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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les pauvres
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vendredi 25 septembre 2020
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Les Pères et les pauvres : les communications
jeudi 8 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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Benoît GAIN (Université de Grenoble), Travailler pour secourir l’indigent, la finalité du travail chez Basile de Césarée.
Plusieurs homélies vigoureuses contre le culte de Mammon, des initiatives ponctuelle (instauration d’une « soupe populaire » lors de la famine de 368) ou durable (aménagement de la « Basiliade », vaste complexe d’assistance créé aux portes de Césarée de Cappadoce) ont fait la renommée de saint Basile dans l’ Antiquité chrétienne. Loin de relativiser la portée de cette institution remarquable, déjà assez bien étudiée d’ailleurs, mais considérée par certains comme simple manifestation d’un évergétisme intéressé de la part d’un évêque issu de l’aristocratie, nous voudrions surtout exposer la conception du travail qui se dégage de l’œuvre de Basile : il lui assigne la finalité la plus élevée à ses yeux et la seule valable en définitive : l’assistance aux indigents. Cela est conforme à son maximalisme doctrinal et au primat de la charité (Matthieu, 25), qu’il rappelle à maintes reprises.

Benoît JEANJEAN (Université de Brest), L’exploitation de l’histoire du riche et du pauvre Lazare (Lc 16, 19-31) chez les Pères latins.
Le récit évangélique du riche et du pauvre Lazare est fréquemment cité par les Pères latins des IVe et Ve siècles. La figure du riche indifférent à la misère du pauvre à sa porte sert alors de contre-modèle à la charité chrétienne et permet de dénoncer l’attachement aux biens de ce monde ; celle du pauvre Lazare, à exalter la pauvreté présentée comme une vertu chrétienne. Toutefois, l’opposition entre ces deux figures n’entraîne pas la condamnation sans appel de la richesse et l’éloge inconditionnel de la pauvreté. Depuis Ambroise de Milan jusqu’à Augustin, la palette des interprétations est riche de nuances, notamment dans les homélies ou les commentaires entièrement consacrés à ce récit.

Patrick LAURENCE (Université de Tours), La pauvreté au Bas–Empire : le Code Théodosien et les Pères.
Le Bas–Empire subit des bouleversements profonds, qui ont des répercussions sur bien des aspects de l’existence matérielle. De nombreuses lois du Code Théodosien s’en font l’écho, notamment celles concernant les femmes, qu’il s’agisse de les protéger de la pauvreté, ou au contraire de les enfermer dans des systèmes professionnels et fiscaux extrêmement contraignants, sans oublier le cas particulier de celles qui ont voué leur existence à leur idéal religieux. La législation fournit en la matière un éclairage qui lui est propre, mais qui est souvent doublé par le discours des Pères portant sur les mêmes questions.