Cyprien de Carthage
De la bienfaisance et de l’aumône
vendredi 9 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

Si vraiment tu es riche et dans l’abondance, achète au Christ un or flamboyant, et tes haillons flamberont, tu te convertiras en or massif, si tu te purifies par l’aumône et les œuvres de justice. Achète-toi une tunique blanche : tu as été comme Adam, nu, l’air misérable, et tu seras revêtu de la blancheur du Christ.

Et toi, matrone dans l’Eglise du Christ, tu es riche et fortunée, oins tes yeux non avec le rimmel du diable mais avec le collyre du Christ, afin de te permettre de contem­pler Dieu, en te rendant digne de lui, par tes oeuvres et ton comportement. Telle que tu es, tu ne peux oeuvrer dans l’Eglise. Tes yeux sont tellement peints et noirs de rimmel, qu’ils t’empêchent de voir le pauvre et le nécessiteux, aveuglée que tu es dans les ténèbres de ta nuit.

Tu es riche et fortunée : tu t’imagines célébrer la Cène du Seigneur, toi qui viens à la célébration, sans prendre en considération le corban (Mc, 4, 11) [l’offrande], tu viens à l’eucharistie sans apporter ta part et tu manges la part qu’un pauvre a apportée.

Cyprien de Carthage, De la bienfaisance et de l’aumône, 14-15.