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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEEutrope de Saintes
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jeudi 25 février 2021
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Brèves
VIENT DE PARAITRE
mardi 15 décembre

Jonathan CORNILLON

TOUT EN COMMUN ? La vie économique de Jésus et des premières générations chrétiennes

De quoi vivaient Jésus et ses disciples ? Comment l’apôtre Paul et ses compagnons finançaient-ils leurs activités missionnaires ? Les prédicateurs des premières générations chrétiennes étaient-ils rémunérés ? Quelles formes prenait la solidarité matérielle des premières communautés chrétiennes ? Cet ouvrage répond à ces questions en abordant l’ensemble des aspects économiques de la vie des premiers chrétiens. Dans tout l’Empire romain, la vie économique des premières communautés chrétiennes, depuis la prédication de Jésus jusqu’à la fin du IIIe siècle, n’était pas un aspect secondaire de leur engagement religieux, profondément lié à une approche éthique et solidaire de la pauvreté. Cela n’était pour autant pas contradictoire avec la mise en place de formes de financement diverses et ambitieuses, dès la prédication de Jésus. Ce livre montre que les exigences de la morale chrétienne s’accompagnaient d’une recherche d’efficacité, même si les abus et les dysfonctionnements n’étaient évidemment pas absents.

Éditeur : Le Cerf

EAN : 978-2204129978

 
Des traces aux lettres
jeudi 25 juin 2015
par Pascal G. DELAGE
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PROFILAGE D’UNE SILHOUETTE DE PASTEUR

Selon notre enquête et dans l’état actuel de nos connaissances, il est fort peu probable qu’il y ait eu un évêque à Saintes avant le IVe siècle, date d’apparition des évêchés en Aquitaine, et l’étude des sources littéraires peut même nous faire préciser : pas avant 385/390. Par ailleurs, nous connaissons de façon sûre le nom du premier évêque santon, Eutropius, qui est donné tant par Venance Fortunat et Grégoire de Tours. En fonction de ce que nous savons maintenant des mutations religieuses et politiques du règne de Théodose Ier et de sa volonté de compléter le maillage épiscopal de son empire, les cités de Gaule qui n’avaient pas d’évêque comme Angoulême ou Grenoble en furent alors pourvues pour peu qu’il y ait eu un embryon de communauté chrétienne. C’est dans ce contexte-là qu’a dû être nommé le premier évêque de Saintes. Ce qui correspond aussi à la chronologie du second successeur d’Eutrope, l’évêque Vivianus, qui est le contemporain du roi wisigoth Théodoric Ier (418-451). D’autre part, les nominations de ces premiers évêques étaient confiées au métropolitain, pour notre région, Delphinus de Bordeaux, qui y déléguait des prêtres de confiance comme Alethius à Cahors et très probablement Ausonius à Angoulême.

Nous avons d’autre part rencontré un prêtre aquitain, Eutropius, dont la carrière se déroule à la jonction des IVe et Ve siècle, fin lettré et qui donc a fréquenté une université réputée, directeur spirituel d’une femme liée à Rome et au monde basque ( ?). Reste la question de savoir à quel presbyterium Europius pouvait bien appartenir. A la lumière de l’ensemble des sources disponible, seul Bordeaux pouvait offrir à la fois cette formation littéraire et spirituelle. Mais il y a plus. C’est que nous connaissons par ailleurs la famille bordelaise d’Eutropius. Un Eutropius de Bordeaux, médecin réputé, est mentionné par le propre médecin des empereurs Valentinien Ier et Gratien, un certain Marcellus Empericus, lui-même bordelais, et qui deviendra le Maître des Offices de Valentinien Ier en 395. Un autre Eutropius, né vers 320, également originaire de Bordeaux, un historien, fit aussi toute sa carrière dans la haute bureaucratie de l’empire, avant de devenir ministre des finances de Gratien en 372, et, honneur suprême, consul en 387. Notre Eutrope de Saintes doit être apparenté d’une manière ou d’une autre à cette brillante famille qui ressemble à bien des égards à celle d’Ausone de Bordeaux. Par ailleurs, lorsque nous regardons l’onomastique des premiers évêques de l’Aquitaine et l’onomastique des lettrés et des professeurs de Bordeaux cités par Ausone, ils sont identiques. Nous savons ainsi où Delphinus pouvait « recruter » des évêques pour sa province.