Caritaspatrum
Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEEutrope de Saintes
Dernière mise à jour :
jeudi 25 février 2021
Statistiques éditoriales :
886 Articles
1 Brève
82 Sites Web
70 Auteurs

Statistiques des visites :
560 aujourd'hui
919 hier
1134542 depuis le début
   
Brèves
VIENT DE PARAITRE
mardi 15 décembre

Jonathan CORNILLON

TOUT EN COMMUN ? La vie économique de Jésus et des premières générations chrétiennes

De quoi vivaient Jésus et ses disciples ? Comment l’apôtre Paul et ses compagnons finançaient-ils leurs activités missionnaires ? Les prédicateurs des premières générations chrétiennes étaient-ils rémunérés ? Quelles formes prenait la solidarité matérielle des premières communautés chrétiennes ? Cet ouvrage répond à ces questions en abordant l’ensemble des aspects économiques de la vie des premiers chrétiens. Dans tout l’Empire romain, la vie économique des premières communautés chrétiennes, depuis la prédication de Jésus jusqu’à la fin du IIIe siècle, n’était pas un aspect secondaire de leur engagement religieux, profondément lié à une approche éthique et solidaire de la pauvreté. Cela n’était pour autant pas contradictoire avec la mise en place de formes de financement diverses et ambitieuses, dès la prédication de Jésus. Ce livre montre que les exigences de la morale chrétienne s’accompagnaient d’une recherche d’efficacité, même si les abus et les dysfonctionnements n’étaient évidemment pas absents.

Éditeur : Le Cerf

EAN : 978-2204129978

 
Des traces aux lettres
jeudi 25 juin 2015
par Pascal G. DELAGE
popularité : 3%

L’identité aquitaniate d’Eutrope est assurée. Sa chronologie bien précisée à la fin du IVe et au début du Ve siècle. Mais qu’est-ce qui nous permet en dehors de l’homonymie et de la synchronie d’identifier le prêtre aquitain Eutrope et le premier évêque de Saintes ? C’est alors que nous devons nous tourner vers le troisième homme, un troisième Eutrope ! Gégoire de Tours, encore lui, garde le souvenir d’un abbé Martin, dont on disait qu’il était le disciple de Martin de Tours et qui fonda un monastère dans un faubourg de Saintes à la fin du IVe siècle (In Gloria Confessorum, 56). Ce monastère devait s’élever à l’emplacement de l’église Saint-Pallais et le saint abbé est toujours fêté le 7 décembre dans l’ordo de l’Eglise de Charente Maritime. Or ce même jour était également célébrée la mémoire d’un abbé Eutrope, son premier successeur, dont le Bréviaire saintongeais (J. Depoin, Histoire des évêques de Saintes, 1922, p. 168) confesse qu’il ne sait pas grand chose de lui si ce n’est qu’il eut de nombreux disciples. Cela fait beaucoup d’Eutrope à Saintes en ce début de Ve siècle alors qu’il s’agit d’un nom plutôt rare ! Il est plus probable que l’abbé Eutrope est un proche de Martin de Tours, envoyé par lui ou le métropolitain de Bordeaux à la fin du IVe siècle dans une cité encore peu ouverte au christianisme.

Le dédoublement des Martin et des Eutrope s’opéra quand au VIe siècle Palladius et Grégoire de Tours s’attachèrent à vieillir le premier pasteur de Saintes de trois siècles. Ajoutons pour faire bonne mesure qu’on avait à l’office propre du Bréviaire de Saintes au XIIIe siècle des textes que l’abbé Grasilier commentait ainsi au XIXe siècle : « Le latin de la plupart d’entre eux est d’une élégance un peu recherchée ; dans le cloître Saint-Pierre… on ne se contentait pas de conserver les monuments de la culture antique, mais on la cultivait aussi ». Et il cite, pour illustrer son propos, la notice concernant la Circoncision du Seigneur : « Les leçons des matines font allusion aux folies carnavalesques avec lesquelles, par un reste de paganisme, on célébrait encore les calendes de janvier. L’éloquence de ces leçons est remarquable : elles s’adressent aux Juifs et aux Gentils pour leur prouver la divinité de Jésus-Christ et sa mission . Après avoir montré par des passages des Saintes Ecritures que les Gentils ont cru à ce dogme, l’orateur cite comme preuve de cette croyance le vers de Virgile, dans ses églogues ». Nous avons là un écho direct de la lettre De vera circumcisione avec le rappel de la « manière eutropienne » qui s’adressait tant aux païens qu’aux Juifs, citant les auteurs classiques tout en fondant son raisonnement sur l’Ecriture. La mémoire de l’enseignement d’Eutrope avait donc était préservée malgré la recomposition des origines de l’Eglise santone.