Grégoire de Nysse
Homélie sur l’Ecclésiaste, 4
vendredi 9 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

Il se croit, tout homme qu’il est, le maître de ceux qui partagent sa nature. Voyez l’arrogance ! Ce propos s’insurge ouvertement contre Dieu. Tu condamnes à la servitude l’homme dont la nature est libre et autonome, détruisant ainsi la loi divine…

As-tu donc oublié les limites de ton pouvoir ? Ce pouvoir ne doit s’exercer que sur les animaux sans raison. Comment se fait-il donc que tu t’attaques à ceux qui sont libres par nature et que tu réduises à la condition de quadrupèdes et de reptiles ceux qui ont la même nature que toi ? Seuls les êtres sans raison sont esclaves des hommes. Combien, dis-moi, as-tu estimé ces esclaves ?

Qu’as-tu trouvé dans le monde qui put valoir cette espèce ? A quel prix as-tu estimé la raison ? Combien d’oboles as-tu données pour l’image de Dieu, combien de statères as-tu payés pour la nature façonnée par Dieu, qui est à la ressemblance de Dieu et commande à toute la terre ? Toi qui es en tout à égalité, en quoi es-tu supérieur, dis-le moi, jusqu’à te croire, homme que tu es, maître d’un homme ?

Grégoire de Nysse, Homélie sur l’Ecclésiaste, 4