Palladius d’Hélénopolis
Histoire lausiaque
samedi 10 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

A Ancyre de Galatie, dans la ville même, j’ai rencontré le très éminent Vérus, un ancien comte que j’ai longtemps fréquenté ainsi que sa femme Bosporia. Ils parvinrent à un tel degré d’heureuse espérance que contemplant les biens à venir grâce au travail ascétique, ils dupèrent même leurs enfants.

En effet, ils ne cessèrent de dépenser les revenus de leurs domaines pour soulager les pauvres bien qu’ils aient quatre fils et deux filles à qui ils ne concédèrent pas même un pied de vigne, sauf aux filles lorsqu’elles se marièrent, leur répétant : « Quand nous aurons quitté cette vie, tout sera à vous ».

Mais ils continuaient cependant à mettre en lieu sûr les revenus de leurs biens et les partageaient entre les églises de la ville et les villages. Cette action est certes vertueuse, mais celle-ci également : il y eut une famine telle qu’elle poignait le coeur. Et parce qu’ils fournirent en blé sur leur réserve de nombreux villages pour nourrir ceux qui souffraient de faim, ils ramenèrent les hérétiques à l’orthodoxie.

Palladius d’Hélénopolis, Histoire Lausiaque, 66, 1-2.