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Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESMarie-Madeleine, témoin et apôtre
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jeudi 30 mars 2017
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Données évangéliques
mercredi 15 juillet 2015
par Emilien LAMIRANDE
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En s’appuyant sur les Actes, on aime faire commencer l’Église avec la mission donnée par le Christ avant l’Ascension aux apôtres, c’est-à-dire aux Douze : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Cependant si, comme le suggérait Élizabeth Moltmann-Wendel, on suivait plutôt l’évangile selon Matthieu (28, 1-11), on obtiendrait ceci :

L’histoire de l’Église commence lorsque quelques femmes se mettent en route pour aller rendre un dernier hommage à leur ami mort, Jésus. […] L’histoire de l’Église commence lorsque Jésus vient à elles, les salue, les laisse le toucher. L’histoire de l’Église commence lorsqu’il est dit aux femmes de partager avec les hommes cette expérience [1]…

Plusieurs femmes se sont trouvées dans l’entourage immédiat de Jésus [2]. D’autres ont tenu dans les premières communautés une place d’ailleurs parfois surestimée ou, surtout, mésestimée. Parmi les premiers à aborder la question, se sont opposés L. Zscharnak, qui s’efforçait de les valoriser à partir de données provenant de la grande Église comme de groupes marginaux, et G. Fangauer qui, en recourant à la distinction en partie anachronique de l’officiel et du privé, leur déniait d’avoir été reconnues comme missionnaires ou d’avoir dispensé un enseignement de type institutionnel (« sie aber niemals zu amtlichen Missionarinnen gemacht [3] »). À un moment fondateur du Christianisme, la fonction exercée par Marie-Madeleine comme disciple, témoin et apôtre permet de revendiquer un modèle éminent de vocation féminine. Si le sujet oblige à retourner aux Évangiles, l’essentiel de notre démarche va s’articuler autour de la littérature chrétienne entre le IIe siècle et l’époque de Grégoire le Grand [4]. Cette première partie inclut un survol des écrits apocryphes ou gnostiques alors que la seconde portera exclusivement sur l’interprétation patristique.

 

[1] E. et J. Moltmann, Dieu, homme et femme, Paris, Cerf, 1984, p. 127.

[2] Cf. M. Hengel, Maria Magdalena und die Frauen als Zeugen, dans O. Betz, etc., éd., Abraham unser Vater… Festschrift für O. Michel, Leiden-Köln, Brill, 1963, pp. 243-248. D’un caractère plus général, parmi nombre d’études : C. Ricci, Maria di Magdalena e le molte altre : Donne sul cammino di Gesù, Naples, M. D’Auria, 1991 (trad. anglaise, 1994) ; L. Aynard, La Bible au féminin. De l’ancienne tradition à un christianisme hellénisé, Paris, Cerf, 1990, pp. 195-212.

[3] L. Zscharnak, Der Dienst der Frau in den ersten Jahrhunderten der christlichen Kirche, Göttingen, Vandenhoeck et Ruprecht, 1902 ; G. Fangauer, Stilles Frauenheldentum oder Frauenapostolat in den ersten drei Jahrhunderten des Christentums, Münster i. W., Aschendorff, 1922, pp. 124-125.

[4] Abondante bibliographie colligée par A. G. Brock dans F. Stanley Jones, éd., Which Mary ? The Marys of Early Christian Tradition, Leiden-Boston, Brill, 2003, pp. 121-130 ; cf. F. Bovon, Mary Magdalene in the « Acts of Philip », Ibid., p. 79, n. 19.