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Accueil du siteCOLLOQUES DE PATRISTIQUE DE LA ROCHELLELes Pères de l’Eglise et les ministères
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mercredi 25 novembre 2020
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Les Pères et les ministères : les communications
jeudi 8 mai 2008
par Pascal G. DELAGE
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Catherine BROC-SCHMEZER (Université de Bordeaux) Enseignement et mystères : le sacerdoce aux yeux de Jean Chrysostome. Depuis le Traité sur le Sacerdoce, œuvre de jeunesse dans laquelle Jean Chrysostome se justifie devant son ami Basile de l’avoir entraîné vers le sacerdoce, tout en reculant lui-même un temps devant l’énorme responsabilité qu’il représente, la pratique de ce ministère a permis au prêtre, puis à l’évêque, de confirmer, mais parfois aussi de nuancer ou d’approfondir les intuitions qu’il avait de sa charge avant de l’accomplir. On s’interrogera en particulier sur la part respective que prennent, dans sa conception du sacerdoce, prédication et célébration des mystères, en réfléchissant en particulier à l’expression « trône de l’enseignement » par laquelle il désigne souvent la prêtrise. On se demandera si une part, plus que l’autre, de ce ministère justifie à ses yeux le caractère exclusivement masculin de la prêtrise, et s’il s’exprime explicitement à ce sujet.

Cyril BRUN (Université de Rouen ) - L’exigence de l’état clérical, comme chemin de salut pour les fidèles chez Cyprien de Carthage. Saint Cyprien ne s’intéresse pas aux ministères en tant que tels. Ce n’est du reste pas un théoricien et donc pas davantage un théologien. C’est avant tout un pasteur qui réagit en fonction des événements. C’est à cette occasion que nous pouvons percevoir un peu de sa pensée sur les ministères. Ces derniers sont de toutes façons en dépendance du ministère épiscopal. Sa pensée est loin d’être claire et affirmée, elle semble plutôt faite d’intuitions. Il semble en revanche avoir plus d’assurance sur le mode de vie des clercs et leur consécration au service de Dieu ou de l’Eglise. Il me semble que deux axes peuvent se dessiner dans sa pensée. Tout d’abord les ministres sont consacrés au service de l’Eglise et ils en dépendent. Ce qui prime chez saint Cyprien c’est le lien ecclésial et donc le lien à l’évêque. Ce qui pose problème lorsque l’évêque est absent ou décédé. Enfin l’état du clerc quelqu’il soit impose un style de vie et là Saint Cyprien est très intransigeant. Aussi, nous pouvons dire un certain nombre de choses sur le fondement théologique du ministère selon Saint Cyprien, mais nécessairement en dépendance de ce que nous savons de sa pensée sur le ministère épiscopal. Nous pouvons, au moins énumérer les points de discipline de vie des clercs, mais cette fois-ci, je pense qu’il faut le faire à la lumière de sa conception ecclésiale et sotériologique.

Michel COZIC (Université de Poitiers) Pélage, sa vision des ministères ecclésiaux dans son Commentaire des Epîtres de saint Paul, notamment dans les Epîtres à Timothée et à Tite. Pélage, probablement un des derniers laïcs théologiens au tournant des IVe-Ve siècles, a écrit un vaste Commentaire des épîtres de saint Paul (sauf celle aux Hébreux), dont nous examinons surtout les trois dernières, les plus riches en préoccupations pastorales. Or, bien qu’à l’époque où ce Commentaire parut Pélage soit considéré comme tout à fait orthodoxe, la conception qu’il avait alors de d’homme et de l’Eglise a t-elle influencé sa vision des ministères ? Conçoit-il par exemple la fonction ministérielle comme un service ou un pouvoir, et à quelles conditions ? Après avoir précisé l’ecclésiologie de Pélage, nous relèverons, à travers l’étude de ces trois épîtres, ce qu’il dit des différents ministères (dont ceux des femmes) et, comme il a choisi la méthode d’explication interlinéaire des versets pauliniens, nous espérons le mieux possible savoir « lire entre les lignes », sans oublier l’éventuel intérêt des remarques pélagiennes pour notre époque et notre futur eccésial !