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Accueil du siteCHRISTIANISATION DE L’AQUITAINEAu Ve et VIe siècle en Aquitaine.
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samedi 10 avril 2021
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Brèves
VIENT DE PARAITRE
mardi 15 décembre

Jonathan CORNILLON

TOUT EN COMMUN ? La vie économique de Jésus et des premières générations chrétiennes

De quoi vivaient Jésus et ses disciples ? Comment l’apôtre Paul et ses compagnons finançaient-ils leurs activités missionnaires ? Les prédicateurs des premières générations chrétiennes étaient-ils rémunérés ? Quelles formes prenait la solidarité matérielle des premières communautés chrétiennes ? Cet ouvrage répond à ces questions en abordant l’ensemble des aspects économiques de la vie des premiers chrétiens. Dans tout l’Empire romain, la vie économique des premières communautés chrétiennes, depuis la prédication de Jésus jusqu’à la fin du IIIe siècle, n’était pas un aspect secondaire de leur engagement religieux, profondément lié à une approche éthique et solidaire de la pauvreté. Cela n’était pour autant pas contradictoire avec la mise en place de formes de financement diverses et ambitieuses, dès la prédication de Jésus. Ce livre montre que les exigences de la morale chrétienne s’accompagnaient d’une recherche d’efficacité, même si les abus et les dysfonctionnements n’étaient évidemment pas absents.

Éditeur : Le Cerf

EAN : 978-2204129978

 
Un monde qui ploie.
dimanche 25 septembre 2016
par Pascal G. DELAGE
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Les Eglises d’Aquitaine sous la férule des rois de Toulouse

Après un énième changement d’alliance, l’empereur Honorius accorde en 418 aux Wisigoths le droit de résider en Aquitaine le long de l’axe Toulouse-Bordeaux et dans les cités d’Aquitaine Seconde (le traité – foedus - qui fera des Wisigoths des alliés officiels des Romains, ne sera signé que bien plus tard, en 439). En échange de ce cantonnement, les troupes du roi Wallia acceptent de devenir les « chiens de garde » de la romanité en Occident, un œil sur les Suèves et les Vandales qu’ils n’avaient pas complètement exterminés en Espagne, un autre sur le territoire romain gaulois fertile en usurpateurs et où couve la Bagaude, la face tournée vers l’Océan pour y arrêter Saxons et autres envahisseurs nordiques. En fait, les Wisigoths ne vont pas tarder à en profiter pour agrandir leur royaume en direction du nord et de l’est, portant rapidement leurs frontières sur la Loire et le Rhône entre 440 et 475.

Comme il a été rappelé, bien qu’ariens, les princes wisigoths ne mènent pas de persécutions violentes à l’égard des catholiques. Ce qui leur importe, c’est qu’il n’y ait pas d’unions matrimoniales entre leurs clans et les catholiques, c’est-à-dire avant tout les populations soumises et ce n’est que dans des circonstances extraordinaires qu’ils déportèrent des évêques qu’ils soupçonnaient d’entente ou de bienveillance avec leurs propres ennemis, qu’ils soient Burgondes ou Francs. C’est ce qui se produira pour Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont en 476, pour Volusianus et Vérus de Tours en 496 et 498 ou encore dans le cas de Césaire d’Arles en 506.

Pour le reste, les communautés catholiques peuvent s’organiser comme elles le veulent, mais dans des conditions très précaires. L’espace de l’évêque est réduit à sa cité. Il a un certain droit de regard sur les quelques églises rurales qui continuent à fonctionner avec parfois le risque de se voir enlever l’usage des bâtiments ecclésiaux s’il y a une colonie germanique pas trop loin comme l’illustre une anecdote rapportée par Grégoire de Tours. A Rions (Gironde), les prêtres ariens se sont emparés de l’église catholique pour y baptiser des enfants à l’occasion de la fête de Pâque (les enfants des familles catholiques ?). Le prêtre catholique décide alors de se transporter dans la villa qui jouxte l’église occupée par les Wisigoths et là, il y célèbre le baptême pour les familles qui sont restées fidèles à la tradition de Rome. Le jugement de Dieu est sans appel : les enfants baptisés par les ariens, une vingtaine en tout, meurent tous dans la semaine in albi contre un seul du côté catholique note, impartial, Grégoire de Tours [10].

 

[10] De la gloire des Confesseurs, 47