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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et la chair
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mercredi 5 août 2020
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Présentation des communications
jeudi 25 août 2011
par Pascal G. DELAGE
popularité : 3%

DIMANCHE MATIN : ACTUALISATION ET PERSPECTIVES

- Jean-Claude LARCHET (patrologue et théologien orthodoxe).

La valorisation du corps dans la théologie, l’anthropologie et la spiritualité patristiques.

Une fois dissipée la confusion entre le corps et la chair, il apparaît que les Pères ont fortement valorisé le corps, depuis une conception de la création où le corps est considéré comme fait lui aussi à l’image de Dieu, jusqu’à une représentation de la vie future à laquelle le corps est appelé à participer, en passant par une conception de la personne humaine comme composée indissociablement d’une âme et d’un corps. Cette valeur exceptionnelle reconnue au corps est sans aucun doute liée à ce qui constitue le fondement même du christianisme, à savoir l’Incarnation, c’est-à-dire que le Fils de Dieu a pleinement assumé non seulement l’âme humaine mais le corps humain, sauvant et déifiant ainsi l’être humain comme un tout. L’ascèse, qui vise à libérer l’homme de la chair, ne veut par là que mieux donner au corps la possibilité de mener un mode d’existence spirituel conforme à sa vraie nature et à son vrai destin, et de recevoir pleinement, avec l’âme, les fruits de la vie en Christ.

- Annie WELLENS (écrivain, directrice de collection aux éditions du Cerf).

Du discernement œnologique chez les Pères de l’Église. Boire ou se bien conduire, faut-il choisir ?

Une promenade dans les vignes du Seigneur, à travers les textes bibliques et patristiques, donne le vertige à tout lecteur de bonne volonté, pris entre deux vins, celui de l’intempérance générant des conduites mortifères et celui de la sobre ivresse, annonciateur du banquet eschatologique préfiguré par la coupe eucharistique. Au fil des siècles suivants, le péché d’ivrognerie sera abondamment disséqué dans les Dictionnaires de cas de conscience à mesure (ou à la démesure) du développement de la casuistique. Mais le désir intempérant ne concerne pas seulement le vin. Les excès d’ascèse, de lecture allégorique, de moralisme rigoriste (liste non exhaustive), apparaissent comme des conduites à risques pour nombre d’auteurs spirituels. « Mieux vaut boire du vin en accord avec la raison que de l’eau en ayant l’esprit obscurci par l’orgueil », avertissait déjà Pallade d’Hélénopolis dans son Histoire Lausiaque.

- Véronique MARGRON (Institut Catholique de l’Ouest).

Aujourd’hui les chrétiens au risque du corps : entre crainte et désir.

Après avoir étudié pas à pas les relations entre le christianisme et le corps au cours de l’histoire, qu’en dire aujourd’hui ? Notre communication s’attardera sur ce paradoxe toujours d’actualité : un corps réhabilité – jusque dans sa relation au plaisir, à la jouissance, mais aussi un corps craint, soupçonné, car non raisonnable, non maitrisable. Nous proposerons quelques éléments de compréhension de cette tension. S’ils relèvent de la théologie, ils s’ancrent aussi dans les ressorts psychiques qui sont en chacun et qui rendent bien souvent conflictuelle la relation que chacun entretient avec et dans son corps.