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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les ministères
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mercredi 5 août 2020
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Les Pères et les ministères : les communications
jeudi 8 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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Françoise THELAMON (Université de Rouen) Les clercs dans les Histoires ecclésiastiques. Les historiens de l’Église, comme les autres historiens, consignent dans leur œuvre ce qu’ils jugent dignes de mémoire en fonction de l’objectif qui est le leur. Seuls certains événements, certains personnages accèdent ainsi au récit. Si ce sont les évêques qui sont le plus souvent mis en scène comme acteurs de l’histoire de l’Église, de ses avancées comme de ses conflits, qu’en est-il des autres ministres ? Y jouent-ils un rôle ? Que sait-on d’eux ? Par un balayage systématique des Histoires ecclésiastiques de Rufin d’Aquilée, Socrate, Sozomène, Théodoret, nous tenterons de découvrir non pas tant peut-être le rôle qui fut réellement celui de ministres autres que les évêques dans la vie des communautés chrétiennes que la place de certains d’entre eux dans le récit. En effet le ministère de tous les jours, si l’on peut dire, n’est le plus souvent qu’indirectement évoqué, voire sous-entendu par l’énoncé même de la fonction : au mieux tel prêtre est loué pour sa piété et son souci des pauvres, tel autre pour son talent de prédicateur ; c’est plutôt de la manière dont certains se sont distingués d’une façon ou d’une autre que l’historien a jugé bon de faire état. Certaines grandes figures sont nommées parce qu’elles ont marqué leur époque : Arius, prêtre, parce qu’il est l’hérésiarque par excellence ; Aèce, diacre indûment nommé à cette fonction puis déposé, pour la doctrine qu’il a soutenue, lui aussi. Certains anonymes n’en sont pas moins célèbres tel ce fameux prêtre arien de l’entourage de Constantia qui l’introduisit auprès de Constantin dont il gaga la confiance. C’est souvent à travers la carrière de clercs devenus évêques que l’on voit le rôle qu’ils ont joué en tant que prêtre ou diacre : on évoque leur formation, leur culture profane ou sacrée, leurs talents, voire leurs défauts, leurs erreurs. Les clercs peuvent aussi être évoqués en groupe : « Il y avait des prêtres, des diacres et de nombreux autres clercs » à côté des évêques à Nicée, indique Socrate qui, employant le terme « consacrés », précise : « Je veux dire les évêques, les prêtres, les diacres et les sou-diacres ». Peut-on à travers les cas concrets discerner les fonctions de ces ministres : du rôle de conseil des prêtres auprès de l’évêque, individuellement ou collectivement, à celui de chargés de mission de confiance des diacres, voire de « gros bras » ou de meneurs dans les conflits de prêtres, diacres, lecteurs ou autres clercs, à Rome, Constantinople ou Alexandrie ? Mais que voit-on de leur fonction pastorale, de leur mission d’évangélisation, du sacerdoce des prêtres, du service des diacres ? Comment situer par rapport aux ministères certains ascètes, au demeurant laïcs, qui assurent pourtant un service liturgique et encadrent les fidèles comme le font Flavien et Diodore à Antioche d’après Théodoret. Peut-on pour, certains au moins, connaître l’origine sociale, familiale, la formation intellectuelle, la qualité spirituelle ? Enfin le vocabulaire même employé par les historiens ecclésiastiques, tant en grec qu’en latin, mérite d’être pris en considération.

Marie-Anne VANNIER (Université de Metz) Les diacres chez Augustin La place des diacres a été peu étudiée dans l’œuvre d’Augustin. Il est vrai qu’Augustin n’est pas lui-même passé par cette étape, qu’il a été directement ordonné prêtre, puis évêque, mais il n’en demeure pas moins qu’il définit le diaconat comme le ministère par excellence. Sans doute Augustin n’est-il pas original, il reprend la Tradition Apostolique et reconnaît la structure à trois termes, qui s’est mise en place avant lui. Mais, à une époque où le diaconat permanent est redécouvert, l’œuvre d’Augustin ne manque pas d’intérêt. Avant la Constitution Lumen gentium, Augustin rappelle que les diacres ne sont pas ordonnés en vue du sacerdoce mais du service (même si certains d’entre eux deviennent prêtres ou évêques). Il ne donne pas d’informations sur leur ordination. En revanche, il précise leur fonction qui est essentiellement le service de l’évêque et de l’Eglise. Leur rôle n’est pas très important dans la liturgie : ils conduisent la prière et peuvent baptiser, mais ils sont surtout les secrétaires de l’évêque lors des conciles, ils portent ses lettres et se font ses porte-paroles auprès de leurs destinataires. Ce sont fondamentalement les hommes de confiance de l’évêque, des hommes cultivés et pratiques, qui viennent en aide aux malades et assurent la catéchèse, ainsi que la formation continue des chrétiens.

Annie WELLENS (Libraire) De l’incandescence des relations entre charisme et ministères. Du Ve au VIIe siècle, l’Eglise syrienne vécut une « implosion » dont l’un des détonateurs fut le pouvoir excessif pris par les moines allant de pair avec la dévalorisation des structures de l’Eglise institutionnelle (cf. l’analyse de Philippe Escolan : « Monachisme et Eglise. Le monachisme syrien du IVe au VIIe siècle : un monachisme charismatique. », éditions Beauchesne, 1999). Un événement pouvant servir de « révélateur » quant à la reconnaissance des charismes et l’appel aux ministères dans l’Eglise d’aujourd’hui.