Caritaspatrum
Accueil du site
Dernière mise à jour :
mardi 25 février 2020
Statistiques éditoriales :
843 Articles
1 Brève
76 Sites Web
63 Auteurs

Statistiques des visites :
357 aujourd'hui
313 hier
790854 depuis le début
   
Annonces
COLLOQUES A VENIR

La théologie orientale.

organisé par : Département Études patristiques du Centre Sèvres

Lieu : Centre Sèvres - 35bis, rue de Sèvres – 75006 Paris

Dates : 17 mai 2019

Pour en savoir plus, cliquer ici

 
Brèves
VIENT DE PARAITRE
lundi 10 février

Claire SOTINEL (dir.)

ROME, LA FIN D’UN EMPIRE. De Caracalla à Théodoric, 212-fin du Ve siècle

En 212, l’empereur Caracalla confère par édit la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire. Cette mesure couronne une évolution séculaire vers un empire à la fois politiquement unifié et culturellement universel. En 527, les élites romaines prennent conscience que les royaumes gothiques ont achevé de tuer l’Empire d’Occident. Le passage de témoin à l’Empire byzantin se réalise dans un Ve siècle qui se termine lorsque l’empereur Justinien tente de reconstituer une unité impériale universelle, sur des bases devenues profondément différentes de celles qui avaient fondé l’Empire romain.

Éditeur : Belin

ISBN : 978-2-7011-6497-7

 
dimanche 15 décembre 2019
De la fête des Martyrs à celle de tous les Saints : le songe prémonitoire de Silvania

Enfin, nous rejoignons les Églises d’Orient qui , elles, célèbrent solennellement chaque année la mémoire des martyrs depuis trois cents ans, comme en témoigne cette homélie de Jean Chrysostome dont je viens de faire la découverte émerveillée : nous voici encore une fois occupés du chœur des martyrs, ou plutôt de cette milice, de ces phalanges de martyrs, qui ne sont inférieures en rien à la milice des anges qu’a vue le patriarche Jacob, mais qui lui sont égales et rivalisent avec elle [1]. Certes, il m’en coûte que nos Églises d’Occident soient redevables de l’institution de cette fête à l’empereur romain d’Orient Phocas, dont les exploits maléfiques [2] ne sont pas effacés, à mes yeux, par son action bénéfique d’avoir offert, au début de ce siècle, le Panthéon de Rome au pape Boniface IV qui l’a transformé en une église dédiée à Sainte Marie aux Martyrs. Et je déplore encore davantage, malgré tout l’amour reconnaissant que je continue de lui porter, que le prédécesseur de Boniface, notre grand Grégoire, ait accueilli dans la liesse le couronnement impérial de l’usurpateur Phocas, en lui écrivant que l’exultation de la terre consonait en ce jour avec la joie des cieux [3]. Sans doute a-t-il usé de la captatio benevolentiae [4] afin de protéger l’Église en ces temps troublés, mais n’a-t-il pas ainsi ajouté du trouble aux troubles ?

Mon épouse est moins enthousiaste que moi quant à l’institution de cette fête. Elle s’inquiète, m’a-t-elle dit, d’une possible « obsession martyrielle », « d’une dérive morbide centrant la sainteté sur la souffrance ». Et d’apporter elle-même de l’eau bouillante à son moulin en me citant Ambroise de Milan : Les martyrs sont livrés au feu / Et à la dent des bêtes ; / Armée de crochets, la main / D’un bourreau insensé se déchaîne. / Les entrailles mises à nu pendent,/ Un sang sacré ruisselle / Cette douleur est trop suave ! Qu’une seule mort est brève ! J’aime mille tourments, / Toute peine m’est légère ! / Il m’est doux d’être déchiré : / La force de la douleur est petite [5]. Elle m’a avoué que les images engendrées par ces mots l’avaient poursuivie en un cauchemar interminable la nuit dernière. Mais au petit matin, une voix forte résonna en elle : « Dégage ! » et le mauvais rêve céda immédiatement la place à un songe heureux, celui d’être associée, dans une liturgie unissant le ciel et la terre, à la joie et à la communion de tous les saints, qu’ils soient patriarches, prophètes, Apôtres, martyrs, ou tout simplement confesseurs de la foi [6]. La voix forte intérieure reprit : Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n’en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n’en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions ! [7]

Bessus ami, il ne me restait plus qu’à faire silence en compagnie de ma Silvania afin de goûter la manne spirituelle qu’elle avait reçue et qu’elle m’offrait. Avec son accord je te l’offre à mon tour.

Bacchus

 

[1] Il s’agit manifestement du début de l’Homélie en l’honneur de tous les saints qui ont souffert le martyre dans le monde entier.

[2] Au mois de novembre 602, l’empereur Maurice était égorgé avec toute sa famille dans le port d’Eutrope, situé à l’embouchure de la petite rivière qui a donné son nom à Chalcédoine. Le général factieux et incapable qui avait perpétré cet assassinat hérita de sa succession sous le nom de Phocas, et, par une série d’actes inhumains et imbéciles, conduisit, durant son règne assez court, 602-610, l’empire byzantin sur les bords de l’abîme. Siméon Vailhé, Saint Grégoire le Grand et le titre de patriarche œcuménique, in : Échos d’Orient, tome 11, N°70, 1908. pp. 161-171.

