Célébration en 2020 des 1 600 ans de sainte Geneviève.
dimanche 5 avril 2020

2020 : Paris fête les 1600 ans de la naissance de sa sainte patronne !

La Ville de Paris a souhaité contribuer à la célébration en 2020 des 1 600 ans de sainte Geneviève, née à Nanterre vers 420, qui a toujours occupé une place majeure dans la mémoire et la vénération des Parisiens. Non-croyants ou croyants, tous connaissent aujourd’hui la montagne Sainte-Geneviève, la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève qui est une des plus anciennes voies de Paris et, pour les étudiants, la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Son tombeau est conservé dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, et le Panthéon, construit comme nouvelle église Sainte-Geneviève à partir de 1764, fut décoré, à la fin du siècle suivant, de fresques célèbres qui illustrent sa vie. Dans de très nombreuses églises de Paris, des plus anciennes aux plus récentes, sans oublier nos musées et la cathédrale de Nanterre, on peut voir des représentations de Geneviève, des actions de cette femme d’exception au service des Parisiens et des dévotions qui l’ont entourée, du VIe siècle jusqu’à nos jours.

Geneviève est réputée en particulier pour avoir détourné de Paris les Huns conduits par le terrible Attila qui menacaient la ville de Paris, galvanisant le courage des femmes contre le défaitisme des hommes. Pendant le siège de Paris par les Francs, elle nourrit la population affamée en organisant le ravitaillement de la cité par bateau. Elle apaisa les dérèglements climatiques et les crues de la Seine pour favoriser les récoltes et leur acheminement. Elle guérit enfin les malades, lutta contre les épidémies et soigna les pauvres. C’est cette dimension civique de Geneviève, à travers notre riche patrimoine artistique et documentaire, que cette exposition réalisée à la demande de Madame la Maire de Paris par le Comité d’histoire de la Ville entend présenter.

Un cycle de conférences (de nouvelles dates seront probablement proposée en raison du confinement liée à la pandémie)

Le Comité d’histoire de la Ville de Paris propose un cycle de 4 conférences à l’auditorium du Petit Palais

- Vendredi 7 février, à 12h30 - Marie-Céline Isaïa (Université Lyon III Jean Moulin) « Connaître sainte Geneviève : histoire et hagiographie au VIe siècle »

- Vendredi 14 février, à 12h30 - Bruno Dumézil (Sorbonne Université) : « D’Attila à Clovis : Paris et les Gaules au temps de sainte Geneviève »

- Mercredi 4 mars, à 12h30 - Laurence Croq (Université Paris Nanterre) : « Les Parisiens et le culte de sainte Geneviève aux XVIIe et XVIIIe siècles »

- Vendredi 20 mars, à 12h30 François de Vergnette (Université Lyon III Jean Moulin) « Sainte Geneviève dans l’art du XIXe siècle »

Informations : dac.histoire@paris.fr

De son côté, l’institut des Sources Chrétiennes annonce la parution très attendue, dans sa collection de la Vie de sainte Geneviève.

En effet, sur ce personnage très populaire, mais assez mal connu en réalité, le volume, préparé par Marie-Céline Isaia, maître de conférences à l’Université de Lyon 3, avec la collaboration de Florence Bret, docteur de l’Université Lyon 2, entend donner accès aux sources historiques les plus anciennes.

À cette fin, l’ouvrage offre non pas un seul récit de la vie de Geneviève, mais trois. Le premier est une biographie écrite en latin dans les vingt ans qui suivent la mort de la sainte. Doublement historique, cette œuvre est un témoignage contemporain relatant la vie d’une femme mêlée de près à la naissance du royaume franc autour de Paris dans la deuxième moitié du Ve siècle ; elle est aussi une œuvre de propagande, commandée par la reine Clotilde, veuve de Clovis († 511), pour rendre le pouvoir mérovingien légitime au début du VIe s. Le deuxième texte, composé vers 750, adapte le récit primitif pour lui donner sa forme classique. Le troisième est une réécriture compilant des sources diverses (dossiers de saint Denis et de saint Remi, Grégoire le Grand, Grégoire de Tours) dans le contexte d’une réappropriation à Reims du passé mérovingien. Paradoxalement, cette version réalisée à Reims vers 870 s’est imposée à Sainte-Geneviève de Paris à la fin du Moyen Âge.

La publication de l’ouvrage vise à faire partie des événements de cette année importante et, plus largement, à faire découvrir ou redécouvrir une figure majeure non seulement du christianisme ancien, mais aussi de l’histoire et de la culture française.