Jean Chrysostome
Sur Matthieu, Homélie 50
vendredi 9 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

L’Église n’est pas plus une boutique où l’on fondrait l’or qu’un atelier de monnayeur, c’est une assemblée d’anges !… Voulez-vous honorer le corps du Christ ? Ne le méprisez pas quand il est nu. Ne lui témoignez pas de l’honneur (en lui offrant) seulement des ornements de soie, mais encore ne le méprisez pas en dehors (de l’église) quand il est transi de froid à cause de sa nudité.

Celui qui a dit : « Ceci est mon corps » - et qui nous garantit cette réalité par sa parole - a dit aussi : « Vous m’avez vu souffrir de la faim et vous ne m’avez pas donné à manger », et encore : « Ce que vous avez refusé à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez refusé »… Quelle utilité d’avoir une table garnie de coupes d’or en l’honneur du Christ quand lui-même est dévoré par la faim ?

Secourez-le d’abord dans sa pauvreté et puis vous ornerez sa table avec ce qui vous restera. Vous lui donnez une coupe en or, mais vous ne lui présentez même pas une coupe d’eau froide ! Vous préparez pour sa table des étoffes tissées d’or, mais vous ne lui fournissez pas de quoi se vêtir… Tout en l’honorant dans la maison de Dieu, ne méprisez pas votre frère qui est accablé : ce temple là est bien plus important que l’autre !

Jean Chrysostome, Sur Matthieu, Homélie 50, 3-4.