, 59 ; cf. encore 5, 37) .

Les restes de l’infortunée princesse furent par la suite ensevelis auprès de la martyre Hrispimè à Joroy (près de l’actuelle Edjmiatzin). Cependant il semble bien que la princesse mamikonian n’ait pas été la seule à servir d’otage et que d’autres femmes de l’aristocratie furent exécutées lors du retour au pouvoir du jeune roi Pap par les factions hostiles aux Arsacides (Moïse de Khorène, Histoire de l’Arménie 3, 36).

Cité de Van

Ruines de la forteresse de Van (Turquie) sur la rive orientale du lac homonyme. Place-forte importante du royaume de Ourartou (IXe-VIe avant J.-C.), Van est connue de Ptolémée qui l’appelle Biainai (5, 12, 10) et de Diodore de Sicile sous le nom de Thospia.
Lac de Van

Encore connue comme la cité de Sémiramis, Van appartenait au IVe siècle à la maison des Rstunik mais après le sac de 363, une grande partie de sa population fut déportée en Perse tout comme la totalité de sa communauté juive. Mais Van devait connaître encore des heures prestigieuses.