Jérôme
Lettre à Eustochium
samedi 10 mai 2008
par Pascal G. DELAGE

On voit actuellement beaucoup de femmes dont les armoires sont bourrées de vêtements, qui changent de tunique tous les jours et pourtant ne peuvent vaincre les mites…On teint le parchemin de couleur pourpre, on trace les lettres avec de l’or liquide, on revêt de gemmes les livres, mais tout nu, devant leurs portes, le Christ est en train de mourir ! Tendent-elles la main pour faire l’aumône, la trompette sonne ; convo­quent-elles à l’agape, on loue un crieur.

J’ai vu récemment - je tais les noms pour que l’on ne croie pas à une satire - une très noble parmi les matrones romaines, dans la basilique de Saint-Pierre, précédée d’eunuques, distribuant une pièce à chaque pauvre, de sa propre main, pour paraître plus pieuse Cependant -facile manœuvre pour les habitués - une vieille chargée d’ans et de haillons court se replacer plus haut dans la file, afin de recevoir une seconde pièce. Arrivée à sa hauteur, c’est un coup de poing que la dame lui donne au lieu d’un denier, et la coupable d’un si grand forfait est tout en sang !

Jérôme, Lettre 22, 32, A Eustochium.