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Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESMarie-Madeleine, témoin et apôtre
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vendredi 15 décembre 2017
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« Noli me tangere » : le contact par la foi
mardi 15 septembre 2015
par Emilien LAMIRANDE
popularité : 27%

La littérature apocryphe ou hétérodoxe visait à prolonger les Évangiles ou à compléter la révélation. Le discours des Pères ou des autres écrivains ecclésiastiques sera, lui, « résolument biblique [1] ». Leur exégèse, dans des commentaires suivis ou des sermons, inspirée par la recherche du sens, se transforme en théologie. Leur attention est encore centrée, dans le cas de Marie-Madeleine, sur son rôle de témoin de la résurrection. Pourtant ils ont été sévèrement accusés d’avoir obscurci l’image que présentaient d’elle les Évangiles et les gnostiques. Ainsi, J. Schaberg, dans un ouvrage par ailleurs de haut niveau, laissait entendre récemment, que les Pères, sans directement répondre aux gnostiques, avaient de façon subtile ou sournoise bien préparé Grégoire le Grand et la légende de la « redeemed whore [2] ». Il y a des explications à un tel raccourci. A. G. Hamman déplorait en 1968 l’absence presque totale d’études patristiques sur la résurrection. Quelques travaux récents laissent heureusement présager une réévaluation de ce que les anciens auteurs ecclésiastiques nous ont transmis à propos de Marie-Madeleine [3]. Sans nullement prétendre à un bilan exhaustif, nous présentons ici des éléments représentatifs de la façon dont ils ont perçu le rôle de Marie-Madeleine en faisant ressortir trois moments d’une expérience qu’ils ne cessent de s’expliquer : la nécessité pour elle du dépassement dans la foi ; sa mission d’annonciatrice ou d’apôtre de la résurrection ; le renversement effectué grâce à elle qui permet de la qualifier de Nouvelle Ève.

 

[1] Cf. Fr. Bovon, Le privilège de Marie-Madeleine, pp. 52 et 58.

[2] J. Schaberg, op. cit., p. 87 : « With these preparations, Mary Magdalene is already nicely reduced and demeaned ».

[3] A.-G. Hamman, « La résurrection du Christ dans l’antiquité chrétienne », dans Revue des Sciences Religieuses, 42 (1968), p. 1. P.-M. Guillaume, sans distinguer ce qui appartient à la pécheresse de Luc de ce qui concerne la Madeleine, offre encore un utile aperçu d’ensemble : art. Marie-Madeleine (sainte), dans Dictionnaire de spiritualité, 10, col. 563-569 ; R. Atwood, Mary Magdalena in the New Testament Gospels and Early Tradition, Bern, etc., Peter Lang, 1993, chapitre « Mary Magdalene in Early Tradition (1st to 6th Century Patristics) », s’attache encore, à la suite de Lagrange et de Holzmeister, à l’identité de Marie-Madeleine ; E. Synek, « Die andere Maria ». Zum Bild der Maria von Magdala in den östlichen Kirchentraditionen, dans Oriens Christianus, 79 (1995), pp. 181-196, s’arrête avec grande compétence à des témoins des VIe et VIIe siecles et à des textes liturgiques ; R. Nürnberg, « Apostolae apostolorum. Die Frauen am Grab ab erste Zeuginnen der Auferstehung in der Vaterexegese », dans Stimuli. Exegese und ihre Hermeneutic in Antike und Christentum (Jahrbuch für Antike und Christentum, Erganzungband 23), 1996, pp. 228-242, constitue sans doute, sur le sujet, l’étude la plus pénétrante ; A. Jensen, « Maria Magdalena. Traditionen der frühen Christenheit », dans D. Bader, dir., Maria Magdalena. Zu einem Bild der Frau in der christlichen Verkündigung, Munich, Schnell et Schneider, 1990, pp. 33-50, d’un genre engagé et marqué par l’identification de Marie-Madeleine à la pécheresse de Luc 7, présentait des points de vue très personnels.