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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les ministères
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jeudi 5 décembre 2019
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Le regard d’un ecclésiologue.
vendredi 23 mai 2008
par Jean RIGAL
popularité : 2%

Il est fréquent d’entendre dire que la question des ministères est l’un des chapitres importants de l’ecclésiologie. L’intérêt porté aujourd’hui à ce genre de réflexion le confirme : il y va de la nature de l’Eglise et de sa mission, et un retour sur l’enseignement des Pères de l’Eglise revêt, en l’occurrence, une importance majeure. C’est à cette étude patiente, large et rigoureusement argumentée que s’est livré, en septembre dernier, à La Rochelle, un colloque des meilleurs spécialistes français en la matière, dont les interventions viennent de paraître dans un ouvrage passionnant.

Quatre points d’attention nourrissent la réflexion des auteurs : l’essor de l’état clérical au cours des premiers siècles du Christianisme, les notions de sacerdoce et de diaconat avec leurs particularités et leurs exigences, la situation des différents ministères à travers l’Empire d’Occident et d’Orient, les legs des Pères pour l’aujourd’hui de l’Eglise.

Ce qui frappe le lecteur, c’est la grande diversité des services ecclésiaux et des charismes, depuis la proclamation de la Parole jusqu’à la gestion financière ; c’est aussi la variété du vocabulaire pour désigner des fonctions semblables ou différentes ; c’est encore et surtout une recherche théologique et pastorale toujours en mouvement.

Le colloque de La Rochelle innove en débordant les points habituellement étudiés : par exemple, l’origine familiale et sociale des ministres, le souci d’unité du clergé, la diversité régionale des évolutions.

On appréciera aussi le rapport établi entre ces données de l’Antiquité tardive et la question actuelle des ministères : « pour les Pères de l’Eglise, le ministère ne se définit pas d’abord par l’exercice d’un pouvoir ni par une action. Il se définit d’abord par sa fin la mise en œuvre de l’économie du Salut inauguré par Jésus-Christ. » On trouvera aussi un enseignement éclairant sur la communauté ecclésiale à l’intérieur et au service de laquelle se déploient les ministères. Ajoutons que la question des ministères féminins n’est pas oubliée, avec une étude plus approfondie sur la mission des « diaconesses ». La recherche - qui se veut œcuménique – s’élargit enfin à une réflexion sur les ministères dans l’Eglise orthodoxe actuelle.

On ne résume pas un tel ouvrage qui ressaisit une foule d’informations et suggère des pistes de réflexion sur l’exercice actuel des ministères dévolus aux « serviteurs de Dieu et des frères ». Ce livre sera utile à tous ceux qui considèrent que l’histoire et l’élaboration de la théologie présentent un intérêt manifeste pour nos questionnements d’aujourd’hui et déjà pour ceux de demain.