Léon le Grand
Sur les collectes
samedi 10 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

Et, pour le deviner, bien-aimés, il faut veiller avec une charité sans repos, afin de pouvoir découvrir celui que cache sa modestie ou que retient sa honte. Il en est, en effet, qui rougissent de solliciter publiquement ce dont ils ont besoin et qui préfèrent souffrir en silence de leur dénuement plutôt que d’être confondus par une requête ouverte.

Ceux-là, il faut donc les deviner, et les soulager dans leurs nécessités secrètes, afin qu’ils aient d’autant plus de joie qu’on aura eu égard et à leur pauvreté et à leur pudeur. Mais nous aurons raison de reconnaître dans l’indigent et le pauvre la personne même de notre Seigneur Jésus Christ, qui, comme le dit le bienheureux Apôtre, "de riche qu’il était, s’est fait pauvre pour nous afin de nous enrichir de sa pauvreté ».

Et pour que sa présence ne paraisse pas nous manquer, il a si bien accommodé le mystère de son humilité et de sa gloire, que nous puissions le nourrir dans ses pauvres, lui que nous adorons comme Roi et Seigneur dans la majesté de son Père : cela nous procurera au jour mauvais la délivrance de l’éternelle damnation, et, pour le soin donné au pauvre que nous aurons deviné, nous serons admis au partage du royaume céleste.

Léon le Grand, Sermon 23, 3, Sur les collectes.