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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les ministères
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mercredi 25 novembre 2020
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Les Pères et les ministères : les communications
jeudi 8 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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Pascal-G. DELAGE (Séminaire de Bordeaux) Basile de Césarée et l’oncle Grégoire, ou de l’existence de familles « sacerdotales » en Cappadoce au IVe siècle ? S’il est bien connu que Basile eut deux frères évêques, tant l’évêque de Césarée que son ami Grégoire, évêque éphémère de Sasime et de Constantinople comptaient bien d’autres clercs dans leur parenté proche. Faut-il alors parler de « familles sacerdotales » et que pourrait bien alors recouvrir un tel concept ? Par ailleurs, ce phénomène peut-il être relié à la christianisation de l’Empire qui a accompagné la conversion de Constantin ou bien ne serait-il que la perception plus aisée à l’aune de nos sources d’un mouvement plus ancien ?

Simone DELEANI (Université de Paris X) Le clergé dans l’œuvre de Cyprien. La correspondance de saint Cyprien, « évêque de Carthage et pape d’Afrique » (selon l’expression de Ch. Saumagne), et à un moindre degré ses traités, sont pour l’historien une source importante – pour ne pas dire exclusive – d’informations sur les ministères chrétiens dans l’Afrique du IIIe siècle : nominations, hiérarchie, fonctions, etc. Nous nous attacherons surtout à voir comment Cyprien conçoit l’institution cléricale, quels en sont pour lui les fondements, ce qui assure à ses yeux l’unité du clergé, quelles relations il a entretenues avec ses clercs durant son épiscopat.

Sylvain DESTEPHEN (Université de Paris X) L’apport de la prosopographie à la connaissance des clercs : l’exemple du diocèse d’Asie. Au terme d’une enquête exhaustive consacrée au clergé d’Asie dans l’Antiquité tardive, il est aujourd’hui possible de dresser un premier bilan en termes de distribution régionale et chronologique des clercs, d’attestation et de répartition des fonctions ecclésiastiques suivant la nature des sources conservées, de relation entre l’évolution onomastique et la constitution du sanctoral, d’origine sociale et de formation culturelle et religieuse des clercs.

Alexandre FAIVRE (Université de Strasbourg) La question des ministères à l’époque paléochrétienne, Problématiques et enjeux d’une périodisation. L’historien qui est habitué à faire l’inventaire des différences pour objectiver chaque temps et restituer à l’histoire dont il hérite sa qualité de passé ne peut que reconnaître le bien fondé du découpage chronologique choisi pour ce colloque. Il y a un avant Cyprien, nettement différencié, et un après Augustin. Mais justement à cause de ceci, le théologien doit s’interroger sur le parti pris qu’impliquerait une relecture théologique et pastorale opérée à partir de cette seule période. Car à partir de Cyprien, déjà une page est tournée, déjà des virtualités sont mises en sommeil, déjà intervient de l’inédit dans une communauté désormais scindée entre clerc et laïcs, dans la répartition des fonctions en son sein, dans les modèles (lévitiques, sacerdotaux) mis en avant, dans la minoration de certains charismes et l’exclusion des femmes, dans l’attribution du pouvoir d’enseigner et de remettre les péchés, et jusque dans le sens même donné au terme « ministère ». Parce qu’elle est documentée, que la structure ecclésiale y est bien organisée, cette période de l’Antiquité tardive (milieu IIIe- fin Ve siècle) apparaît facilement comme une époque claire, aisément utilisable comme référence. Le risque est alors de relire les trois premiers siècles de façon monolithique avec les lunettes des IVe-Ve siècles, et de faire glisser les caractéristiques de la seconde période sur la première, alors que les travaux historiques montrent clairement qu’une mutation fondamentale s’est accomplie durant les années 180-260. C’est à partir de cette période de mutation que je voudrais faire percevoir ce que servir aurait pu vouloir dire….