[3] Cette lettre évoquée par Bacchus fait partie des 848 lettres de la correspondance officielle de Grégoire le Grand, éditée par les éditions Sources Chrétiennes.

[4] Bacchus semble interpréter en son sens le plus négatif, celui d’une flatterie intéressée, cette figure de rhétorique, la captatio benevolentiae ou « recherche de la bienveillance » utilisée par Grégoire.

[5] Il est évident que Silvania a choisi les morceaux les plus saignants d’une Hymne aux Martyrs d’Ambroise accommodés avec ceux d’une Hymne à un martyr inconnu, cette dernière étant attribuée à Ambroise, mais, en fait, d’un auteur aussi inconnu que le martyr célébré.

[6] Sauf longévité exceptionnelle, Silvania n’aura pas vu son rêve se réaliser, du moins ici-bas : le pape Grégoire III « élargit » la fête des saints Martyrs en dédicaçant le 1er novembre 731 une chapelle de Saint-Pierre de Rome « en l’honneur du Sauveur, de sa sainte Mère, des saints Apôtres, de tous les saints Martyrs, Confesseurs, Justes parfaits qui reposent par toute la terre ». En 835, Grégoire IV ordonna que cette fête soit célébrée dans le monde entier chaque 1er novembre.

[7] En transcrivant ces phrases une impression de déjà-lu me saisit. Mes recherches confirmèrent cette impression, il s’agit de trois phrases identiques à celles de Bernard de Clairvaux dans un Sermon pour la solennité de la Toussaint. Plutôt que d’y voir un improbable emprunt de Bernard à Bacchus, la transcriptrice préfère se réjouir de cette sainte concordance.

Articles les plus récents
mardi 25 février 2020
395
Consulat d’Olybrius et de Probinus
Théodose, atteint d’hydropisie, mourut à Milan, la dix-septième année de son règne. Embaumé, il fut enterré dans l’église de saint-Laurent (« Chronique » d’Hydace). Au temps ce ces consuls, l’empereur Auguste célébra son mariage au mois de Xanthicus le 5 des calendes de mai. Et la même année, le corps de Théodose le Grand arriva à Constantinople au mois de Dius, le 5 des ides de novembre, et fut inhumé à la même date (« Chronique pascale »).

lire la suite de l'article
jeudi 20 février 2020
par Jean-Claude LARCHET
« Saint Ménas, soldat et martyr. Sa vie, ses miracles, son sanctuaire »
Saint Ménas est un saint très vénéré dans l’Église orthodoxe, et aussi un saint majeur de l’Église copte. Soldat et martyr, de nombreux miracles se produisirent auprès de ses reliques peu de temps après sa mort, dans le siècles qui suivirent. Seÿna Bacot, « Saint Ménas, soldat et martyr. Sa vie, ses miracles, son sanctuaire », Éditions Lis & Parle, Bagnolet, 2020, 112 p. + 1 cahier d’illustrations de 8 p.

lire la suite de l'article
samedi 15 février 2020
par Pascal G. DELAGE
Lucina de Rome, l’ange des catacombes
Cette matrone de Rome est étrangement présente à toutes les grandes heures tragiques de la communauté chrétienne, apparaissant dans une demi-douzaine de cycles hagiographiques, depuis le temps des apôtres, protagoniste de la « Passio Processi et Martiniani » à la « Passio Sebastiani » à l’époque de Dioclétien en passant par la « Passio Cornelii » où elle joue un rôle de premier plan prenant l’initiative d’inhumer l’évêque de Rome mort en exil en 253. Mais qu’en est-il de cette figure troublante qui se dresse aux confins de l’histoire et de la légende ?

lire la suite de l'article
lundi 10 février 2020
Vient de paraître « Césaire d’Arles, évêque d’hier et d’aujourd’hui ? »
Évêque d’Arles pendant quarante ans (502-542), saint Césaire exerça un rayonnement qui dépassa considérablement les limites de son diocèse. Il s’acquitta de sa charge de primat avec conscience et eut une influence certaine en Gaule et en Espagne, tant sur les conciles que sur l’épiscopat et le clergé. Héritier de saint Augustin, il intervint efficacement et durablement sur des questions fondamentales.

lire la suite de l'article
mercredi 5 février 2020
par Pascal G. DELAGE
Jean Cassien, un Père du Désert en Gaule
Cette XIIe P.J.P. (le 21 mars 2020 à Saintes) est consacrée à Jean Cassien. Né vers 360 dans la lointaine Scythie (l’actuelle Roumanie) sur les bords de la Mer Noire (ou peut-être en Provence selon quelques chercheurs contemporains), Jean entendit jeune l’appel du Seigneur et âgé d’une vingtaine d’années, il se rendit en Terre Sainte où il fut initié à la vie ascétique dans un monastère de Bethléem. Accompagné de son ami fidèle Germanos, il entreprit de se rendre en Egypte pour se mettre à l’école des Pères du désert.

lire la suite de l'article