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VIENT DE PARAITRE
mardi 15 décembre

Jonathan CORNILLON

TOUT EN COMMUN ? La vie économique de Jésus et des premières générations chrétiennes

De quoi vivaient Jésus et ses disciples ? Comment l’apôtre Paul et ses compagnons finançaient-ils leurs activités missionnaires ? Les prédicateurs des premières générations chrétiennes étaient-ils rémunérés ? Quelles formes prenait la solidarité matérielle des premières communautés chrétiennes ? Cet ouvrage répond à ces questions en abordant l’ensemble des aspects économiques de la vie des premiers chrétiens. Dans tout l’Empire romain, la vie économique des premières communautés chrétiennes, depuis la prédication de Jésus jusqu’à la fin du IIIe siècle, n’était pas un aspect secondaire de leur engagement religieux, profondément lié à une approche éthique et solidaire de la pauvreté. Cela n’était pour autant pas contradictoire avec la mise en place de formes de financement diverses et ambitieuses, dès la prédication de Jésus. Ce livre montre que les exigences de la morale chrétienne s’accompagnaient d’une recherche d’efficacité, même si les abus et les dysfonctionnements n’étaient évidemment pas absents.

Éditeur : Le Cerf

EAN : 978-2204129978

 
De la légende à l’histoire.
mercredi 10 octobre 2018
par Pascal G. DELAGE
popularité : 7%

La « notice 55 » du De Gloria Martyrum que Grégoire de Tours consacre à Eutrope est plus récente d’une quinzaine d’années (vers 585) et elle met en scène l’évêque de Saintes, Palladius, un aristocrate énergique, fier de sa romanité, qui n’hésite pas à jouer la carte de l’évêque de Rome contre les évêques francs de la région. Il correspond ainsi avec le pape Grégoire le Grand (mort en 604), Grégoire qui lui envoie pour la cathédrale des reliques de saint Pierre et saint Paul. Or voilà qu’Eutrope « apparaît » à nouveau sous le pontificat de Palladius, mais cette fois-ci à deux « abbés » (moines) de Saintes. Selon la notice de Grégoire de Tours, Eutrope, envoyé en Gaule non plus par Pierre mais par Clément, son troisième successeur, fut massacré par les païens courroucés par sa prédication, la tête fracassée. Longtemps après, Palladius lui édifia une basilique funéraire, entre 570 et 600, et fit retirer de la memoria où il était enseveli, le corps du saint pasteur pour l’inhumer dans le nouvel édifice (la toute première église Saint-Eutrope). C’est à l’occasion de la translation des reliques que les clercs remarquèrent la cicatrice sur le crâne, cicatrice qu’Eutrope en personne vint donc authentifier dans la vision mentionnée un peu plus haut, car nous dit ingénument Grégoire de Tours, « on racontait que c’était un martyr oublié ».


SUR LA GLOIRE DES MARTYRS, 56, De saint Eutrope.

Eutrope, également martyr, de la ville de Saintes et envoyé en Gaule par le bienheureux évêque Clément.. Le même lui avait conféré la grâce de l’ordre épiscopal, Eutrope accomplit le devoir de sa charge par sa prédication contre les incroyants, il s’opposa aux païens qui s’étaient révoltés. Ayant provoqué leur haine, il mourut victorieux, la tête fracassée.

Mais du fait de la virulence de la persécution, il ne fut enseveli dans un lieu digne ou vénéré par les chrétiens selon l’honneur qui lui revenait. On racontait qu’il était un martyr oublié jusqu’à ce que ce fut révélé par cet ordre [du ciel].

Après un intervalle de plusieurs années, une basilique fut édifiée en son honneur, œuvre menée à bien par Palladius qui occupait alors la chaire épiscopale. Ayant réuni les abbés, il prit soin de transférer les cendres sacrées dans le lieu qu’il avait préparé. Comme on procédait à cela, deux abbés, alors que le tombeau avait été ouvert, regardèrent le saint corps et virent la blessure à la tête à l’endroit où le fer de la hache s’était enfoncé.

Mais pour que cette présente vision ne les conduise en vain à une prédication spirituelle, le souvenir leur en fut ravivé, à savoir que comme tes prêtres étaient couchés la nuit suivante, il [Eutrope] apparut dans une vision à ces deux abbés et leur dit : « La blessure à la tête que vous avez contemplée, sachez que c’est par elle que j’ai consommé mon martyre ».

C’est à partir de ce moment-là qu’il a été appelé martyr et fut reconnu comme tel par le peuple car auparavant l’histoire de sa passion n’avait pas été contée.
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