Caritaspatrum
Accueil du siteLES PETITES JOURNEES DE PATRISTIQUEMartin de Tours et l’évangélisation des campagnes de l’Ouest.Martin de Tours au pays des Santons
Dernière mise à jour :
jeudi 20 avril 2017
Statistiques éditoriales :
771 Articles
1 Brève
73 Sites Web
25 Auteurs

Statistiques des visites :
273 aujourd'hui
176 hier
438782 depuis le début
   
L’étape à Nieul-lès-Saintes
mercredi 1er octobre 2008
par Pascal G. DELAGE
popularité : 7%

Dans le pagus de Saintes se trouve le village de Nieuil, où saint Martin, pendant sa vie corporelle, rencontra un homme qui portait de l’eau dans un petit vase. Le puits d’où il tirait cette eau était situé dans une vallée à la distance d’environ mille pas du village, et les habitants allaient y chercher l’eau. Alors l’homme de Dieu dit à celui qui transportait ainsi l’eau : « Tends ta main, très cher, je te prie, et veuille donner un peu d’eau à boire à l’âne que je monte ». L’homme répondit : « Si tu as besoin d’abreuver ta bête, va au puits, et donne-lui ce que tu auras puisé toi-même. Pour ma part, je ne vais pas te donner ce que j’ai pris la peine de transporter ». Et ce disant, il passa. Il s’était déjà éloigné, qu’aussitôt arriva une femme qui portait elle-aussi de l’eau dans une jarre. L’homme de Dieu lui adressa les mêmes paroles. Celle-ci répondit sur-le-champ, comme autrefois Rébecca entendant l’envoyé de Dieu : « Je te donnerai à boire, et à toi et à ton âne, et ce ne sera pas une peine pour moi que d’en puiser encore, pourvu que ta volonté soit faite, toi qui voyages exposé au besoin ». Et, déposant la jarre qu’elle tenait dans les bras, elle donna à boire à l’âne. Cela fait, elle puisa de l’eau encore une fois, remplit sa jarre, et reprit le chemin du village. Le saint la suivait, et lui dit : « Je te rendrai un service en récompense pour avoir abreuvé mon âne ». Et mettant les genoux à terre, il pria le Seigneur de faire jaillir une source en cet endroit. Dès qu’il eut terminé sa prière, la terre s’ouvrit et fit voir au peuple émerveillé une source immense qui, aujourd’hui encore, rend service aux habitants de ce pays. Au bord de cette source se trouve en témoignage de ce prodige une pierre qui a gardé l’empreinte des pas de l’âne sur lequel était monté le saint pasteur.

Grégoire de Tours, Livre des Miracles de saint Martin, IV, 31.

Rien n’est dit du contexte de cette présence de Martin à une dizaine de kilomètres à l’ouest de la cité de Saintes. C’est par pure hypothèse que nous pouvons relier ce passage de l’évêque Martin à Nieul-lès-Saintes (s’il a effectivement eu lieu ! ) à sa venue, elle bien plus probable, au concile de Bordeaux en 384 ou devaient être jugés les cas des évêques hispaniques Instantius et Priscillien d’Avila. C’est peut-être encore à ce même périple en Aquitaine de l’évêque tourangeau que doit être rattachée l’inhumation à Blaye de prêtre Romain (Grégoire de Tours, De la Gloire des Confesseurs, 46), demeurant ouverte la question du clergé auquel appartenait le clerc enterré par Martin : presbyterium de Bordeaux, de Saintes (Blaye est un vicus frontalier) ou de Tours si Romain avait été un des compagnons de route du vieil évêque ?

 
Articles de cette rubrique
  1. L’étape à Nieul-lès-Saintes
    1er octobre 2008