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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et la chair
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jeudi 30 juillet 2020
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Présentation des communications
jeudi 25 août 2011
par Pascal G. DELAGE
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SAMEDI MATIN : ENTRE REPULSION ET APPRIVOISEMENT

- Michel COZIC (Université de Poitiers).

De la chair assagie par la maladie : les lettres du moine Eutrope.

On pourrait donner à cette longue lettre de direction spirituelle un titre aussi long qui reflète un souci d’exhaustivité théologique et pastorale : « Du corps assailli par la maladie et de l’âme accablée par le doute, ou du mystère de l’incarnation du Christ dans l’extraordinaire des jours ». En effet, cette lettre du moine aquitain Eutrope – pas encore traduite intégralement en français – propose un véritable traité touchant à l’essentiel de l’Incarnation qui s’appuie sur la formule célèbre de Tertullien : « La chair est la charnière du salut ».

Nous proposons – après avoir cerné au mieux la personnalité de la riche et mystérieuse Cerasia, la correspondante d’Eutrope – de voir comment le conseiller spirituel procède avec sa dirigée pour dissiper ses objections – qui touchent à celles formulées par les manichéens et les ariens – sur la réalité de l’Incarnation à partir de l’exégèse de Romains 8, 3 : « Dieu a envoyé son Fils dans une condition charnelle semblable à celle du péché. » On essaiera aussi de montrer que la vulnérabilité volontaire du Christ est, corps et âme, une force pour le disciple du Christ.

- Aline CANELLIS (Université de Lyon UJM – Saint-Étienne).

Jeûne et éloge de la gourmandise dans le De Helia et ieiunio d’Ambroise de Milan.

Vraisemblablement rédigé entre 387 et 390, le De Helia est une œuvre élaborée à partir d’homélies réellement prononcées par l’évêque de Milan. Avec verve et habileté Ambroise prône le jeûne –dont la Bible fournit maints exemples–, en dénonçant tous les abus de la bonne chère (en particulier la gourmandise et l’ivresse). Il reprend en les retravaillant aussi bien des modèles grecs (Basile, Origène surtout) que des sources latines, qu’il utilise avec tant d’humour que ce traité sur le jeûne se transforme peu à peu en éloge de la gourmandise…

- Françoise THELAMON (Université de Rouen).

Ascèse alimentaire et vie angélique : l’idéal de perfection des moines d’Égypte.

Pour les moines d’Égypte au IVe siècle, l’ascèse n’est pas une fin, elle n’est que le moyen pour discipliner le corps, ses besoins et ses passions, pour en éprouver et dépasser les limites, en vue de parvenir à la contemplation spirituelle, à cette vie angélique qui anticipe, dès cette terre, la béatitude céleste, la vie avec Dieu. Dans l’Historia monachorum en particulier, le rapport du moine à la nourriture apparaît comme le véritable baromètre de sa progression spirituelle : entre satisfaction et négation du besoin de manger pour entretenir la vie du corps, l’aspiration au seul aliment spirituel est aussi un risque. Entre plantes sauvages crues et délicieuses nourritures apportées par les anges dans la solitude extrême d’un désert profond, le retour à la table frugale des frères s’impose parfois. Mais, à terme, celui qui parvient à la vie angélique, jouissant dans un corps rayonnant d’une longévité extraordinaire, apparaît sous les traits d’un vieillard au visage d’enfant.

- Pascal-Grégoire DELAGE (Séminaire de Bordeaux).

De la chair contrainte des saintes femmes.

L’empire romain tardif devenu chrétien fut aussi une époque de violences qui n’épargna pas les femmes tant dans le cadre familial que dans l’espace politique. Avant de devenir des figures hagiographiques, les « saintes femmes » exaltées par Jérôme ou de Palladius d’Hellénopolis, furent des femmes en « chair et en os ». Et leurs histoires personnelles avant leur conversion à l’ascétisme, avaient bien souvent été marquées du sceau indélébile de la violence et de la contrainte.

- Sophie MALICK-PRUNIER (Université de Lille).

Horace et le psautier : images plurielles du corps féminin chez les premiers poètes chrétiens.

La création poétique des premiers chrétiens est l’héritière d’une double culture, à la fois classique et patristique. L’originalité de la littérature tardive tient de ce rapport fécond entre les exigences de la foi nouvelle et l’attachement à une tradition culturelle toujours vivace. Les images du corps féminin, dans la poésie paléochrétienne, reflètent ces deux tendances profondes et leur étude permet de mettre en évidence un important travail de revalorisation du corps féminin. Après avoir analysé les modalités de représentation du corps d’Ève dans la poésie biblique, notamment chez Proba, Dracontius et Avit de Vienne, nous évoquerons l’ambiguïté du corps féminin dans la poésie martyriale, avec l’exemple de sainte Eulalie, célébrée par Prudence. Les représentations poétiques de la Vierge Marie chez Corippe et Venance Fortunat achèveront ce parcours et permettront de préciser les enjeux complexes d’une poétique de l’incarnation.