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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les pauvres
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jeudi 25 mai 2017
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Les Pères et les pauvres : les communications
jeudi 8 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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Sébastien BEAU (Concertation Solidarité 17), La parole des pauvres et droit à la citoyenneté dans la société aujourd’hui.
La parole des pauvres est-t-elle constitutive du droit à la citoyenneté ? Dans la société d’aujourd’hui, la parole du démuni participe-t-elle à la construction d’une société démocratique, juste, équitable ; mais aussi moderne, technique, médiatique ? Le pauvre devient citoyen quand sa parole est accueillie, écoutée, force de participation. Souvent ses propos sont exhibés, utilisés, instrumentalisés ou simplement étouffés. Lorsque le pauvre n’a plus qu’un droit, celui de se taire, la société régresse et la démocratie recule. Lorsque la parole des pauvres s’est tue, les pierres des cathédrales crient-elles ? A quelles conditions la Parole des pauvres devient-elle constitutive d’un droit du frère ?

Catherine BROC-SCHMEZER (Université de Bordeaux), Pauvreté et spiritualité chez Jean Chrysostome.
Jean Chrysostome est l’une des premières voix qui marqueront l’engagement de l’Eglise en faveur des pauvres, et ce qui frappe ici n’est peut-être pas tant l’originalité de son discours que sa radicalité. Aussi le prédicateur incite-t-il sans cesse ses auditeurs à pratiquer l’aumône dans laquelle il ne voit pas seulement l’instrument d’une redistribution plus équitable des richesses, mais une véritable expérience spirituelle qui permet de rencontrer le Christ – au même titre que l’eucharistie. Mais sa dimension quasi sacramentelle fait que l’aumône n’est pas seulement recommandée au riche : elle est tout aussi indispensable au pauvre, qui, paradoxalement peut-être, est le seul à pouvoir la pratiquer dans sa plénitude et qui, à ce titre, est un maître en spiritualité. Nous le verrons autour d’une figure biblique chère à Chrysostome : celle de la veuve aux deux oboles (Lc 21, 1-4 ; Mc 15, 44).

Aline CANELLIS (Université de Reims – Champagne), Maxime de Turin et les pauvres.
A la fin du 4e et au début du 5e s., au moment où les invasions barbares font rage, Maxime, l’évêque de Turin, aborde, dans ses Sermons, le thème de la pauvreté sous différents angles : la pauvreté matérielle, à laquelle doivent faire face les malheureux de sa communauté, peut trouver un remède dans la générosité des nantis qui, s’ils ne versent pas dans la cupidité ou l’avarice, prodiguent leurs aumônes. Si cette pauvreté, proche de l’ascétisme, est louable aux yeux du Christ, inversement, la pauvreté morale ou spirituelle, entachée souvent de vice ou d’hérésie, ne mérite que les blâmes de l’évêque. C’est toutefois avec plus de bienveillance et de compassion, d’affection même et d’élégance, que de verve polémique et satirique, que Maxime tente de ramener ses ouailles dans le droit chemin. Parmi les exemples bibliques qu’il évoque se dégagent de grands modèles exégétiques comme Jean Baptiste ou Zachée.