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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et la chair
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mercredi 5 août 2020
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Présentation des communications
jeudi 25 août 2011
par Pascal G. DELAGE
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SAMEDI APRES-MIDI : LA CHAIR COMME LIEU DU SALUT

- Marcel METZGER (Université de Strasbourg)

Sexualité et mariage dans les Constitutions apostoliques : la voie moyenne.

L’imposante compilation de règlements pastoraux intitulée Constitutions apostoliques (vers 380, Antioche) accorde une place notable aux questions posées par la vie chrétienne dans des sociétés où se côtoient des « Grecs », des Juifs et des chrétiens de diverses tendances : l’accès aux bains publics, les observances liées aux phénomènes physiologiques, l’éducation des enfants et les désordres de la jeunesse, le mariage et la fidélité conjugale, le remariage, les courants rigoristes et les tendances hédonistes, les incidences des doctrines hérétiques, l’ordre des veuves et l’ordre des vierges, etc. À propos de la sexualité et du mariage, le document dénonce les doctrines excessives, pour préconiser, au contraire, une attitude équilibrée. Il proclame la valeur positive de la sexualité et du mariage, en tant qu’œuvres de Dieu.

- Benoît GAIN (Université de Grenoble)

La défense du mariage en Asie Mineure et en Syrie au IVe siècle.

On a trop souvent réduit la pensée des Pères de l’Eglise à l’exaltation de la continence et de la virginité. Mais leur recommandation du « renoncement à la chair », présentée par certains modernes de manière excessive du fait de leur ignorance ou parfois de leur malveillance, ne correspond pas à la réalité historique. Les Pères en effet ont su défendre la valeur et la sainteté du mariage contre ses détracteurs. On se limitera ici à l’Asie Mineure et à la Syrie du IVe siècle, régions où des groupes de fidèles ou d’ascètes, plus ou moins imprégnés d’encratisme, ont dénigré le mariage (et accessoirement certains aliments), jusqu’à en prôner l’abstinence totale. Les évêques de la Grande Eglise se devaient de réagir, comme ils l’ont fait au concile de Gangres, et de maintenir une voie médiane entre des excès opposés.

- Dominique LHUILLIER-MARTINETTI (Université de Rennes 2)

Le mariage et l’inflexion chrétienne

On aimerait pouvoir mesurer l’écart qui sépare le discours des Pères sur le mariage et les pratiques réelles des familles. Toutefois, par manque de données quantitatives (sur les divorces, les remariages…), la recherche tourne court assez rapidement. Il est alors plus intéressant de tenter de mesurer non pas l’écart, mais l’absence d’écart qui existe curieusement sur certains sujets, notamment l’âge de la nubilité des filles dans les écrits d’Ambroise de Milan. Alors qu’Ambroise et ses contemporains voient bien dans la fille de douze ans une enfant, aucune voix ne s’élève pour dénoncer des mariages trop précoces dont la réalité est attestée par l’épigraphie. C’est ce silence qu’il convient d’interroger.

- François-Xavier BERNARD (Université de Paris IV – Sorbonne)

Le corps malade et les pratiques médicales dans l’œuvre d’Augustin.

L’œuvre abondante d’Augustin fournit de nombreux indices sur les pratiques médicales de son temps et nous aide à comprendre le point de vue de l’Eglise d’Afrique sur le problème de la maladie, qui est au cœur des préoccupations quotidiennes des chrétiens. Comment l’Eglise se positionne-t-elle par rapport au problème de la maladie et de la santé corporelle ? Quelles formes de thérapie préconise-t-elle ? La foi chrétienne est-elle en « concurrence » avec la médecine et les diverses pratiques magiques et superstitieuses destinées à guérir ou à prévenir la maladie ?

- Pierre DESCOTES (Université de Paris IV – Sorbonne)

Nihil est animae sua carne propinquius : les rapports entre la chair et l’âme selon saint Augustin.

Un des grands reproches que l’évêque pélagien Julien d’Eclane a adressé à Augustin est d’être toujours resté sous l’influence du manichéisme, qui méprisait le corps et professait une dualité radicale, une hostilité irréductible entre la chair et l’âme. Et pourtant, quand on étudie la conception que développe Augustin dans sa maturité de penseur, on constate que c’est probablement justement parce qu’il avait, dans sa jeunesse, trop bien connu les conceptions manichéennes qu’il a par la suite soutenu la thèse d’une unité essentielle, d’une forme de coopération et de partenariat entre le corps et l’âme. C’est à travers l’étude d’une « lettre-traité » d’Augustin (la lettre 140 De gratia testamenti noui) qui permet de considérer en un seul regard les deux controverses, pélagienne et manichéenne (parce qu’elle est rédigée au moment où se font entendre les premiers échos de la l’agitation provoquée par Célestius à Carthage, et très probablement adressée à un ancien manichéen, ami de jeunesse d’Augustin) que nous essaierons de montrer la place qu’Augustin accorde au corps dans le salut de l’homme.