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Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESMarie-Madeleine, témoin et apôtre
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mercredi 5 août 2020
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Apport de la littérature apocryphe et gnostique
vendredi 20 novembre 2015
par Emilien LAMIRANDE
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Un ménologe grec du Xe siècle précisait que Marie-Madeleine avait rejoint l’apôtre Jean : « Elle prit le chemin d’Éphèse et se rencontra avec Jean, le fameux évangéliste et théologien, le fils du tonnerre, lui qui avait reposé sur la poitrine du Seigneur. Elle fut associée à son enseignement, à ses tourments [57]… » Si Jérusalem a aussi parfois revendiqué le privilège de posséder les restes de Marie-Madeleine, la tradition qui lui fait terminer sa vie à Éphèse paraît plus consistante, sans représenter un véritable fondement historique [58].

On aurait tort de ne voir dans les écrits apocryphes ou gnostiques présentés plus haut, comme d’ailleurs dans d’anciennes sources liturgiques, que fiction ou vide spéculation. Certains véhiculent des traditions anciennes, tous, d’une manière ou d’une autre, nous renseignent sur les milieux d’où ils proviennent. De notre point de vue, ils témoignent de la survie de Marie-Madeleine dans la mémoire, l’imagination et les schèmes de pensée de plusieurs générations d’adhérents au Christ, même de ceux qui intégraient leurs croyances dans des systèmes jugées par d’autres antinomiques. Malgré leur rejet par la grande Église, des communautés ont contribué à façonner, au cours des premiers siècles, l’image de Marie-Madeleine et il n’est pas indifférent qu’elles aient vu en elle une femme du même rang que les plus fidèles disciples de Jésus, curieuse d’apprendre, intelligente, plus ouverte que d’autres à l’aventure spirituelle et, pour cela, préférée de lui. J. Schaberg qui, par allusion à une expression du Dialogue du Sauveur, appelle subtilement la Marie-Madeleine des écrits apocryphes et gnostiques « the women who understood (too) completely », met en lumière l’audace de son discours, sa vocation prophétique, son éminente perception du message, sa place privilégiée parmi les disciples et, naturellement, souligne la pertinence de cette perception pour les chrétiens d’aujourd’hui [59].

SUMMARY In the context of women’s appropriation and transmission of knowledge in the early Church, after referring to the New Testament gospels, the first part of this essay deals with apocryphal and gnostic writings which offer of Mary Magdalene, for her assimilation of Jesus’ message and the mission she received, an exceptional image of witnesss, disciple and apostle.

(article publié une première fois dans la revue Science et Esprit, n° 56 (2004), pp. 256-283, et reproduit avec l’aimable autorisation du directeur de la collection, Michel Gourgues)

 

[57] Ménologe grec cité d’après V. Saxer, « Les saintes Marie-Madeleine et Marie de Béthanie dans la tradition liturgique et homilétique orientale », dans Revue des Sciences religieuses, 32 (1958), pp. 8-9.

[58] Cf. V. Saxer, Ibid., pp. 19-21, 30, 36-37.

[59] J. Schaberg, op. cit., pp. 121-168, 185-193.