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Accueil du siteLES PETITES JOURNEES DE PATRISTIQUEEgérie, une femme au pays des Pères
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jeudi 5 décembre 2019
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Ouverture spiritueuse à l’apport d’Egérie
jeudi 15 mars 2018
par Annie WELLENS
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Avant toute chose, je souhaite mettre à l’aise l’apotactite ou l’ascète moins rigoriste qui veille chez certains d’entre vous (chez d’autres, je sais que les deux dorment profondément et n’entendent pas être dérangés). Égérie écrit dans son Journal (44,1) : « Dès le lendemain de la Pentecôte, tous jeûnent comme c’en est l’usage toute l’année, chacun autant qu’il le peut, sauf le samedi et le dimanche, où l’on ne jeûne jamais dans ces régions ». Même les « hebdomadiers » qui jeûnent la semaine entière, mangent le samedi, un seul repas il est vrai (27,9 – 28,1-2), mais enfin ils mangent. Rendons grâces d’avoir programmé nos PJP le samedi, déjeuner inclus.

Pour honorer les deux thèses encore en présence quant à la patrie d’Egérie j’ai choisi deux vins qui ont à voir, ou plutôt à boire, avec les Pyrénées. Qu’Égérie soit de Galice ou du Sud de la Gaule (Aquitaine ou Narbonnaise), les Pyrénées sont un lieu de passage pour les itinéraires reliant ces régions. Nous commencerons avec un vin blanc sec, le « Pacherenc du Vic-Bilh ». Le nom vient du gascon « vin de vits paisheradas », ce qui signifie « vin de vigne en échalas ». Il se situe dans l’aire géographique du Madiran, et il est proche de celle du Jurançon. Comment ne pas lui faire confiance ? Paul de Cassagnac (1842-1904), député de Mirande et fougueux polémiste d’extrême-droite, disait que les saveurs de ce vin se livrent sans détour comme les vierges béarnaises. Certains historiens pensent qu’Égérie n’était pas une vierge ordinaire, mais une vierge consacrée, auquel cas nous pouvons en conclure qu’elle n’était pas béarnaise. Ainsi avance la recherche historique. Pacherenc et Jurançon ont trois cépages en commun : le petit Manseng (pour les vins liquoreux), le gros Manseng (pour les vins secs) et le charmant petit Courbu qui équilibre par sa finesse la rudesse astringente d’un quatrième cépage spécifique, lui, du Pacherenc, l’Arrufiac (en gascon, « peau de chien »).

Suivra un vin rouge des Corbières, car le massif du même nom relie la Méditerranée et les Pyrénées. Il s’agit d’un vin de l’Abbaye Sainte Eugénie. Située sur l’antique voie Héracléenne, cette Abbaye bénédictine qui datait de 817 devint prieuré cistercien lors de son rattachement à l’Abbaye de Fontfroide en 1189. La vie monastique y cesse en 1636, les bâtiments et le terrain seront achetés par des particuliers qui en feront une propriété viticole. Carignan et Syrah sont les deux cépages de ce vin. A signaler, puisque nous sommes le surlendemain de la « Journée de la femme », que la syrah est l’un des rares cépages féminins. « Nine dimoni », tel est le nom de cette cuvée de l’Abbaye Sainte Eugénie. Deux mots catalans qui signifient les « neuf démons ». Bonjour le combat spirituel des Pères du désert, il n’est plus besoin de commentaire, bon appétit et bonne dégustation ! Un aveu pour terminer : j’ai résisté à la tentation de trafiquer l’étiquette des bouteilles pour convertir « Eugénie » en « Égérie ».

Annie Wellens

Et deux aperçus d’un public nombreux et attentif :

Face A

et Face B !!