Billet d’humeur festive
vendredi 20 janvier 2012
par Annie WELLENS

Mais que viennent donc faire, au début de cette belle matinée du mois d’août, toutes ces personnes d’un certain âge, que l’on appelle pudiquement du troisième ou du quatrième, dans les rues de Marans, petite ville du Marais poitevin ? Accompagnés par la fanfare et les autorités civiles du lieu, applaudis par les générations plus jeunes qui les regardent passer, vers quel voyage organisé ou vers quelle animation culturelle marchent énergiquement nos aînés ? Voici que les alertes seniors s’arrêtent au pied d’un arbre, celui de la liberté. Car nous sommes le 10 fructidor de l’an 6 (traduisez : le 27 août 1798) jour de la fête de la Vieillesse . C’est pourquoi, nous dit un compte-rendu extrait des Archives de Marans, le Président du canton a fait connaître à tous les agents des communes la sagesse et la grandeur de cette fête, leur recommandant de s’empresser à rendre cette cérémonie aussi touchante qu’elle doit l’être et que comporte son sujet. D’où la présence de la Garde Nationale et le tir de quelques coups de canon pour honorer le cortège de vieillards (cette appellation montre à elle seule que nous ne sommes pas en 2012…) .

Après les discours officiels, des chœurs entonnent des chants patriotiques, dont sans doute le tout jeune Hymne pour la fête de la Vieillesse composée par François-Joseph Gossec. Son refrain n’est pas totalement désintéressé : Dans nos concerts et dans nos fêtes que nos pères soient vénérés / Quand l’âge aura blanchi nos têtes comme eux nous serons honorés. Mais foin des analyses de texte, au programme s’annoncent maintenant danses et repas civiques. Devant un tel emploi du temps, on peut fredonner, avec le compositeur de l’hymne : Hommage à l’auguste vieillesse / Elle est encore fertile et jouit des fruits du printemps

Chronique publiée dans le bulletin MCR de Charente-Maritime