Caritaspatrum
Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESLes Mères d’Arménie
Dernière mise à jour :
vendredi 15 décembre 2017
Statistiques éditoriales :
791 Articles
1 Brève
73 Sites Web
34 Auteurs

Statistiques des visites :
385 aujourd'hui
365 hier
508390 depuis le début
   
Sanduχt, l’épouse d’un catholicos réformateur
dimanche 5 août 2012
par Pascal G. DELAGE
popularité : 10%

Membre d’une des toutes premières familles d’Arménie, les Mamikoneans, Sanduχt était la fille de Vardan Ier Mamikonéan (v. 305-365) et fut donnée en mariage vers 350 à Nersēs, le fils d’At’anaginēs et de la princesse arsacide Bambišn, une soeur du roi Tiran.

Nersēs fut catholicos d’Arménie de 353 à 373, étant le seul descendant mâle de l’apôtre de l’Arménie, Grégoire l’Illuminateur.

Pasteur exemplaire, éduqué à Césarée de Cappadoce, il réforma en profondeur l’Eglise arménienne : toutes les bonnes institutions qu’il avait vues au pays des Grecs, spécialement dans la capitale impériale, il les reproduisit dans notre pays. Ayant convoqué un synode d’évêques ainsi que de laïcs, il régla les œuvres de charité par des dispositions canoniques, extirpant jusqu’à la racine de la cruauté qui était la coutume naturelle de notre pays… Ainsi Nersēs ordonna de construire dans chaque canton des hospices, à l’écart, dans des lieux retirés [à cause de la contagion], pour soulager, à l’instar des hôpitaux grecs, ceux qui souffraient dans leur chair. Il leur assigna des bourgs et des fermes, astreints à prélever une part des revenus de leurs champs, du lait et de la laine de leurs troupeaux, pour subvenir à leurs besoins, en se tenant à distance, tandis que les malades eux-mêmes n’avaient pas le droit de sortir de leurs domaines… De même, il ordonna de construire des hostelleries dans tous les villages afin d’y recevoir les étrangers et pour servir de lieux pour nourrir les orphelins et les vieillards et réconforter les indigents. Il construisit aussi, en des endroits désert et inhabités, des couvents de frères, des ermitages et des huttes pour les solitaires (Moïse de Khorène, 3, 20).

Nersēs lutta aussi contre les mariages consanguins et d’autres traditions ancestrales comme les sacrifices faits aux morts.

Ordonné évêque en 353 contre son gré (mais il s’agit là d’un topos hagiographique), Nersēs intervint en faveur du roi Aršak II, son cousin, lors de la grande révolte des dynastes en 358. Il en fut bien mal récompensé : Aršak le déposa en 359 tant en raison de son attachement à l’orthodoxie nicéenne que de ses liens avec le clan Mamikonéan, le roi arménien ayant dû s’aligner sur les positions ariennes de Constance II.

La rupture devint inévitable à la suite des meurtres de prince Gnêl et de la reine Olympias en 361. Rappelé en 369 après la capture du roi par les Perses et la mort de la reine P’randzem, Nersès s’opposa à nouveau au jeune roi Pap, rétabli sur le trône d’Arménie par les Romains en le réprimandant ouvertement pour ses vices : Pap le fit empoisonner en 373 alors que l’évêque se tenait au village de Khakh.

L’épouse de Nersēs porte le nom d’une princesse arménienne, contemporaine des apôtres Thaddée et Addée et martyrisée avec eux selon les traditions arméniennes (Moïse de Khorène, 2, 34). Selon la Vie de Nersēs, 2, texte qui seul donne le nom de la princesse Mamikonean, Sanduχt mourut vers 353 en donnant naissance à l’unique héritier de Nersēs, Sakak, qui devint à son tour catholicos d’Arménie de 387 à 448.

Moïse de Khorène se fait l’écho d’une autre tradition selon laquelle l’épouse de Nersēs aurait été une Grecque de Constantinople, « fille du très noble Aspion » (Histoire, 3, 16) mais il est vrai que Moïse de Khorène n’hésitait jamais à rabaisser la famille des Mamikoneans, une famille rivale de son princier protecteur, et qu’il a pu confondre, volontairement ou non, la « fille d’Aspion » avec Olympias, la fille d’Ablabios, le grand préfet du prétoire de Constantin, et épouse du roi Aršak II.

Stèle funéraire Sissian

Stèle funéraire (époque médiévale) représentant une femme à la grenade et dressée près de l’église Saint-Jean de Sissian. Cette dernière église, l’une des plus anciennes d’Arménie, fut fondée avant 584 par la princesse Varazdukht et l’évêque Vertanès du Siounik.
église de Zvarnots

Symbole ancestral de l’Arménie au côté de la grappe de raisin, la grenade orne les rinceaux de l’audacieuse cathédrale de Zvartnots dont la renommée attira même le basileus Constantin II lors de sa consécration en 652.