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Le 13 mars 2010 : Saint Ambroise de Milan et les défis du politique
mercredi 10 mars 2010

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13 mars 2010 : Saint Ambroise de Milan et les défis du politique.

Comment « Rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » dans une société devenue tout récemment chrétienne par volonté de l’empereur ? Tel fut le « challenge » qu’Ambroise de Milan, ancien très haut fonctionnaire, dut relever en affirmant conjointement la nécessité de la présence chrétienne dans la sphère du politique et la liberté inaliénable de l’Eglise face à l’Etat.

A une époque où le pouvoir n’hésite pas à déposer et exiler les évêques qui manifestaient quelques velléités d’indépendance, Ambroise puise dans la Parole de Dieu, la prière et la liturgie un courage et une autorité qui en remontreront tant aux empereurs qu’au Sénat romains. A l’origine d’une tradition qui maintiendra dans une saine tension l’Eglise et l’Empire, l’évêque de Milan bénéficia par ailleurs d’alliés bien imprévus en la personne des martyrs et n’hésita pas à innover, organisant les premiers « sittings » connus de notre histoire.

Une invitation à réfléchir pour nous aujourd’hui à notre place de citoyens et de croyants dans une société qui ne se veut plus chrétienne mais où le Christ nous engage encore plus à manifester la force prophétique de l’Évangile.

Communications :

Hervé SAVON (Université libre de Bruxelles)

L’ère des mutations.

Lorsqu’Ambroise est élu évêque de Milan, en 374, la géopolitique l’appelle déjà à un rôle majeur : Milan est la capitale de fait de l’Occident. Pour s’acquitter de ce qu’il considère comme étant désormais sa mission, l’ancien gouverneur devenu évêque a des atouts : une volonté inflexible, une vive sensibilité et un immense héritage, l’humanisme gréco-romain qui a imprégné son adolescence. Il va y ajouter une connaissance approfondie des Écritures juives et chrétiennes, culminant dans une piété tendre et résolue envers le Christ. Ainsi armé, il n’hésitera pas à affronter l’empereur à plusieurs reprises. À la mort d’Ambroise, les rapports de l’Église et de l’Empire n’étaient plus tout à fait les mêmes.

Françoise THELAMON (Université de Rouen)

Théodose, l’État et les religions.

Appelé par l’empereur Gratien à partager le pouvoir impérial en 379, Théodose ne prend pas le titre de Pontife suprême de la religion romaine et Gratien y renonce : c’est de fait la « séparation du paganisme et de l’État ». Les cultes publics païens son interdits en 391/392. Dès 380 Théodose impose la foi catholique (définie à Nicée en 325) et convoque un concile général à Constantinople qui la précise (381). Le catholicisme orthodoxe devient la religion officielle de l’Empire romain ; l’empereur en est le bras séculier, mais il n’est dans l’Église qu’un laïc qui doit se soumettre à la pénitence quand il a péché. Dans cette situation nouvelle, les rapports entre l’Église et l’État et la théologie politique évoluent : Théodose apparaît comme le modèle de l’empereur chrétien dont la foi et l’humilité sont exaltées.

Michel COZIC (Université de Poitiers)

Liturgie et politique à Milan au temps d’Ambroise.

Alors qu’on débat de la notion d’identité, il nous semble intéressant de voir comment l’identité chrétienne s’est réalisée et défendue à une époque très difficile de son histoire : à savoir ce moment où l’hérésie arienne, devenue quasi religion d’Etat en Occident avec l’aval de plusieurs empereurs, malmenait fort les chrétiens qui voulaient rester fidèles au Credo du concile de Nicée. A Milan, alors ville impériale, l’évêque et sa communauté ecclésiale furent de ceux qui réagirent le plus vigoureusement contre cet état de fait. Nous proposons de montrer comment la liturgie - qui est un ressourcement vital pour tout chrétien vivant en communauté - peut, notamment à travers le chant liturgique, jouer un rôle politique ( au sens positif et constructif du mot) non négligeable car, selon la belle Epitre à Diognète (fin du second siècle), c’est dans toutes les dimensions de l’existence qu’on est chrétiens, et qu’on l’est ensemble.

Annie WELLENS

L’art ambrosien de la lecture biblique ou l’intelligence spirituelle du silence et de la parole.

"Et j’arrivai à Milan, chez l’évêque Ambroise, universellement reconnu comme un homme d’élite et ton pieux adorateur ; son éloquence active distribuait alors la fleur de ton froment, la joie de ton huile, et la sobre ivresse de ton vin à ton peuple ». « …des foules de gens affairés, qu’il aidait dans leurs embarras, m’empêchaient de l’entendre et de lui parler ; et quand il n’était pas en leur compagnie, il consacrait ce bref laps de temps à restaurer son corps par une indispensable nourriture, ou son esprit par la lecture… Quand il lisait, ses yeux parcouraient les pages, le cœur scrutait le sens, mais sa voix et sa langue se tenaient en repos. Souvent nous étions là : l’entrée n’était interdite à personne, et il n’était pas d’usage de lui annoncer les visiteurs ; et nous l’avons vu lire ainsi en silence, et jamais autrement. (Augustin d’Hippone, Confessions V, 13, 23, VI, 3,3, collection La Pléiade).

Pascal-Grégoire DELAGE (Séminaire de Bordeaux)

La piste des reliques.

De très nombreuses églises en France – comme Jonzac en Charente-Maritime - et même des cathédrales (Soissons, Sées, Nevers, Lectoure…) sont dédiées à deux obscurs martyrs italiens, Gervais et Protais. Or l’invention (c’est-à-dire la découverte) de leurs reliques fut l’œuvre d’Ambroise de Milan, divinement inspiré, et cette découverte tomba providentiellement à un moment-charnière du conflit violent qui l’opposait à la Cour impériale qui résidait alors à Milan en cette année 386. Or, en quelques mois, des reliques secondaires (appelées brandea) vont se retrouver comme disséminées dans tout l’espace occidental de l’Empire. Que pouvait bien impliquer une telle popularité et Ambroise ne cherchait-il pas à travers ces étranges émissaires à faire entrevoir un autre visage de l’Eglise quand se faisait trop pressante la sollicitude de l’Empire ?

Léopold MAUREL (archéologue départemental)

Le site paléochrétien attenant à l’église Saint-Gervais et Saint-Protais de Jonzac.

Du 15 juin au 15 septembre 2009, s’est déroulée une fouille programmée sur le parvis de l’église Saint-Gervais Saint-Protais à Jonzac en Charente-Maritime. En ce qui concerne la nature même des vestiges, il faut souligner l’importance de la densité notamment des sarcophages qui semblent par ailleurs s’organiser avec des enclos funéraires. Les sarcophages présentent une cuve de forme rectangulaire, parfois dotée d’un couvercle en bâtière. Sur le plan historique, les découvertes réalisées enrichissent notablement la connaissance de l’histoire de la ville de Jonzac. La nécropole mérovingienne mise au jour complète le tableau historique entre la villa gallo-romaine du « Moulin de chez Bret » et le château de Jonzac. Par ailleurs, la grande qualité technique et artistique du mobilier métallique découvert, comme la présence d’individus en connexions dans les sarcophages, amènent à penser que le site de l’église Saint-Gervais Saint-Protais à Jonzac constitue une découverte importante dans le contexte local et régional.

  • Pour vous inscrire à cette journée, complétez le formulaire qui suit :
Inscription P.J.P. Ambroise de Milan
Anthonis van Dyck (début XVIIe siècle)
Saint Ambroise interdisant à l’empereur Théodose Ier d’entrer dans l’église.