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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise à l’écoute du Peuple de Dieu
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Un écho du colloque de La Rochelle consacré au « sensus fidei »
lundi 25 janvier 2016
par Innocent OUATTARA
popularité : 9%

Le colloque de patristique et d’histoire ancienne dont le thème était « Les Pères de l’Eglise à l’écoute du Peuple, Sensus fidelium et discours autorisés durant l’Antiquité tardive », a le mérite de nous avoir fait comprendre que le sensus fidelium tel que travaillé et défini par la Commission Théologique Internationale est une notion qui a toujours prévalu dans la vie de l’Eglise, et dans la période patristique même si elle ne portait pas ce nom.

La Commission Théologique Internationale souligne en effet qu’« il y a une authentique égalité de dignité entre tous les fidèles, parce que par leur baptême, ils sont tous nés à nouveau dans le Christ. En vertu de cette égalité, tous coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propre de chacun. Tous les fidèles ont donc le droit, et même parfois le devoir, selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, de donner aux pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise. Ils ont le droit de faire connaitre leur opinion aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes » [1].

Ce colloque a permis de montrer comment, dans le dialogue entre fidèles et clercs, les données de la foi se sont construites au cours de l’ère patristique. Les intervenants ont montré les difficultés mais aussi les acquis de ce dialogue. « Le peuple croyant considéré comme un tout ne saurait errer en matière de foi, parce qu’il a reçu une onction du Christ, le Saint Esprit qui lui avait été promis et qui l’équipe pour discerner la vérité » [2].

Lier la notion de sensus fidelium à la pratique de la foi par tout le peuple permet, comme l’ont montré les différentes interventions, de poser le principe que la foi chrétienne est la foi de l’Eglise entière animée par l’Esprit Saint.

Le sensus fidelium s’exprimait dans l’Eglise de l’ère patristique dans l’action des fidèles y compris moines et empereurs et dans l’action des clercs (prêtres et évêques) d’une façon concomitante dans le dialogue, même si parfois il pouvait s’avérer violent.

Au regard de la qualité des intervenants et de la pertinence des conférenciers nous pouvons affirmer que la problématique de ce colloque a été honorée même si des questions restent en suspens comme l’a souligné monsieur Paul MATTEI dans sa conclusion. Parmi ces questions nous retenons les deux suivantes.

- Comment concrètement le sensus fidelium était exprimé quand on sait que certains évêques étaient enclins à nier la foi des simples comme c’était le cas de Saint Jérôme ?

- Quelles articulations entre la foi des évêques et la foi des fidèles ?

P. Innocent Ouattara Université Catholique de l’Ouest

 

[1] Commission Biblique Internationale. Le « sensus Fidei » dans la vie de l’Eglise. Paris,Cerf, 2014, p. 88. N° 120

[2] Op.cit. p. 27. n° 25