Augustin d’Hippone
Sermon 14, Riches et pauvres
vendredi 9 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

Vous le voyez malgré la multitude des pauvres, nous avons raison de chercher un pauvre nous en cherchons un dans la foule et nous avons peine à le trouver. Je rencontre des pauvres et, pour­tant, je cherche encore un pauvre.

Toi, cependant, ouvre la main au pauvre que tu rencontres, tout en cherchant un pauvre qui le soit de cœur. Pauvre, tu dis : « Je suis pauvre comme Lazare » et ce riche qui est humble ne dit pas : « Je suis riche comme Abraham. » Ainsi tu t’élèves et il s’humilie. Pourquoi t’enfler ainsi et ne pas l’imiter ? Moi, dit le pauvre, je suis porté dans le sein d’Abraham.

Ne vois-tu pas que c’est le riche qui reçoit le pauvre ? Ne vois-tu pas que le riche recueille le pauvre ? Si tu t’élèves orgueilleusement contre ceux qui possèdent, si tu nies qu’ils appartiennent au royaume des cieux, bien que, peut-être on décou­vre en eux l’humilité qu’on ne trouve pas en toi, ne crains-tu pas qu’Abraham ne te dise après ta mort : « Eloigne-toi, car tu m’as outragé ».

Augustin d’Hippone, Sermon 14, Riches et pauvres, 5.