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Accueil du siteLES MERES DE L’EGLISE ET AUTRES DAMESMarie-Madeleine, témoin et apôtre
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samedi 10 avril 2021
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Données évangéliques
mercredi 15 juillet 2015
par Emilien LAMIRANDE
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3. Marie-Madeleine et le mystère pascal

Marie-Madeleine, dans chacun des Évangiles, se trouve parmi les femmes qui, après l’ensevelissement, reviennent au tombeau de Jésus et le trouvent vide. Elle est nommée la première, comme elle l’était parmi celles qui suivaient le maître de son vivant. En rejetant l’idée que cette distinction impliquerait une priorité hiérarchique, on a invoqué une influence marquante de Marie-Madeleine dans la communauté, soulignée par les évangélistes dans les dernières décennies du premier siècle [21]. Certains ont abordé ces récits sous l’angle de la Traditionsgeschichte ou de la Redaktionsgeschichte [22]. Il faut cependant se rappeler que les anciens auxquels nous allons recourir se penchaient de plus en plus sur des textes achevés, tels qu’en substance ils nous sont parvenus, même si des traditions parallèles pouvaient encore circuler. C’est à partir de ces données que va se préciser, au cours des premiers siècles, l’image de Marie-Madeleine.

Les synoptiques rapportent, chacun à sa manière, les agissements des saintes femmes, les visions ou les apparitions qu’elles ont eues, leur perception de la résurrection et, enfin, la mission qu’elles ont reçue d’en transmettre l’annonce. Marc, dans le texte reçu, offre une première difficulté. Un jeune homme transmet aux femmes leur mandat : « Allez dire à ses disciples, et notamment à Pierre, qu’il [Jésus] vous précède en Galilée. » Les femmes, hors d’elles-mêmes « ne dirent rien à personne, car elles avaient peur » (Mc 15, 7-8). Le verset suivant, qui fait évidemment partie d’un ajout, atteste plutôt la fidélité de Marie-Madeleine à transmettre le message : « Jésus apparut d’abord à Marie de Magdala… Celle-ci alla le rapporter à ceux qui avaient été ses compagnons [de Jésus]… Eux l’entendant dire qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ne la crurent pas » (Mc 15, 9-10) [23]. Dans Matthieu, c’est un ange qui dit aux femmes : « Vite, allez dire à ses disciples [de Jésus] : il est ressuscité d’entre les morts, et le voilà qui vous précède en Galilée. » Elles partent porter la nouvelle et c’est Jésus en personne qui vient confirmer leur mission : « Ne craignez point : allez annoncer à mes frères qu’ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront » (Mt 28, 7-10). Pour Luc, ce sont deux hommes en habits éblouissants qui communiquent avec les femmes : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » Elles rapportent ce qu’elles ont vu et entendu aux Onze et aux autres disciples. On nomme Marie de Magdala, Jeanne et Marie mère de Jacques, en ajoutant : « Les autres femmes qui étaient avec elles le disent aussi aux apôtres, mais ces propos leur semblèrent pur radotage, et ils ne crurent pas. » Pierre, courant au tombeau, ne trouve que les bandelettes qui avaient enveloppé le corps et retourna chez lui « tout surpris de ce qui était arrivé » (Lc 24, 5-12).

 

[21] Voir l’importante étude de M. Hengel, loc. cit., spécialement l’excursus : Die Reihenfolge in Namenlisten als Rangzeichen in N. T., pp. 248-252. L. Schottroff, Maria Magdalena und die Frauen am Grabe Jesu, dans Evangelische Theologie, 42 (1982), pp. 9-10.

[22] Par exemple, L. Schenke, Le tombeau vide et l’annonce de la Résurrection (Mc 16, 1-8), Paris, Cerf, 1976.

[23] Voir à ce sujet J. Hug, La finale de l’Évangile de Marc, Paris, Gabalda, 1978, où on trouve d’importants dossiers sur l’apparition à Marie-Madeleine et l’incrédulité des disciples.