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Ainsi naquit le premier État chrétien...
samedi 5 décembre 2020

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Est-il bien raisonnable de transformer un souverain en cochon ? C’est ce qui est arrivé à Tiridate, le roi d’Arménie, à la fin du IIIe siècle de notre ère, ou au tout début du IVe siècle. À moins qu’il ne fut changé en loup, ce qui n’est pas plus raisonnable. D’ailleurs, comment ce roi, porcin ou lupin, est-il devenu le premier souverain à se convertir au christianisme, en 301, c’est-à-dire avant Constantin dans l’Empire romain ? C’est une histoire où l’on croise des dieux païens et un Dieu chrétien, une vierge à force incroyable, Grégoire l’Illuminateur dans une fosse pleine de serpents. C’est une histoire dans laquelle est mise en place une Église et un alphabet. Ainsi naquit le premier État chrétien. C’est une histoire de l’Arménie. (Xavier Mauduit)

Partons à la rencontre de Grégoire l’Illuminateur, de Tiridate, le roi transformé en cochon, et de Mesrop Machtots, l’inventeur de l’alphabet arménien. Ils nous font voyager dans l’Arménie des IVe et Ve siècles, mais aussi dans l’Arménie actuelle, où les débuts de la chrétienté sont une fierté nationale. À travers la plaine de l’Ararat, dans la ville d’Erevan ou dans la cathédrale - désormais syrienne - des Quarante-Martyrs, ces récits sont d’une actualité brûlante.

Le Cours de l’histoire s’intéresse aux légendes fondatrices de la chrétienté en Arménie. Comment s’est diffusée cette religion occidentale dans un royaume au carrefour des civilisations romaine et arabe ? Comment racontait-on cette histoire hier et comment est-elle racontée aujourd’hui ?

Avec Jean-Pierre Mahé, philologue et historien du Caucase. Il est membre de l’Académie des inscriptions et des belles-lettres. Il a notamment publié L’Arménie à l’épreuve des siècles (Gallimard, 2005), L’Alphabet dans l’histoire et dans la mémoire (Les Belles Lettres, 2018) et il a coécrit avec Annie Mahé Histoire de l’Arménie des origines à nos jours (Perrin, 2012).

La conversion de tout un peuple

Les chroniques de conversion nous racontent que toute la cour puis, toute l’armée et peuple sont baptisés. Tout le monde est baptisé, mais être baptisé ne veut pas forcément dire être éclairé sur la religion d’autant plus qu’en Arménie à cette époque c’est un régime de castes héréditaire qui existe, les prêtres païens étaient propriétaires du domaine des temples, domaines riches et importants. Ils avaient comme successeurs leurs propres enfants. C’est-à-dire que si l’on avait déshérité ces enfants cela aurait entraîné une véritable insurrection. Saint Grégoire l’Illuminateur prend une décision surprenante. Il dit, « désormais nous nous n’adorons plus Aramaz mais le Dieu tout puissant, le père de Jésus-Christ et, les fils des prêtres d’Aramaz deviendront les prêtres de Jésus-Christ », ainsi il n’y aura plus de problème d’héritage et il n’y aura pas de vendetta par la suite. Donc le clergé n’a pas été formé d’une façon spéciale, ou d’une façon intense, il a été désigné par droit héréditaire parmi les fils de prêtres païens. (Jean-Pierre Mahé)

Pour écouter l’émission Le cours de l’Histoire